Franklyn
E1 Entertainment / Image Entertainment

Réalisateur: Gerald McMorrow
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 98 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212101915

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
7 décembre 2009

Ambitieux premier film qui retourne allègrement les genres du superhéros et de la ville apocalyptique, "Franklyn" fascine et hypnotise, se resserrant sur la psyché de l'être humain au lieu de simplement vouloir en mettre plein la vue.

À Meanwhile City (un Londres parallèle), quelques destins se scelleront autour d'une balle perdue. Jonathan Preest (Ryan Philippe) n'hésite pas à revêtir le masque pour combattre le crime, Emilia (Eva Green) a de la difficulté à co-exister avec sa mère, Milo (Sam Riley) cherche à ne pas se laisser envahir par la mélancolie et Peter (Bernard Hill) cherche ardemment son fils. Ces quatre individus devront remettre en question leur existence avant qu'il ne soit trop tard.

De prime abord, ce drôle de projet ressemble à un croisement entre Babel, Dark City, Watchmen, Sin City et The Matrix. Rien de très original, si ce n'est la façon du cinéaste Gerald McMorrow de manipuler le spectateur, emmenant tout le monde sur de fausses pistes, dévoilant à mi-chemin une surprise qui bouleversa complètement le long-métrage. Cette transition, subtile, mais néanmoins primordiale, se concentre sur l'individu, faisant ressortir des zones d'ombres où la perte confronte la foi, le contrôle la liberté. Le tout est porté par une interprétation sentie, qui aurait certainement pu être plus rigoureuse, sauf qui demeure dans le ton, tout à fait adapté aux nombreux thèmes traités.

Le soin apporté à la photographie, à la direction artistique, aux costumes, aux décors et aux effets spéciaux est sidérant. De véritables peintures prennent vie, devenant presque un personnage à part entière. Les images extrêmement détaillées peuvent compter sur une riche palette de couleurs, de solides contrastes et un noir et blanc volontairement imparfait. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 demeure généralement immersive avec des bruits de corbeaux, de coups de tonnerre, de pluie, de coups de téléphone et d'alarmes qui émanent des différentes enceintes. Les voix claires sont portées par de forts accents britanniques, dont viennent sauver d'assez visibles sous-titres blancs en anglais ou en espagnol. Diversifiée et purement émotive, la musique de Joby Talbot est un vecteur de l'action et des émotions.

La très jolie pochette représente une ville gothique et trois des protagonistes. Le menu principal du DVD offre un montage soigné de scènes sur une très éloquente mélodie. Les suppléments réunissent une bande-annonce, trois scènes supprimées un peu superflues, un court documentaire de quatre minutes qui présente le récit et plus de 32 minutes d'entrevue en compagnie du metteur en scène, d'un producteur, des acteurs et des membres de l'équipe technique. C'est à cet endroit qu'il sera possible d'en apprendre davantage sur la production, la démarche créative et les difficultés rencontrées.

"Franklyn" est un ingénieux premier film, sombre à souhait et pas trop pompeux, qui surprend aisément en détruisant littéralement ses lieux communs, pour offrir une exploration soutenue de la folie et du sentiment de culpabilité qui peuvent hanter n'importe qui. Une très belle découverte, étonnante et précieuse, qui donne le goût de tout revoir immédiatement dès la tombée du générique.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments5
Vidéo8
Audio7