Trois acteurs très glamours apportent un peu de lustre à "The Fabulous Baker Boys", une comédie dramatique mi-amère sur le succès, les relations humaines et les difficultés d'avoir un frère. Un tendre et gentil divertissement.
Les frangins Baker jouent de la musique jazz depuis 31 ans. Ces derniers temps, ils ont de plus en plus de difficulté à faire lever la foule. Conscients qu'ils doivent renouveler leur répertoire, le raisonné Frank (Beau Bridges) et son jeune frère plus volatile et talentueux Jack (Jeff Bridges) décident d'embaucher la chanteuse Susie (Michelle Pfeiffer). Un extraordinaire coup de dés qui pave d'or le chemin du trio. Jusqu'au moment où les sentiments amoureux réveillent des rivalités et des aspirations inconscientes.
Surtout connu comme le scénariste des quatre premiers volets d'Harry Potter, Steven Kloves a également flirté avec la réalisation. Il est l'homme derrière l'oubliable Flesh and Bone en 1993 et le plus réussi "The Fabulous Baker Boys" en 1989. Cette dernière production, sans rien révolutionner, prend son temps pour dresser un portrait subtil et enivrant d'individus qui doivent évoluer pour survivre. De ses péripéties attendues à ses dialogues honnêtes en passant par sa finale prévisible et ses morales judicieusement distillées, la vie de trois personnages se dévoile sans jamais tomber dans la facilité. De nombreuses minutes auraient facilement pu être amputées, mais pour une fois que les protagonistes sont au cœur du récit!
Ces derniers sont profonds et ils ne tentent pas de se voler mutuellement la vedette. Le plus intense s'avère Jeff Bridges en rebelle désenchanté. Son manque d'ambition est flagrant, ce qui ne l'empêche pas de prendre soin d'une jeune adolescente et d'un labrador noir. En misant sur ses regards, l'interprète récemment vu dans le Tideland de Terry Gilliam se la coule douce en anti-héros sympathique, un tombeur qui n'arrive jamais à être complètement heureux. Face à lui, la réalité embrasse la fiction avec un étonnant Beau Bridges qui laisse de côté ses mimiques habituelles pour camper un rôle plus nuancé. Il est le grand frère cérébral et sa façon de toujours tout arranger lui causera beaucoup de soucis. Entre les deux hommes se maintient efficacement une Michelle Pfeiffer à la fois sexy et convaincante. Quelques scènes versent dans la sensualité et dans l'ensemble, elle arrive à être crédible malgré son maquillage qui prend souvent toute la place.
Comme la musique jazzée prend toute la place, la trame sonore se devait d'être judicieusement utilisée. Aucun problème pour cet aspect. Les airs réchauffent les situations sans trop porter ombrage aux dialogues distincts qui auraient toutefois pu être un peu plus élevés. Le piano s'entend à l'occasion des enceintes situées sur le côté jusqu'au point de faire mentir le boîtier. Ce dernier annonce une piste mono en espagnol et en français. Ce n'est pas tout à fait le cas. La piste francophone est plutôt en Dolby Digital 2.0, mais il n'y aucune piste espagnole. Quelques erreurs qui pourront amener de la joie ou de la déception. Les images respectent généralement cette ambiance de music-hall avec une multitude de néons et de reflets rosés et orangés. Du blocage peut malheureusement apparaître à quelques occasions et la luminosité s'avère souvent un peu blanche. De minces inconvénients, car pour le reste, c'est plutôt recommandable.
Sans verser dans le kitch extrême, il faut avouer que cette première réalisation de Steven Kloves flirte souvent avec des éléments romantiques et la pochette respecte cet idéal. Il y a une Michelle Pfeiffer qui sourit, entourée des deux Bridges. Mignon comme tout. Le menu principal du DVD l'est beaucoup moins. Les trois personnages principaux sont à nouveau réunis, regardant cette fois l'auditeur. C'est légitime que le tout soit statique (il ne s'y passe finalement pas grand-chose), mais qu'aucune chanson n'ait été retenue est inconcevable. Tout comme cette absence totale de suppléments. Un quelconque documentaire ou/et pistes de commentaires n'auraient pas fait de mal.
En misant son succès sur son trio d'interprètes, "The Fabulous Baker Boys" aurait facilement pu boire la tasse. C'est pourtant mal connaître Jeff et Beau Bridges qui sont capables de transformer un produit quelconque en œuvre souple et latente, moins superficiel que sa prémisse originelle.
| Film | 7 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |