Après différents succès à Hong-Kong, le réalisateur de Infernal Affairs, Andrew Lau, décide de s'essayer à Hollywood en signant un film très américain. Quoique son scénario soit incroyablement prévisible, "The Flock" intéresse surtout grâce à son duo particulièrement efficace.
Errol Babbage (Richard Gere) travaille pour les services publics. Son objectif est d'enquêter sur les crimes sexuels en surveillant les personnes qui sont en liberté conditionnelle. Ses méthodes peu orthodoxes ne font toutefois pas la joie de ses patrons, qui cherchent à l'envoyer en retraite préventive. À sa dernière semaine, il doit former sa jeune remplaçante, Allison Lowry (Claire Danes). Malheureusement pour eux, une nouvelle fille vient de disparaître et Errol suspecte rapidement un de ses clients. Pour la retrouver en vie, une course contre la montre s'effectue et les nouveaux partenaires devront apprendre à se faire confiance afin de faire toute la lumière sur cette sombre affaire.
"The Flock" pourrait être un croisement entre Kiss the Girls, Untreaceable et tous les autres polars du même genre. Il y a une enquête qui cumule les suspects, de la violence qui n'est pas pour tous les estomacs, une mise en scène intelligente, une réalisation appliquée et même du suspense à revendre. Le cocktail parfait pour passer 96 minutes à chercher l'aiguille dans la botte de foin, avant d'arriver à une conclusion qui est pratiquement plagiée sur celle du mythique Seven.
Ce qui permet au long-métrage de Lau de sortir de l'ordinaire, ce sont ses personnages attachants et généralement bien développés. Hormis une Avril Lavigne qui ne sert strictement à rien en victime, il y a des méchants qui donnent la chair de poule. Et surtout des héros qui doutent en n'étant pas complètement gentils. Claire Danes est la jeune recrue au cœur noble qui n'est là très souvent que pour mettre en valeur l'excellent et le très élégant Richard Gere. Leur duo est particulièrement réussi, surtout au sein des 30 premières minutes qui présentent un entraînement qui sort de l'ordinaire.
Grâce à un soin technique de tous les instants, le film semble se dérouler à la vitesse de l'éclair. Progressivement, la blancheur aveuglante du désert cède sa place à la noirceur des lieux plus glauques. Les couleurs, généralement peu éclatantes, surprennent par une luminosité inattendue, créant une atmosphère palpable, maximisant au passage la belle photographie en terrant ce grain qui peut apparaître à l'occasion. Tout aussi dynamique est cette piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1. Périodiquement, les enceintes sont asservies par des bruits d'oiseaux, de trains, de cloches d'ascenseurs et de sirènes de police. La musique, riche et variée, passe par-dessus des airs classiques et populaires pour offrir des mélodies tristes, lorgnant cependant trop vers le Seven de David Fincher. Même si les voix s'entendent généralement bien, il peut être intéressant d'insérer de très beaux sous-titres blancs afin de saisir toutes les subtilités des accents.
La pochette ne casse rien. Dans des tons sépia, elle ne montre que les deux protagonistes et une séquence dramatique. Le menu principal du DVD est toutefois plus soigné. Sur une pièce musicale haletante et un montage cartésien apparaissent des journaux ornés de couleurs saturées. L'effet, sans être fondamentalement nouveau, surprend par sa virtuosité. Tout le contraire des suppléments qui se limitent à l'honnête bande-annonce originale et des publicités de futures productions.
Lorsque l'originalité pointait à l'horizon, "The Flock" devait regarder dans la direction opposée. Cela n'empêche pas le réalisateur de Young and Dangerous d'offrir une œuvre maîtrisée qui surfe avec beaucoup de compétence et d'agilité sur la vague des suspenses où enlèvements, mystères et mutilations font bon ménage. Quelle chance que Richard Gere défend le rôle principal, car l'intérêt aurait très bien pu fondre comme neige au soleil!
| Film | 6 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |