Probablement le plus connu des polémistes politiques, le réalisateur d'origine grecque Costa-Gavras s'installe à Paris en 1951 et obtient la nationalité française en 1968. Dans les années 1950, il travaille comme assistant de cinéastes tels Henri Verneuil, René Clément et Jean Becker. Il tourne son premier film, Compartiment Tueurs, en 1965 et triomphe en 1969 avec "Z", qui remporte deux prix à Cannes et deux aux Oscars dont celui du meilleur film étranger. Ce film fascinant, qui ouvre une trilogie politique qui comprend également L'Aveu (1971) et État de Siège (1973), explore les méandres de l'histoire et s'interroge sur l'oppression et l'activisme politique.
Grèce 1960. À la sortie d'un meeting, le leader du Mouvement pour la Paix (Yves Montand) est heurté par un triporteur et meurt de ses blessures. Le chef de la police et le procureur font tout pour accréditer la thèse de l'accident, allant même jusqu'à faire éliminer des témoins. Mais le juge à qui on a confié l'affaire (Jean-Louis Trintignant) et un journaliste (Jacques Perrin) découvrent qu'il s'agit d'un assassinat perpétré par des fanatiques d'extrême droite, avec la complicité de la police et de militaires hauts placés.
Basé sur le livre du même nom écrit par Vassilis Vassilikos en 1966, "Z" est inspiré d'événements réels. En 1963, Grigorios Lambrakis, un membre gauchiste du Parlement grec, est assassiné par des brutes à la solde de politiciens d'extrême droite. Le scandale fit tomber le gouvernement de droite, mais la démocratie précaire qui le remplaça fut renversée en 1967 par un coup d'État qui porta la junte militaire au pouvoir. La dictature des colonels dura pendant sept ans.
Tourné en Algérie avec des capitaux français, "Z" (qui signifie "toujours vivant" en grec) ne mentionne jamais la Grèce, mais les références utilisées, ainsi que les uniformes et les noms, sont Grecs. Pas étonnant, puisque la junte militaire était au pouvoir à cette époque. Alors qu'auparavant les films politiques prenaient l'aspect de pseudo documentaires songés ou de films de propagande, Costa-Gavras a innové en combinant l'intellectualisme européen avec le style vigoureux des films d'action hollywoodiens. Le dynamisme de la cinématographie, du montage, de la musique, ainsi que la facilité de s'identifier aux personnages ont servi à populariser le film politique. Cette approche n'est pas exempte d'un certain réductionnisme "bon versus méchants", mais réussit par contre à rendre le genre beaucoup plus accessible. De toute façon, même selon des normes commerciales, "Z" demeure encore aujourd'hui la référence du genre et nous introduit avec habileté et intelligence au thème de prédilection du réalisateur: le drame basé sur l'histoire contemporaine, dirigé contre les abus de pouvoir de l'État.
Pour ce qui est des aspects techniques, le film débute avec la mention suivante qui n'a rien de rassurant!
Je m'attendais au pire, mais heureusement le transfert anamorphosé est de qualité acceptable. Il y a bien quelques taches, débris et égratignures par-ci par-là, mais l'image, bien qu'un peu granuleuse, demeure passablement claire, surtout lors des scènes tournées de jour à l'extérieur. Le niveau des contrastes et des détails est adéquat et les couleurs paraissent naturelles. En deux occasions, un problème évident de macro blocage a fait surface, rendant le visionnement difficile. Évidemment, la qualité des extraits de films d'archives en noir et blanc est médiocre. La piste sonore en Dolby Digital 5.1 m'est apparue plutôt fade, et les enceintes arrière sont peu mises à contribution. J'ai dû parfois monter le niveau du haut-parleur centre pour pouvoir comprendre les dialogues qui semblaient étouffés ou enterrés par les bruits ambiants lors des scènes de manifestations. Impossible de s'en remettre aux sous-titres qui sont inexistants. La présentation est standard, le boîtier simple ne contient pas d'encart et lemenus, animés de scènes du film et accompagnés de musique, ne proposent que deux options: Film et Scènes. Aucun supplément n'est offert sur cette édition.
"Z" est un classique qui a révolutionné le film politique et établit la norme pour toutes les productions du genre qui ont suivi. Malheureusement, cette édition n'est pas à la hauteur du côté des suppléments. Ceux-ci se retrouvent plutôt dans la version Masterworks Edition de Wellspring Media, dont le transfert est comparable à celui présenté ici, mais qui offre en plus une fascinante piste de commentaires avec Costa-Gavras, ainsi que des entrevues avec le réalisateur et avec Vassili Vassilikos permettent de mettre les événements décrits dans le film dans leur contexte historique.
| Film | 9 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |