Fantastic Four
Extended Edition
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Tim Story
Année: 2005
Classification: PG
Durée: 125 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DTS51), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Simon Bergeron
10 juin 2007

Il est loin le temps où une production de cette envergure semblait tout sauf faisable. Depuis le début du siècle, les héros issus de bandes dessinées sont redevenus un sujet d'actualité. Le mythe du héros se redéfinit à mesure où l'on voit l'humanité ébranlée par des catastrophes changeant les pages de l'histoire. Spider-Man, Blade, X-Men, Superman, Batman, tous et plus encore ont reçu la mission de redonner de l'espoir à une race humaine qui ne la trouve plus que dans les pages glacées. Ainsi donc, un film tel que "Fantastic Four" trouvera-t-il sa place dans l'ère post-moderne aux côtés de ces illustres réussites? La vision du légendaire Jack Kirby est-elle respectée?

Un scientifique sur le bord de la banqueroute nommé Reed Richards (Ioan Gruffud) présente un projet scientifique à Victor Von Doom (Julian MacMahon). Aidé de plusieurs assistants, ils se préparent à étudier les effets des radiations d'un orage cosmique sur une base spatiale. L'orage arrive plus tôt que prévu et les héros s'en retrouvent grandement changés, excepté Victor qui ne présente qu'une faible coupure. Les quatre scientifiques unis contre leur gré apprennent à gérer leurs nouveaux pouvoirs tout en s'habituant à vivre ensemble sous un même toit, ce qui cause plusieurs interférences minant l'harmonie. Johnny (Chris Evans), frère de Susan Storm (Jessica Alba), semble être le seul à trouver des avantages à leurs nouveaux pouvoirs. Pendant ce temps, Victor Von Doom se ronge de l'intérieur en aspirant à devenir à l'image de sa propre statue: plus grand que nature. Les quatre héros devront mettre de côté leur querelle pour s'unir et freiner le règne de terreur projeté par Doom.

Tim Story n'en est pas à son premier méfait. Le responsable de la relecture américaine de Taxi mettant alors en "vedette" Queen Latifah s'est vu offrir le poste de réalisateur dans un scénario qui, à priori, le dépasse complètement. Faisant fi des origines des personnages, le scénario reprend des idées plus récentes afin de s'attirer un auditoire plus jeune et donc, plus vaste ou du moins, plus intéressé à abouler le fric. La direction d'acteur est somme toute douteuse. Les comédiens donnent la nette impression d'être laissés à eux-mêmes et offrent un cabotinage à peine refoulé dans la peau de personnages unidimensionnels grossièrement tracés. Les effets spéciaux sont, par contre, à couper le souffle ainsi que les scènes d'action. C'est peu, mais c'est déjà ça de gagné. Les affrontements sont bien coordonnés et ne manquent pas d'une certaine imagination. Ce sont les scènes à caractère de développement qui nuisent au film. Le métrage regorge de scènes clichées qui ne donnent rien de nouveau sous la dent et dont les issues sont prévisibles, néanmoins visuellement impeccables. Les origines des personnages du films diffèrent de beaucoup du matériel originalement proposé par Jack Kirby. Le métrage se base davantage sur la nouvelle interprétation de la bande dessinée que de ses origines, ce qui peut donner lieu à de sérieux maux de tête pour les fans (par exemple le Docteur Doom est nettement moins menaçant que le personnage créé à l'origine).

Deux pistes de commentaires s'offrent à nous. Il y a celle des acteurs principaux pour la version en salles du film ainsi que celle du réalisateur, producteur et scénaristes. La première parle notamment plus de l'expérience sur le plateau et la seconde, qui se retrouve sur l'édition prolongée, mentionne davantage les aspects techniques. On retrouve également "Heroes are Born", un documentaire de 97 minutes sur le tournage du film, une revuette intitulée "Baxter Building: Declassified", un documentaire nommé "The World's Greatest Comic Magazine", un autre concentré sur Jack Kirby de plus d'une heure, une visite du Stately Ross Museum, une comparaison entre le film et la bande dessinée (la nouvelle version, non l'originale), des galeries d'images, des scènes à angles multiples sur les effets spéciaux, des scènes coupées ou rallongées, des bandes-annonces ainsi qu'un aperçu du second film Fantastic Four: The Rise of the Silver Surfer. Il ne manquait plus que d'aborder la question sur les longues années de gestation du projet et les suppléments auraient été sans faille.

Pour l'image, le transfert est impeccable. Il n'existe tout simplement pas de différence entre les scènes rajoutées et le métrage (considérant que le tout date d'il y a deux ans, le contraire aurait été surprenant). Les couleurs sont bien ajustées et la profondeur de champ respectée. L'image ne montre aucun flou indésirable ou ne montre aucun grain de film. La piste sonore en DTS montre bien ce qu'un système de son peut obtenir en guise de performance. La densité d'effets sonores est bien balancée tout au long du film et utilise judicieusement les enceintes sans faire entendre un quelconque artefact sonore inutile ou non voulu. Du très beau travail en somme.

Une chose est certaine, c'est qu'après les échecs récents de Daredevil, Elektra et Blade 3, voici que l'on peut presque reléguer "Fantastic Four" sur la même étagère. Que voulez-vous? De beaux effets spéciaux et de l'action minutieusement bien préparée ne peuvent cacher les irrégularités exigeantes d'un scénario plus volontiers axé sur l'aspect final que du fait de véritablement raconter une histoire, ne serait-ce la plus insignifiante possible. N'est pas Spider-Man qui veut (angles vertigineux et scènes épiques à l'appui).


Cotes

Film6
Présentation8
Suppléments9
Vidéo9
Audio9