Voleurs de chevaux
Alliance Vivafilm

Réalisateur: Micha Wald
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 83 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
8 mars 2008

Les histoires de Cosaques reviennent à la mode. Dans le jovial Serko, un homme décidait de visiter l'empereur russe sur son cheval. Ces guerriers "libres" et ces animaux qui galopent plus rapidement que leur ombre sont également les principales vedettes de "Voleurs de chevaux ", le premier long-métrage du réalisateur belge Micha Wald.

Au 19e siècle, quelque part entre l'Europe et l'Asie, Jakub (Adrien Jolivet) et son jeune frère Vladimir (Grégoire Leprince-Ringuet) décident de s'engager chez les Cosaques. Le difficile entraînement met toutefois en péril leurs relations. En parallèle se trouvent les destins de l'antipathique Roman (Grégoire Colin) et de son frangin plus amical Elias (François-René Dupont) qui aiment bien boire et voler des chevaux. Lorsque le destin met les quatre hommes sur le même chemin, des affrontements terribles risquent d'éclater, condamnant à jamais leurs relations et leur avenir.

"Voleurs de chevaux" est séparé en trois segments chronologiques. "Lui" s'intéresse aux héros, "Eux" aux ennemis et "La traque" sera cette épée de Damoclès qui séparera les vivants des morts. Ce procédé est maximisé par la courte durée du film (à peine 83 minutes), ce qui empêche les longueurs et les répétitions. Chez Wald, le climat d'époque assez original est utilisé comme un moteur des actions et des réactions. Moralement, tout tourne autour de la vengeance et des relations pas toujours harmonieuses entre frères. Des thèmes qui vont loin grâce aux personnages assez soignés. Si Grégoire Colin semble moins développé, ce n'est pas le cas des trois autres protagonistes, dont apparaît un Grégoire Leprince-Ringuet à mille lieues du délicieux Les chansons d'amour.

Cette co-production avec le Canada risque toutefois de laisser plusieurs personnes en retrait. En effet, il faut adhérer aux chevauchées qui préfèrent parfois les silences aux dialogues. Cette petite facette de l'Histoire n'est également pas pleinement explorée, et la testostérone prend souvent le dessus dans ce scénario qui ne peut que manquer de femmes. La principale – et pratiquement la seule – répulsion provient toutefois de cette très grande violence. Des animaux souffrent, des gens se frappent, les gros plans sur les plaies sont présents et la caméra à l'épaule offre un réalisme qui n'est pas toujours agréable pour l'estomac. Plus le récit avance et plus les confrontations brutales sont nombreuses.

Les décors et la photographie austères bénéficient d'une image rigoureuse. Afin de recréer l'époque, les couleurs s'avèrent peu éclatantes et les éclairages plutôt discrets. Les contrastes font cependant défaut. Plusieurs scènes s'avèrent trop lumineuses, alors que les séquences intérieures sont trop sombres et même parfois parasitées par du grain. Les deux pistes sonores francophones savent utiliser les différentes enceintes, jouant allègrement avec les bruits de l'eau, des oiseaux, des chiens et des claquements de mains. Les voix bien calibrées laissent échapper quelques accents qui deviennent clairement compréhensibles par l'insertion de très beaux sous-titres blancs en français ou en anglais. La musique, généralement douce et mélodique, comporte suffisamment de cordes et de motifs pour camper l'atmosphère, sans toutefois prendre toute la place.

En montrant un homme sur un cheval en mouvement et la verdure en arrière-plan, la pochette de ce long-métrage séduit assez rapidement. Le menu principal du DVD ne fait que reprendre le tout sans y superposer de mélodie ou d'action, ce qui est plutôt dommage. Tout autant que cette absence totale de suppléments qui ne permet pas d'en apprendre davantage sur ces lieux assez mystérieux.

"Voleurs de chevaux " est une petite surprise. Par son époque, ses solides interprètes et ses thèmes traités avec beaucoup de doigté, Micha Wald s'impose comme un auteur et un réalisateur à surveiller. La mécanique est parfois chancelante et la violence trop présente, sauf que son premier vrai film fait amplement voyager en montrant comment l'homme finit, un jour ou l'autre, à se distancer de la bête.


Cotes

Film6
Présentation3
Suppléments-
Vidéo6
Audio7