Everybody Wins
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Karel Reisz
Année: 1990
Classification: 14A
Durée: 97 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
27 novembre 2005

Le mensonge est la matière première du long métrage "Everybody Wins" et ce péché risque de donner de nombreux maux de tête aux différents protagonistes de cet avant-dernier film du réalisateur Karel Reisz. Quant au spectateur, s'il arrive à rester éveillé, il ne sera nullement surpris par ce qui se développe sous ses yeux.

Le détective privé Tom O'Tolle (Nick Nolte) obtient beaucoup de popularité dans les journaux en élucidant des enquêtes condamnées à l'avance. Cela explique pourquoi la troublante Angela (Debra Winger) fait appel à lui. Un médecin a été tué et c'est son propre neveu qui a été accusé. Croyant que le procès a été bâclé, Angela supplie Tom de l'aider. Au départ, ce dernier est assez rébarbatif, mais il se laisse convaincre par cette cliente énormément attirante. Au fil de ses rencontres, il découvre comment la corruption et les mensonges sont omniprésents et il ne pourra faire confiance en personne. Mais lorsque l'amour emboîte le pas à la curiosité, l'objectivité sera une donnée inaccessible.

Ce banal film noir utilise les recettes sans surprendre. Un meurtre, plusieurs suspects potentiels, des motifs indéterminés, une femme fatale: les éléments du récit demeurent conventionnels et ce n'est pas très difficile de déterminer comment le tout va se terminer. Un peu comme les ordinaires Color of Night et Mulholland Falls, "Everybody Wins" donne une importance démesurée au mensonge. En faisant confiance aveuglement à une personne qui le manipule, la perspective du héros ne peut qu'être troublée. Surtout lorsque ses sentiments pervertissent sa raison. Au sein d'une distribution convenable d'individus peu développés, le bon côtoie le mauvais. Nick Nolte est d'une crédibilité sans faille dans le rôle principal, mais il est un des seuls à se soucier de l'intrigue. Debra Winger, à la limite du supportable, est déplorable en pauvre petite fille qui arrive à obtenir tous les hommes qu'elle désire. Un personnage indigne pour l'excellente interprète de An Officer and a Gentleman.

Pour un long métrage qui est sorti au cinéma en 1990, "Everybody Wins" a passablement mal vieilli. L'image est granuleuse et pas très esthétique. Le rendu sur DVD se veut moyen. Les détails sont bien accentués, sauf qu'il y a de nombreuses égratignures qui surviennent à plusieurs endroits. De plus, par moment, il y a des éléments assez prépondérants, comme cette tache noire qui apparaît en haut à droite lors de la scène du premier baiser entre les deux protagonistes. Il n'y a toutefois aucune raison de vilipender les sous-titres en blancs qui se lisent sans trop de difficulté. La musique semble avoir été un tantinet plus soignée que les images. La trame sonore est peut-être accessoire et incroyablement indigeste, mais elle n'enterre jamais les voix des différents acteurs. Dommage qu'elle n'exploite pas davantage les haut-parleurs aux moments opportuns.

À la hauteur de cette œuvre soporifique, la pochette ne brille pas par son originalité Il y a les visages des deux vedettes principales qui sont séparées par un poignard. Pourquoi est-ce souvent cette façon qui est utilisée pour personnifier le suspense? Le menu principal (enfin, c'est le seul menu disponible) emprunte cette même image sans la rendre active et sans rajouter la moindre note musicale. L'unique supplément disponible est une bande-annonce. Il y a bien la présence de sous-titres français pour les personnes intéressées, mais à part de ça, le néant est immense.

S'il n'est pas un bide, "Everybody Wins" ne laisse absolument aucun souvenir. Une fois que le générique défile, il ne faut pas se creuser la tête pour se remémorer comment la fadeur était reine au sein de toute cette entreprise. Très décevant pour un film du regretté Karel Reisz, qui avait habitué à tellement mieux par le passé avec ses géniaux The French Lieutenant's Woman, Morgan! ou encore Saturday Night and Sunday Morning. Et même son de cloche pour le scénariste Arthur Miller, lauréat d'un prix Pulitzer pour Death of a Salesman en 1949. Parfois, le travail d'hommes compétents mène à un échec et il ne faudrait par trop leur en tenir rigueur.


Cotes

Film5
Présentation1
Suppléments2
Vidéo5
Audio6