Five Corners
Alliance Vivafilm

Réalisateur: Tony Bill
Année: 1987
Classification: 14A
Durée: minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20), Français (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935833703

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
18 février 2010

À sa sortie en salles au début de 1988, "Five Corners" n'a pas soulevé les foules, récoltant néanmoins des critiques généralement élogieuses. Le découvrir plus de deux décennies est un choc. Pas que le récit soit extraordinaire, sauf qu'il arrive bien à saisir l'essence d'une époque révolue. En plus, il met en vedette plusieurs excellents acteurs qui, à l'époque, n'attiraient pas nécessairement les regards.

Linda (Jodie Foster) a peur. Le gars (John Turturro) qui a essayé de la violer vient de sortir de prison et il lui cause encore des problèmes. Au lieu d'aller voir la police, elle décide de demander de l'aide à Harry (Tim Robbins) qui l'a déjà défendu par le passé. Malheureusement pour elle, ce jeune homme est devenu pacifiste...

Ce long-métrage séparé en trois temps par Tony Bill se déroule à New York en 1964. Il y a la jeunesse insouciante qui passe son temps à boire, à fumer et à s'amuser. Ces individus incarnés par des comédiens secondaires sont là pour personnifier l'Amérique en pleine mutation, qui apparaissent lors d'intrigues périphériques (généralement satisfaisantes, dont cette envolée poétique sur les ascenseurs). Puis il y a les protagonistes qui sont au centre des enjeux, relatant bien entendu la violence faite aux femmes, mais également le racisme à cette époque difficile. Des thèmes sensibles abordés avec beaucoup de doigté, grâce à une solide distribution et un humour salvateur (les policiers). Dommage qu'au passage, la fin vienne brutalement chavirer tous les acquis, concluant un peu simplement et accessoirement les conflits abordés. À moins qu'il faille la prendre comme une métaphore sur la guerre du Vietnam à venir, où la barbarie et les excès ont souvent le dernier mot...

La musique mélodique ou humoristique de James Newton Howard est parsemée de quelques tubes mémorables (The Beatles, Bob Dylan). Les pistes sonores ne s'intéressent qu'aux enceintes situées à l'avant, s'arrangeant toutefois pour rendre les dialogues les plus audibles possible. La traduction francophone n'étant pas toujours à la hauteur, mieux vaut se concentrer sur la langue originale anglaise. Mais pourquoi il n'y a pas de sous-titres lorsque les expressions de la rue sont de la partie? Les images sobres à la photographie sombre, mais très contrastée sont ornées de teintes étonnantes (le noir et l'orangé dominent), mais également de grain et d'égratignures qui rappellent le poids des années.

La pochette peu attirante montre trois membres de la distribution et un simple taxi. Encore plus terne est le menu principal du DVD, statique et sans mélodie, à l'effigie de deux comédiens. Après avoir attendu 22 ans, la patience est encore de mise, car aucun supplément n'est disponible sur cette édition.

"Five Corners" est un intrigant petit long-métrage, bien joué, mis en scène correctement et écrit avec beaucoup de talent (par John Patrick Shanley, qui avait remporté un oscar à la même période pour le mignon, mais superficiel Moonstruck), dont la construction dramatique intéresse rapidement... avant toutefois de cogner un mur (littéralement) avec cette fin parfois absurde et invraisemblable. À jeter un coup d'œil, surtout parmi les nombreux amateurs de Jodie Foster, de Tim Robbins et de John Turturro qui se font maintenant beaucoup trop rares sur les écrans.


Cotes

Film7
Présentation2
Suppléments-
Vidéo6
Audio6