Zu Warriors
Miramax Home Entertainment

Réalisateur: Hark Tsui
Année: 2001
Classification: PG
Durée: 80 / 104 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20) / Mandarin (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 17 / 15
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
19 mars 2006

Alors que les auditoires nord-américains n'ont reçu leur initiation au Wu Xia que tout récemment par l'entremise des combats aériens poétiques de Crouching Tiger, Hidden Dragon, le genre est ancré dans la tradition du cinéma chinois depuis les années 1920. En effet, le Wu Xia trouve son origine dans des romans publiés à cette époque à Shanghai. Certains contenaient des récits nationalistes de Chinois luttant contre l'impérialisme, alors que d'autres mettaient en scène des guerriers dotés de pouvoirs surnaturels qui chevauchaient d'énormes oiseaux et combattaient des monstres mythiques. Toujours très proche des traditions et du folklore Chinois, le réputé cinéaste Tsui Hark avait dépoussiéré le genre en 1983 avec Zu, Warriors From the Magic Mountain, un film visuellement époustouflant qui avait révolutionné le cinéma fantastique de Hong Kong. C'est après avoir vu Star Wars Episode I: The Phantom Menace et noté les énormes avancées techniques dans le domaine des effets spéciaux par ordinateur que Hark décide de s'attaquer à une relecture de son film (avec une intrigue et des personnages différents) et accouche en 2001 de "Zu Warriors" (ou "The Legend of Zu").

Entre le ciel et la terre au dessus de la Chine plane le royaume de Zu, une chaîne de montagnes habitée par des demi-dieux possédant des pouvoirs magiques. Deux cents ans après avoir attaqué une première fois le royaume, le démon Insomnia prépare son retour et le sort de Zu est entre les mains du puissant clan Omei et de son leader White Eyebrows (Sammo Hung). Aidés par King Sky (Ekin Cheng), le seul survivant du clan Kun Lun qui pleure la mort de son maître Dawn (Cecilia Cheung), les guerriers d'Omei tenteront de vaincre Insomnia. Celui-ci se cache dans la "Blood Cave", une grotte enfouie dans les entrailles d'une montagne qui recèle une puissante force capable d'absorber tous les pouvoirs des clans restants. Alors que Red (Louis Koo) surveille l'entrée de la grotte, il sera possédé par Amnesia (Kelly Lin) et la tentative des guerriers Thunder (Patrick Tam) et Enigma (Cecilia Cheung) de combiner leurs pouvoirs échouera, causant la mort de Thunder. Alors que White Eyebrows est parti à la recherche de l'arme ultime, le seul espoir du clan Omei est que le jeune Ying (Jacky Wu) réussisse à maîtriser les pouvoirs de l'épée du défunt Thunder et arrive à les combiner à ceux d'Enigma, que King Sky voit comme la réincarnation de sa bien-aimée Dawn.

Il n'y a pas grand-chose qui puisse préparer le spectateur à l'agression constante des sens que propose "Zu Warriors" et ce, même s'il est un initié familier avec un film comme Stormriders par exemple. Pour vous faire une idée, prenez le film le plus bourré d'effets spéciaux que vous n'ayez jamais vu et multipliez par cent. Dès les premières secondes, on est assaillis par un tourbillon presque continuel d'images numériques en mouvement. Tsui Hark, déjà reconnu pour son cinéma excessif, atteint ici des sommets inégalés de démesure. L'intrigue est compliquée, mais cela n'a pas vraiment d'importance puisqu'on se retrouve complètement béat devant cette orgie visuelle qui, comme le démon Insomnia, écrase tout sur son passage. Le spectateur nord-américain se verra encore plus dérouté puisque le film suppose une certaine familiarité avec certains thèmes traditionnels du cinéma Chinois, comme l'honneur entre frères et la dévotion envers son maître, ainsi qu'avec certains éléments classiques de la mythologie comme l'homme séduit par le mal portant un masque de beauté. Les effets spéciaux sont certainement impressionnants bien que pas toujours convaincants. Mais il y en a tellement que parfois, le cerveau, comme en état de surcharge, ne parvient plus à enregistrer l'information. La distribution (un tas de "gros noms" du cinéma hongkongais) s'en tire assez bien, si on considère que les acteurs ont dû performer devant des écrans verts, sans pouvoir interagir avec les environnements créés par ordinateur. Zhang Ziyi fait une brève apparition dans un rôle secondaire et nous offre le seul combat "normal" (lire: les deux pieds sur terre) du film. Ca repose le cerveau, mais pas longtemps!

Reconnu pour son traitement plutôt approximatif des films asiatiques Miramax a eu, pour une fois, la bonne idée d'inclure non seulement la version américaine charcutée et doublée de 80 minutes, mais également la version originale de 104 minutes en cantonais avec sous-titres anglais. Cette dernière bénéficie également d'une piste audio en Dolby Digital 5.1, alors que l'autre n'est qu'en 2.0. Les commentaires qui suivent se réfèrent à la version originale. Le transfert propose une image claire qui, bien qu'un peu granuleuse par moments, est presque entièrement exempte de taches et d'égratignures. Le niveau des contrastes et des détails est bon, et supporte agréablement les aspects visuels. Le rendu des noirs est solide et donne une certaine profondeur à l'image. Je n'ai noté aucun problème d'accentuation des contours ou de compression. La trame sonore est bien équilibrée et fait bon usage des effets ambiophoniques, mais aurait pu être un peu plus dynamique. Les dialogues sont clairs et les sous-titres sont de lecture aisée. La présentation est standard et le boîtier simple contient un encart avec le chapitrage. Marketing oblige, Zhang Ziyi apparaît en plein centre de l'image ornant le boîtier, alors que son rôle est accessoire. Les menus sont statiques, sans accompagnement musical, et permettent d'entrée de jeu de choisir entre les deux versions proposées. Comme seul supplément on retrouve "The Making Of Zu Warriors", qui n'est en fait qu'une courte revuette promotionnelle qui proviendrait du dossier de presse électronique.

Au final, "Zu Warriors" est déjoué par son exubérance. Englouti par la surenchère d'effets visuels, il engourdit les sens et étouffe l'émotion, laissant le spectateur confondu par une intrigue qu'il a peine à suivre. Le film est tout de même spectaculaire et divertissant, mais il n'atteint pas la hauteur de ses ambitions.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments2
Vidéo8
Audio7