La comédie amoureuse... combien de variations existe-t-il sur le sujet? Autant de coeurs brisés, noués que de films portés à l'écran, certains meilleurs que d'autres. Dans la récente vague initiée par Judd Apatow (40 Year-Old Virgin, Knocked-Up), le dernier en date se nomme "Forgetting Sarah Marshall" et selon un rapide constat... difficile d'y arriver en effet.
Peter (Jason Segel) est musicien pour une série télévisée dans laquelle joue sa petite amie (la fille du titre pour les astucieux). Le jour de son retour, elle a une nouvelle à lui apprendre: elle le largue pour un autre, une vedette internationale de la chanson. Après une relation intense (selon lui) de cinq ans, passer à autre chose sera probablement le défi le plus audacieux que Peter aura jamais tenté. Parti oublier son ex à Hawaii, quelle n'est pas sa surprise de - suspense - la retrouver logeant au même hôtel.
Pas le film du siècle, il va sans dire. Ça démarre lentement, beaucoup de gags tombent à plat, et l'introduction du personnage principal fait peine à croire qu'on va passer près de deux heures avec ce type qui se ramasse plus de filles que moi en l'équivalent de trois résurrections. Cependant, la sauce fonctionne au quart de tour une fois la machine bien huilée. Une fois les personnages mis en place, nous avons droit à de comiques lancées humoristiques qui sont bienvenues après un début aussi radical et peu inspiré (la Sarah largue Peter... basta!). Jason Segel livre un Peter un peu morose qui parvient à trouver le juste équilibre (bizarre, c'est lui le scénariste) lorsque la complication des choses atteint son paroxysme. Les dénouements sont évidemment ceux auxquels on est en droit de s'attendre, mais la sincérité du projet a le mérite de nous offrir de beaux moments sous le soleil d'Hawaii, filmée comme un magasin touristique où tout le monde est super sympathique (sauf un ou deux mecs, comme d'habitude). Kristen Bell se débrouille avec adresse et campe une Sarah Marshall mignonne, furax et compliquée à souhait tandis que sa rivale, interprétée par la jolie Mila Kunis, fait table rase. Elle vole tout simplement la scène avec ses sourires, son audace et ses yeux pétillants de vie (note à moi-même: "Oublie Mila Kunis"). Quelques acteurs vus dans les productions de Apatow font un petit tour et permettent d'offrir un sentiment de complétion dans cet univers de comédies romantiques qui, faute de réinventer la roue, s'efforcent de l'embellir. "Forgetting Sarah Marshall" possède également cette qualité rare de faire croire à l'amour, et ce n'est pas peu dire.
Au banc des extras, nous retrouvons un amoncellement plutôt bien garni en apparence... en apparence puisque les producteurs se sont décidés à copier la recette de Apatow jusque dans les suppléments. De ce fait, nous avons droit au même divertissement, seulement apparentés à ce film. Les scènes coupées et rallongées montrent toutefois qu'un bon travail a été fait en ce qui concerne certains personnages et événements (ça devenait trop complexe pour rien). Les suppléments ont généralement ce ton fâcheux de ne rien nous apprendre: on a eu du fun, tout était parfait, j'ai fait blablabla... faudrait peut-être... changer de disque? Les scènes ratées font rire dès le départ (au contraire du film), des auditions, revuettes et de multiples pistes de commentaires terminent le tout ainsi qu'un troisième disque comprenant une copie numérique (suis-je le seul à trouver ce genre d'objet tout à fait ridicule). Le film est également disponible en deux versions: telle que présenté en salles ou intégral. Remarquez, il n'y a que très peu de différences et, surprise, toutes deux versions sont doublées aussi, donc pas de problèmes qu'une scène sonne en anglais avec des sous-titres.
L'image préserve bien sa coloration juste assez saturée pour ne pas sombrer dans le détartrage surabondant de méninges (des fois, je me demande ce que j'écris). Autrement dit, la couleur demeure stable et très jolie, donnant assurément le goût de visiter l'île (et peut-être de rencontrer Mila Kunis). On ne décèle aucune trace de compression excepté lors de conversations virtuelles, ce qui est voulu. Pour le son, pas de problème ici puisqu'aucun défaut réel n'a été entendu dans chaque version disponible. Pour les menus, c'est du pareil au même: menu principal constitué d'un collage d'images immobiles accompagné d'un peu de musique sirupeuse. Pour le reste, c'est tout fixe et muet.
"Forgetting Sarah Marshall" comble les trous d'un après-midi pluvieux, automnal ou simplement dans lequel on se sent esseulé. Couples comme célibataires devraient certainement tirer leur plaisir de ce film. Pour réitérer, après un début mollasson, le film prend un bon rythme de gags légers sans pour autant émerveiller. Une comédie inégale dans une époque inégale... quoi de mieux pour souligner un sentiment aussi inégal que l'amour?
| Film | 7 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |