Face/Off
2-Disc Special Collector's Edition
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: John Woo
Année: 1997
Classification: 18A
Durée: 140 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51EX, DTS61ES), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (1 DVD-9 + 1 DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
13 octobre 2007

Les confrontations d'égal à égal d'acteurs réputés dans un même film restent rares, ces derniers aimant bien, en général, avoir la notoriété complète pour eux seuls. Mais le monde du cinéma étant ce qu'il est, c'est souvent le public qui a le dernier mot, et souvent il aime bien en avoir pour son argent. John Woo l'a bien compris en 1997 en mettant en scène deux vedettes d'Hollywood, John Travolta et Nicolas Cage dans "Face/Off". Dix ans plus tard, Paramount nous propose une édition spéciale du collectionneur, de quoi ravir les amateurs du genre (aussi disponible en version HD DVD).

Sean Archer (John Travolta, déjà présent dans Broken Arrow du même John Woo), agent du FBI, souffre encore de la mort de son fils Michael, survenue quelques années auparavant, et qu'il attribue à Castor Troy (Nicolas Cage), un criminel très dangereux, devenu aujourd'hui la principale cible d'Archer. Quand ce dernier finit enfin par coincer Troy, le prisonnier déclare avoir placé une bombe qui détruira une grande partie de Los Angeles dans quelques jours. Sachant qu'il sera impossible de faire parler Castor, le FBI décide de se tourner vers son frère Pollux (Alessandro Nivola), sa moitié pensante. Mais comme le frérot n'a confiance qu'en Castor, Archer va accepter un plan très risqué : grâce à une nouvelle technique médicale révolutionnaire, il peut se faire implanter le visage de son ennemi et se faire passer pour lui. Cette mission doit rester secrète et seulement quelques personnes sont au courant. Tout va bien jusqu'au moment où les hommes de main de Troy retrouvent leur patron et que ce dernier prend à son tour le visage d'Archer, sans oublier bien entendu d'éliminer toutes les personnes impliquées dans le changement. Désormais, le truand est dans la peau d'un agent influent du FBI, mais aussi un nouveau mari, alors qu'Archer doit souffrir en prison. La guerre entre les deux hommes devient un règlement de compte personnel, où Sean Archer ne pourra plus compter que sur lui-même... et les amis de l'assassin de son fils.

Soyons honnêtes dès le début : l'histoire est complètement invraisemblable (surtout la partie d'un homme qui en devient un autre). Ceci étant dit, ce n'est pas non plus un film philosophique. C'est un film avec des bons et des méchants qui se tirent dessus, des poursuites et des explosions, avec un tout petit peu de romantisme. Castor Troy (Nicolas Cage) est un dangereux malfaiteur. Malgré tout, et surtout les deux heures vingt de sa durée, nous assistons à un spectacle très divertissant et plutôt bien réalisé, avec un John Woo qui commençait à l'époque à nous habituer avec ses ralentis célèbres. De plus, l'histoire est bâtie en deux sections séparées : la première avec la partie "gendarmes contre voleurs" et la seconde avec la bataille d'un homme pour retrouver son identité volée. Du coup, voilà un film qui propose plusieurs genres et qui va donc attirer différents amateurs.

Une première grande scène intervient dans la première demi-heure avec cette poursuite entre les forces de l'ordre et Troy qui tente de s'échapper en avion. On pourra éventuellement se questionner sur la longueur de la piste puisque pendant plusieurs minutes, l'avion et les voitures y roulent à vitesse soutenue, puis quand les voitures s'arrêtent, c'est au tour d'un hélicoptère de poursuivre à son tour le jet qui lui, n'a jamais arrêté. Faut le faire quand même!

Je tiens à faire remarquer la prestation de l'acteur Alessandro Nivola (américain de descendance italienne) qui était alors dans sa première principale interprétation dans un film et qui campe un "petit frère" d'un grand méchant, à l'allure frêle et timide, genre petit chiot à protéger, mais qui cache en fait un tempérament presque aussi violent et réfractaire que son aîné. Et j'avoue que parfois, Pollux vole la vedette à Castor! L'autre grande remarque est bien entendu destinée à John Travolta et Nicolas Cage qui doivent ici interpréter non pas un, mais deux rôles diamétralement opposés dans le même film. Et je dois bien avouer que cela nous permet d'apprécier un très beau jeu d'acteurs, avec une préférence pour Travolta qui semble carrément être un autre homme entre le personnage d'Archer et celui de Troy (dans la peau d'Archer).

Paramount nous propose ici une belle édition deux disques, même si ces derniers sont d'un gris assez triste. Ils sont réunis dans un boîtier simple à double logement, le tout glissé dans un manchon de carton rehaussant la présentation. L'image du film, au format panoramique, est vraiment belle et précise, sans défauts. De l'édition de 1998, une grosse différence se fait surtout entendre, avec deux pistes anglaises à la puissance débordante, surtout celle en DTS 6.1, qui replace les nombreuses scènes d'action, avec explosions et des échanges de tirs, à un niveau multidimensionnel plus que convaincant, avec des effets de balles à nous faire coucher sous les fauteuils. La transition est alors plus que difficile de parler de la piste française, qui n'a pas beaucoup évolué quant à elle, restant à un niveau Dolby Surround. Bien entendu, je conseille la piste originale, que l'on pourra éventuellement accompagner par des sous-titres français, ces derniers étant disponibles sur cette édition, ainsi que des espagnols. Les pages de menus sont composées d'un graphisme repris à partir du système informatique de l'opération de changement de visage, avec des scènes et des effets sonores du film.

Les suppléments, inédits pour la plupart, sont répartis sur les deux disques. En plus du film, on va retrouver sur le premier disque deux pistes de commentaires, l'une avec le réalisateur John Woo, accompagné des auteurs Mike Werb et Michael Colleary, et la seconde avec seulement les deux auteurs. Dans la première, les trois participants racontent principalement comment le film est né et a pu se faire, ainsi que les différents aspects du tournage. Dans la seconde piste, les auteurs reviennent plus sur l'histoire elle-même et ses nombreux rebondissements, relevant, si besoin est, les pensées cachées dans les textes et les situations. Aussi disponibles, un ensemble de scènes supprimées et d'une fin alternative, qui n'apportent rien de plus à l'histoire, la plupart étant simplement des redondances sur les personnages. Mentionnons que cette dernière partie est sous-titrée en français et en espagnol.

Le deuxième disque comprend un long documentaire de plus d'une heure, découpé en segments, et intitulé "The Light and the Dark : Making Face/Off". Voilà un documentaire qui va plaire à ceux qui veulent aller plus loin que le film, puisque les différents membres de l'équipe, du réalisateur aux acteurs en passant par les auteurs et les responsables techniques, chacun nous explique son travail avec générosité, ce qui fait qu'il reste peu de secrets sur le tournage. Par contre, certains moments sont assez identiques avec des passages des pistes de commentaires. Puis dans "John Woo: A Life in Pictures", d'une durée d'environ 25 minutes, on en apprend un peu plus sur le travail de John Woo, qui raconte lui-même son vécu, depuis son enfance en Chine jusqu'à son arrivée en Amérique et son travail, surtout des films qui ont suivi "Face/Off", tel que Mission: Impossible 2. Il est important de mentionner que ces suppléments sont aussi tous sous-titrés en français et en espagnol.

Finalement, on s'en fiche si on a du mal à croire que la plate-forme peut renfermer une prison, que la femme d'Archer ne voit pas les différences physiques du corps de son "nouveau" mari, que les acteurs n'aient pas la même tête lors des cascades, voilà un film pop-corn qui se laisse écouter avec plaisir, à condition que l'on aime les films d'action qui ne manquent pas une occasion pour avoir une explosion. On embarque dans cette succession de situations périlleuses qui ne manquent pas de nous tenir éveillés. On ne peut que remercier Paramount de nous proposer enfin une édition bien plus complète que celle de 1998, plutôt pauvre. Une excellente occasion pour le rajouter à sa collection.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments8
Vidéo10
Audio10