Faster
Alliance / CBS

Réalisateur: George Tillman Jr.
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 98 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935844747

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
23 février 2011

Il ne faut pas se fier à la bande-annonce ou aux affiches qui tentent de vendre "Faster" avec Dwayne Johnson: il ne s'agit pas d'un gros film d'action bête à pleurer. Il n'y a pas seulement les sensations fortes qui sont au rendez-vous, mais également un scénario supérieur à la moyenne, des personnages correctement développés et des comédiens dans le ton. De quoi parler d'une surprise.

À la sortie du décevant The Expendables, le spectateur se questionnait sur l'avenir de la figure d'action alors que les Sly Stallone et autres Bruce Willis se dirigeaient lentement mais sûrement vers la maison de retraite. Hollywood devait-il maintenant compter seulement sur des gens "normaux" comme Matt Damon pour éliminer la vermine? Il semble bien que non. Renouant avec un style de récits qu'il connaît comme sa poche (celui où il faut tirer et écraser la tête de l'adversaire avant de poser des questions), Dwayne Johnson peut maintenant rivaliser avec Vin Diesel en tant que héros charismatique qui n'a pas froid aux yeux.

C'est d'autant plus le cas dans "Faster" qui, sur papier, ressemble à une banale série B. Sa bande-annonce s'avérait tout sauf convaincante, racontant la soif de vengeance d'un homme (Johnson) qui éliminera quiconque se retrouve sur son passage. Or la réalité est tout autre. Sans doute que le postulat de départ est le même et qu'il encourage l'auto-justice, mais le scénario n'est pas exempt d'humanité, cherchant les motivations profondes qui peuvent amener un être humain à tout sacrifier pour réparer une injustice du passé. Un long chemin de croix qui prend ici des propensions insoupçonnées (malgré quelques échos trop appuyés à la religion) et ce, même si le public cible ne va pas nécessairement s'attendre à Dead Man Walking,Crossing Guard ou Les sept jours du Talion.

En plus de proposer une histoire beaucoup plus riche que celle qui est offerte habituellement, l'ouvrage livre la marchandise sur le plan technique. Habitué aux oeuvres moyennes (Men of Honor,Notorious), le cinéaste George Tillmann Jr. prend soin de sa mise en scène en jouant constamment avec ses éclairages. La réalisation appliquée quoique à la limite du tape-à-l'oeil est au service de nombreuses scènes d'action excitantes qui n'hésitent pas à lorgner du côté du septième art asiatique (Old Boy dans la présentation du tueur à gages et The Killer dans ses affrontements), ainsi que d'un humour léger propre aux westerns.

L'interprétation parfaitement adaptée au sujet ne peut qu'apporter une vigueur supplémentaire à la démonstration. Dwayne Johnson est comme un poisson dans l'eau et il sait légèrement nuancer ses répliques. Le jeune inconnu un peu trop plastique qui est à ses trousses - et qui répond au nom d'Oliver Jackson-Cohen - fait finalement bonne impression, tout comme le grand Billy Bob Thornton qui n'avait pas joué dans un titre satisfaisant depuis Bad Santa en 2003. Leurs personnages débutent comme de simples archétypes avant d'évoluer vers des zones plus sombres où tout n'est pas noir ou blanc.

Une succession d'agréables choix musicaux et, surtout, des compositions extrêmement intéressantes de Clint Mansell ajoutent beaucoup au résultat final, seulement en terme d'intensité dramatique. Les pistes sonores anglophones et francophones en Dolby Digital 5.1 s'avèrent efficaces, faisant ressortir des enceintes des bruits de balles et de moteurs d'automobile. Les voix sont très compréhensibles et il est possible d'insérer très visibles sous-titres blancs. Les images ont également été soignées. Les couleurs sont précises (le vert prend beaucoup de place), les teintes particulièrement animées et les contrastes superbement homogènes font oublier les quelques traces de blocage.

La pochette clichée présente un Dwayne Johnson qui ne veut surtout pas rigoler. Le menu principal du DVD offre plutôt un dynamique montage de scènes sur une mélodie musclée. Les rares suppléments demeurent tout de même pertinents. Il y a tout d'abord quelques séquences supprimées qui permettent d'en savoir davantage sur des détails secondaires, et une finale encore plus explosive, mais sans doute moins aimable pour le spectateur. Dans tous les cas le réalisateur explique pourquoi ces moments ont été mis de côté.

Agréable film d'action qui n'a pas la prétention de révolutionner ce genre si populaire qu'est la vengeance au cinéma, "Faster" épate la galerie en offrant beaucoup plus de substances qu'un Taken ou L'immortel. Un bon divertissement musclé, comme il y en avait plein dans les années 1980.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments3
Vidéo8
Audio8