Les petites comédies ne sont pas toujours mémorables. Il y en a qui font rire l'espace de 90 minutes et une fois le générique terminé, l'organisme est incapable de retenir quoi que ce soit. C'est dans cette catégorie qu'il faut classer "Yiddish Connection".
Ils sont quatre Juifs et ils ont tous besoin d'argent. Aaron (Charles Aznavour) a un commerce et il aimerait que les affaires roulent mieux. Moshe (Ugo Tognazzi) voudrait bien envoyer ses enfants dans des écoles estimées. Zvi (Vincent Lindon) a besoin de pécules pour épouser sa copine. Quant à Samy (Charly Chemouny), il n'a pas les moyens pour écrire un livre. Ensemble, ils décident de voler de l'argent à des petits malfrats du coin. Pour percer le coffre-fort, il n'y a qu'un séminariste (André Dussolier) pour venir à la rescousse. Puisque rien n'est simple, les problèmes surviendront après le "coup du siècle".
Le réalisateur Paul Boujenah ne fait pas de grands films. De Fais gaffe à la gaffe en 1981 à Maman, regarde en 2000, il n'y a rien eu qui sortait réellement des sentiers battus. Ce sont des productions sympathiques qui divertissent sans rien bouleverser. Dans "Yiddish Connection", l'histoire se répète. La prémisse est extrêmement mince et l'heure et demie semble être ponctuée de longueurs et de redites. Les situations, prévisibles au possible, vont de la préparation du plan parfait aux conséquences qui sont plus dommageables. Le tout est bien entendu saupoudré des clichés les plus éculés du genre.
Le seul intérêt du film devient donc les comédiens. Charly Chemouny tape rapidement sur les nerfs, mais les autres acteurs s'en sortent sans problème. Ugo Tognazzi, le Renato de La Cage aux folles, est d'un pathétisme édifiant. Lorsqu'un personnage lui demande "Tu es antisémite?", il répond "Non, je suis un peu raciste"! Charles Aznavour est truculent avec ses jeux de mots savoureux et ses dialogues bien amenés. Face à lui, Vincent Lindon est tout aussi allumé en calculant sans cesse tout. Et il y a le toujours excellent André Dussolier au look franchement comique qui multiplie ses allusions sur l'Église. Les interprétations sont volontairement stéréotypées, et ce, du début à la fin.
Ce film est sorti en 1986 et le rendu vidéo souffre par moments du poids des années. Alors que les images sont généralement réalistes, du grain et des égratignures peuvent survenir soudainement. Dans les instants sombres, le contraste s'avère inégal, alors que les couleurs auraient pu être encore plus éclatantes. Au moins, la définition des contours est sans tache. La musique, attendue et datée, est généralement omniprésente. Il y a des airs rythmés, un thème attrayant et d'autres mélodies plus dramatiques. Il n'y a pas de sous-titre et ce manque est parfois flagrant. Les voix sont claires, sauf qu'il y a plusieurs expressions qui ne sont pas toujours évidentes à saisir. La piste sonore francophone en Dolby Digital 2.0 est potable, reprenant les pièces au lieu de proposer une atmosphère qui lui est propre.
Le menu principal du DVD est plus que simpliste. Il y a une photographie statique d'une scène qui montre les cinq principales vedettes. La musique orchestrale est la bienvenue, mais il n'y a qu'une seule option: regarder le film. Où sont les chapitres, le choix de la langue et les suppléments? La pochette laisse également à désirer. Elle montre Tognazzi, Dussolier et Aznavour avec des billets dans les mains. Les couleurs et le fond nuageux sont plus que douteux. Le sous-titre "et Dieu créa l'argent..." est néanmoins assez représentatif.
Il peut toujours être intéressant de revoir une petite vue simple et sans prétention comme "Yiddish Connection". Les comédiens réputés sont en bonne forme et les dialogues fondent généralement dans la bouche. Mais pourquoi sont-ils servis par une histoire aussi anecdotique et accessoire que celle-là? Dans les mains d'un Francis Veber ou d'un Bertrand Blier, la farce aurait été tellement plus intense et rigolote. Là, elle est seulement timide et éphémère.
| Film | 5 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |