"F.I.S.T." est à la fois acronyme de "Federation InterState of Truckers", mais signifie également le mot "poing" en anglais. Ce film est l'œuvre du cinéaste canadien Norman Jewison qui s'est inspiré de la vie d'une des figures les plus importantes de l'histoire de la syndicalisation aux États-Unis, Jimmy Hoffa, le président des Teamsters. Le récit débute en 1937 dans la ville de Cleveland, où Johnny D. Kovak (Sylvester Stallone) et Abe Belkin (David Huffman), deux manutentionnaires exploités par leur patron, sont injustement congédiés et en réaction, deviennent membres du local 302 de la Fédération des Camionneurs afin que leurs droits soient respectés.
Johnny Kovak prend progressivement connaissance de l'influence qu'il exerce sur les syndiqués lors de ses discours. Et au cours d'une grève longue et difficile contre la compagnie Consolidated Trucking, et surtout pour faire face aux milices patronales et à la force policière, Kovack n'a d'autre choix que d'accepter l'aide d'un petit gangster, Vince Doyle (Kevin Conway). Mais, il se met vraiment la tête sur le billot le jour où il doit faire appel au chef de la mafia Babe Milano (Tony Lo Bianco) qui exige d'intégrer par la force un syndicat de routiers de Chicago dirigé par Frank Vasko (Brian Dennehy). Sauf que Vasko est au départ totalement contre l'idée de faire pression sur ses membres afin de s'associer au syndicat du local 302...
Le personnage de Johnny D. Kovak développé par le réalisateur est différent, plus humain et moins corrompu que le véritable Jimmy Hoffa. Norman Jewison adopte une mise en scène efficace et très inspirée. Les revirements de situations sont justes et tout à fait authentiques à la violence syndicale de l'époque. Le scénario écrit par Joe Eszterhas et Sylvester Stallone évite les clichés du drame psychologique et bavard en se concentrant sur l'action et sur un dialogue concis et accrocheur.
La vedette de ce film, Sylvester Stallone, que je considère être un acteur très moyen, démontre néanmoins ici qu'il est capable de faire des prouesses dans son jeu lorsqu'il est convenablement dirigé, ce qui n'a pas toujours été le cas durant sa carrière. Il démontre qu'il peut être convaincant dans un rôle plus étoffé que ses fameux personnages de Rambo ou de Rocky. Il n'en réussit pas moins à nous faire vivre des émotions. Sylvester Stallone, humble et émouvant, réussit parfaitement à être à la hauteur de ses partenaires Tony Lo Bianco, Peter Boyle et Rod Steiger.
"F.I.S.T." est filmé dans un décor factice qui reconstitue tout de même passablement bien les usines et maisons l'époque. L'éclairage émet des couleurs tendres et très réalistes dans les scènes d'intérieur en particulier, mais également dans quelques scènes extérieures. Norman Jewison n'utilise pas non plus beaucoup d'hémoglobine dans les bagarres ce qui donne un attrait très aseptisé à ce drame. Les décors, les costumes et les véhicules changent merveilleusement bien au rythme des différentes décennies de cette histoire. Les dialogues sont intelligents. Les répliques sont savoureuses et parfois même cyniques. Il y a quelques temps morts, mais le rythme est tout à fait maintenu. Le dynamisme et l'environnement sonore présente également une très grande profondeur. Les dialogues sont toujours naturels, intelligibles et jamais étouffés par les bruits ambiants ou par la trame sonore.
Dans l'ensemble, l'image retrouvée sur ce DVD est d'une définition tout à fait adéquate. La richesse des couleurs est impressionnante. Le rendu des teintes chaudes de la peau est d'un incroyable naturel. Les noirs sont très beaux et profonds. Les parties sombres offrent un rendu de bon niveau, en partie grâce à des noirs suffisamment purs et profonds. Comme suppléments, vous trouverez deux bandes-annonces promotionnelles de la MGM.
En conclusion, le principal mérite de "F.I.S.T." est la finesse et la fraîcheur avec laquelle Norman Jewison traite son sujet. Il nous propose un divertissement sincère et de qualité. C'est sans doute l'aboutissement d'un projet qui a demandé beaucoup de travail de sa part, mais le résultat est bel et bien à la hauteur de nos attentes. On assiste donc à une distribution intéressante et à une histoire captivante sur la syndicalisation face à l'oppression patronale.
| Film | 6 |
| Présentation | 1 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 5 |