Why Has Bodhi-Dharma Left For The East?
Milestone Films

Réalisateur: Yong-Kyun Bae
Année: 1989
Classification: NR
Durée: 137 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Coréen (DD51, DDST)
Sous-titres: Anglais, Coréen
Nombre de chapitres: 6
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
24 octobre 2007

Fascinant voyage que ce bien nommé "Why Has Bodhi-Dharma Left for the East?", un récit singulier et majestueux sur le passage du temps. Pas pour tous les appétits, mais le spectateur qui est prêt à faire des efforts en sera largement récompensé.

L'histoire n'a pas vraiment d'importance. Un jeune homme qui désire être prêtre subit les enseignements d'un maître zen qui réside sur une montagne loin de tout en compagnie d'un jeune orphelin qui découvre à peine le monde qui l'entoure. Chacun à leurs façons, ces trois esprits évolueront de manières différentes, se rapprochant de la quiétude de l'âme, affrontant aux passages leurs démons.

Ce film sud-coréen produit, écrit, réalisé et monté par Bae Yong-Kyun en 1989 porte la marque de son auteur jusque dans les moindres détails. L'important ici n'est pas de construire une trame narrative originale ou quelque chose qui tient en haleine. Au contraire, le cinéaste préfère scruter minutieusement l'écoulement du temps. Son récit est donc lent, dénué d'action et sans grand dialogue. Le regard se veut posé, aussi anthropologique que philosophique.

Ces trois corps représentent la même entité. C'est l'humain qui évolue dans l'environnement et il est souvent comparé à la nature et aux animaux (les oiseaux du début). Malgré quelques détours sur le plan de la foi (vers le bouddhisme par exemple), c'est le cycle de la vie qui est privilégié. L'enfant naît et explore, l'adulte devra faire des concessions et apprendre et le vieillard doit affronter et accepter la mort.

Ce symbolisme peut paraître lourd. Surtout lorsque les mots utilisés, sans être nécessairement moralisateurs, tendent parfois au didactisme. C'est plutôt du côté de la durée que le long-métrage souffre le plus. En totalisant 145 minutes (ce qui comprend les dix minutes supplémentaires pour la sortie de cette "Director's Edition"), plusieurs personnes décrocheront rapidement, alors que d'autres pourront s'assoupir. Surtout que l'impact et l'efficacité de la démonstration n'ont pas toujours la même vigueur du début à la fin.

En peintre de profession, Yong-Kyun s'est appliqué avec beaucoup de minutie à soigner ses paysages et sa photographie. Le résultat est tout simplement magistral. Les lourdes montagnes, la forêt verdoyante, les maisons reculées: le dépaysement est total. Les images sont souvent splendides. Les couleurs, un peu foncées, se mélangent convenablement aux contrastes qui laissent échapper plusieurs ombres et reflets étonnants. Un peu de grain apparaît toutefois sur les sections plus noires, mais sans l'handicaper trop longtemps.

La trame sonore de Kyu-Young Chin apporte les éléments nécessaires pour personnifier cette évasion de l'âme et de l'esprit. Ses airs sont sombres, menaçants, carrément inquiétants. La musique sait se faire discrète pour exploser littéralement lorsque le danger se fait ressentir. Les pistes audio en coréen en Dolby Digital 5.1 et en 2.0 sont d'excellentes qualités. Des bruits de trains, de cigales, d'oiseaux, d'eau et de vent s'évadent des différentes enceintes. Afin de suivre les dialogues, il y a de très visibles sous-titres blancs dans la langue de Kubrick et de Park Chan-wook.

La pochette, jaune et noire, est exquise, simple et jolie. Quant à lui, le menu principal du DVD laisse à désirer. Il y a un corps, des nuages et une éclaircie. Pour la subtilité (le changement, le nouveau départ, etc.), il faudra repasser. Une pièce impériale et solennelle se fait entendre, glaçant le sang au passage. Il est possible de changer la langue, accéder directement à une scène ou visionner le tout. Comme pour la précédente édition qui a vu le jour en 2002, il n'y a aucun supplément de disponible. Peut-être que la version de 2012 comportera une bande-annonce...

"Why Has Bodhi-Dharma Left for the East?" est une très bonne façon de se ressourcer, de s'arrêter afin de mieux rebondir. C'est long et un peu tortueux, mais également magique et magnifique. Pour le plaisir des yeux, des oreilles et plus encore.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments-
Vidéo7
Audio8