L'horreur fait partie intégrante d'un être humain. Qu'il s'agisse d'un génie tel qu'Alfred Hitchcock ou alors David Lynch, démontrant les aspects nettement plus psychologiques et les effets sur l'entourage. D'autres filment l'horreur comme un bonbon, une petite gâterie, et arrosent ainsi le public généreusement de quelques hectolitres d'hémoglobine l'espace de 90 minutes. Cette fois, il ne s'agit pas d'un tueur masqué, mais bien d'une force invisible, impossible à traquer : la Mort. Dans ce coffret, elle frappe avec des résultats aléatoires au mieux.
Le premier film, ayant le mérite d'être le moindrement original, présente une tragédie vue dans l'esprit d'un jeune étudiant s'apprêtant à monter dans un avion. Lui et près d'une dizaine d'autres en ressortent, échappant de près à une mort certaine lorsqu'en plein décollage, l'appareil explose. À partir de ce moment, les survivants voient leur vie (et leur mort) changer radicalement. Le second film prend de nouveaux personnages et leur fait vivre une tragédie encore plus spectaculaire : un carambolage monstrueux et sanglant comme pas un. Reprenant quelques éléments du précédent opus, la suite renouvelle un peu en amenant de nouveaux tournants et un montage mieux rythmé. Pour le troisième (et présumé dernier) épisode, les choses se gâtent. On se retrouve en plein parc d'attraction (pensez "La Ronde") dans lequel un manège cause la mort de tout le monde. Cette fois, on colle carrément à ce qui s'est passé dans le premier en ajoutant seulement des caricatures d'adolescents attardés trop occupés à s'occuper de leurs petites affaires. Le film est tout simplement le dernier de la série, et ce n'est pas pour rien.
Devon Sawa, que l'on avait pu voir dans Idle Hands, offre une prestation honnête dans la peau d'Alex Browning, Ali Larter s'en tire plutôt bien, mais c'est Kerr Smith qui vient réellement foutre le bordel dans tout ça. Son personnage est insipide et mauvais. Il est haïssable et on souhaiterait le voir crever dès qu'il apparaît. Les scènes de mort sont bien ficelées et offrent de bons moments de tension. Les maquillages sont effectifs, quoique le sang soit encore une denrée rare (époque post Scream oblige). Le second, considéré par beaucoup comme le meilleur de la série, montre des effets spéciaux réussis, du sang aux gallons, des interprétations pour la plupart très adéquates (mentions spéciales à A.J. Cook et Ali Larter) ainsi qu'un montage notamment plus rythmé et réussi. Les scènes dans lesquelles la mort intervient sont encore plus dignes du savoir-faire technique et le résultat s'en fait ressentir grandement. Le troisième nous offre l'occasion de rigoler un bon coup, histoire de ne rien prendre au sérieux dans cette enfilade de scènes gore sans but ni intérêt. Les interprétations moches, et au-dessous de la moyenne de ce que les deux premiers avaient offerts, ne font qu'aggraver le cas. Les effets spéciaux sont par contre au niveau des rares réussites du film, juste après une belle innovation DVD qui ne devrait pas passer inaperçue et jouer un rôle intéressant dans les années à venir. Cette interactivité, pensée lors du tournage, est probablement un justificateur pour avoir raté à ce point le résultat final.
New Line offre ses disques selon certaines estampes. "Final Destination" appartient à la série "Platine" tandis que la suite est estampillée "Infinifilm" alors que le dernier possède un second disque... en plus d'une interactivité novatrice sur le premier : la possibilité de changer certaines scènes durant le visionnement. Les documentaires présents sur les trois films demeurent très bons dans la mesure selon laquelle ils collent parfaitement au sujet. Disponibles en une variété plus que suffisantes, ces revuettes et autres extras sauront répondre, surtout les deux derniers, aux plus exigeants des fans.
L'image générale est bien traitée. Il n'y a aucune imperfection de transfert qui se fasse voir. Les saturations, ombres et lumières, tout colle bien sans créer d'effets de débordement ou de sursaturation. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 offrent une performance de bon calibre, surtout lors des passages de la Mort. La musique devient alors partie intégrante de la scène et les effets sonores sont d'une crédibilité complète. Les menus sont variés. Le premier est à l'image d'un tableau de départ et d'arrivée d'un aéroport tandis que le second consiste en une cuisine qui, si on prend trop notre temps, prendra feu. Le troisième n'est pas très intéressant, montrant des scènes du film. Le tout est agrémenté de la musique respective des films.
Coffret regroupant les éditions individuelles déjà existantes, "Final Destination Thrill-ogy" regroupe les deux premiers efforts, les plus remarquables, afin de terminer dans un troisième (et espérons-le dernier) opus navrant. Petit conseil pour s'amuser au travers des trois films sans subir les conséquences du dernier : s'arranger pour être suffisamment distrait puisque de toute façon, ce qui importe dans le métrage est davantage qui crève et comment. Les scènes de mort demeurent malgré tout d'une efficacité que le duo Glenn Morgan et James Wong avait perdu depuis leur implication dans les épisodes de la défunte série X-Files. Un bon coffret avec de très bons suppléments, voilà qui devrait assouvir les souhaits des amateurs de gore même les plus difficiles.
| Film | 7/8/5 |
| Présentation | 7/7/6 |
| Suppléments | 6/9/9 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |