Wishing Stairs
Asia Extreme
Tartan Video

Réalisateur: Yoon Jae-Yeon
Année: 2003
Classification: R
Durée: 97 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Coreen (DD51, DTS51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
6 août 2005

Le "Yeogo gwedam", que l'on pourrait traduire par "Histoires Effrayantes à l'École Secondaire pour Filles", constitue un sous-genre très populaire du cinéma d'horreur coréen. Après Whispering Corridors (1997), qui connut un succès inespéré, et Memento Mori (1999), une réussite totale tant au niveau artistique que dans sa critique virulente du système d'éducation coréen, voici le troisième opus de cette série, "Wishing Stairs". Réalisé par Yun Jae-yeon, une nouvelle venue qui s'était fait remarquer par son excellent court-métrage Psycho Drama (2000), le film a été quelque peu malmené par la critique, mais a tout de même attiré près de deux millions de spectateurs dans son pays d'origine à l'été 2003.

So-hee et Jin-sung sont deux inséparables amies qui étudient le ballet dans une école spécialisée. So-hee vient d'un milieu privilégié et est la favorite de l'enseignante, alors que Jin-sung, moins douée et plus renfermée, doit souvent subir les foudres de cette dernière. À l'annonce d'une compétition qui permettrait à la gagnante d'obtenir une bourse d'études dans une prestigieuse académie de ballet russe, Jin-seung craint que sa talentueuse amie ne vienne briser son rêve. Rongée par la jalousie, elle découvrira par hasard une sculpture représentant "les marches du renard", un projet de classe fait par la malheureuse et obèse Hye-ju. L'esprit du renard étant supposé concrétiser le voeu de ceux qui réussissent à faire apparaître et à marcher sur la 29e marche d'un escalier qui n'en compte que 28. Jin-seung et Hye-ju verront leur voeu se réaliser, mais elles ne se doutent pas que le prix à payer en retour sera lourd de conséquences.

"Wishing Stairs" est un film à moitié réussi. La première partie du film en forme de psychodrame explore avec justesse la complexité de ce monde souvent cruel marqué par la concurrence, la jalousie, les remords et l'amitié teintée d'un parfum d'homosexualité. Les trois actrices principales sont d'ailleurs excellentes et réussissent à tracer un portrait convaincant d'adolescentes en quête d'identité. La réalisatrice, par son utilisation des corridors étroits, des pièces aux éclairages sombres et de l'imagerie troublante, parvient à créer une atmosphère qui souligne les effets cumulatifs de l'anxiété et des conflits entre la rivalité et l'affection qui déchirent les personnages. Malheureusement, ça se gâte par la suite. La seconde partie du scénario est attribuée à quatre personnes, ce qui nous donne un mélange pas très cohérent d'idées qui semblent avoir été jetées sur papier à la hâte. L'intrigue s'embrouille et tous les éléments typiques des films d'horreur asiatiques nous sont servis un peu n'importe comment, dans le but de hausser le facteur épouvante. On passe des scènes dignes des "slashers" à la fille possédée, en passant par le fantôme aux longs cheveux noirs qui rampe dans des endroits exigus. La subtilité de l'horreur psychologique fait place aux clichés. Dommage, c'était bien parti.

La présentation vidéo est très bonne. L'image est claire, la granularité est réduite au minimum et il y a très peu de taches et d'égratignures. Les couleurs sont naturelles et le niveau des contrastes et des détails est à point. La piste audio est dynamique et les effets stéréo et ambiophoniques ont ce qu'il faut de subtilité pour bien supporter l'ambiance en première partie, et deviennent plus aggressifs par la suite lorsque l'horreur s'installe, bien appuyés par le haut-parleur des graves. Les dialogues sont clairs et les sous-titres sont faciles à lire et en apparence justes. Nous avons droit à la présentation habituelle, c'est-à-dire un boîtier simple inséré dans une jaquette cartonnée, contenant un encart de quatre pages qui inclut le chapitrage et des images du film, ainsi que de la publicité pour quelques films disponibles chez Tartan. Le menu principal reproduit l'image du boîtier et nous propose, en arrière-plan, quelques extraits du film accompagnés de musique. La navigation entre les menus s'effectue aisément. Parmi les suppléments, on retrouve une revuette sur le tournage, une portion d'entrevues avec la réalisatrice et les actrices principales, et un segment intitulé "Director's Sketchbook and Notes" qui s'attarde entre autres aux effets spéciaux et à la musique. Mis ensemble, ces suppléments nous offrent une foule d'informations intéressantes sur à peu près tous les aspects de la production. On retrouve également une galerie d'affiches du film, une galerie photo ainsi que quelques bandes-annonces de films disponibles sous la bannière Tartan Asia Extreme.

Le moins bon des trois films de la série, "Wishing Stairs" pourra sans doute plaire aux amateurs avertis, mais les curieux non initiés feraient mieux de se rabattre sur Memento Mori. Veuillez noter que la franchise se poursuivra en 2005 avec l'arrivée de Whispers (aussi connu sous le titre de "Voice" ou "Voice Letter"), réalisé par Kwan Ik-choi, qui agissait comme assistant-réalisateur sur le film original.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments6
Vidéo8
Audio8