From Dusk Till Dawn
Collector's Series
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Réalisateur: Robert Rodriguez
Année: 1996
Classification: 18A
Durée: 107/100 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 26
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
6 mai 2007

Dès la sortie de Desperado de Robert Rodriguez en 1995, Quentin Tarantino n'a pas mis long à reconnaître le talent du réalisateur, allant même à se payer une apparition dans le film avec Antonio Banderas. Tous deux étant bons amis et contre les syndicats qui font les règles dans le système hollywoodien, les comparses font équipe dans "From Dusk Till Dawn". Même si Tarantino ne réalise pas le film, il en a tout de même écrit l'adaptation à l'écran, laissant à Rodriguez l'occasion d'explorer les limites de son talent visuel.

Deux malfrats (George Clooney et Quentin Tarantino) sont en cavale après avoir mis à sac plusieurs banques du Texas. Les autorités sont à leurs trousses et les deux frangins doivent trouver une échappatoire au plus vite. L'un est un criminel aux méthodes soi-disant organisées tandis que l'autre est son opposé diabolique qui n'hésite pas à faire péter son revolver. Ce dernier a la sale habitude de mettre le duo dans des situations intenses et doivent donc s'emparer d'une famille dont un prêtre (sobre Harvey Keitel), sa fille (Juliette Lewis) et son fils adoptif (Ernest Liu... fils de Gordon Liu?). Prenant place dans un campeur motorisé, ils parviennent à passer la frontière et à se sauver des autorités. Leur rendez-vous leur somme de se rendre dans un bar au nom aussi douteux qu'inquiétant, le "Titty Twister". Une fois à l'intérieur, c'est la débauche alcoolique et sexuelle dont rêverait tout bon pervers ou fan de film sans prétention. Peu de temps après une danse qui vous ferait fermer les calorifères en janvier, Salma Hayek déchaîne une horde de vampires assoiffés de sang sur les clients du bar. L'enfer est bien loin d'être la pire chose qui attend les survivants qui seront, nul besoin de préciser, peu nombreux.

Robert Rodriguez filme avec une aisance inouïe. Sa caméra se pose exactement à l'endroit où le spectateur friand de gore ou simplement de plans d'action voudrait un point de vue. L'équipe d'acteur campe des rôles caricaturés, mais dont l'interprétation n'est pas dénuée de sympathie. George Clooney est en grande forme dans la peau de Seth Gecko. Il agit avec une froideur et une minutie peu commune depuis. Harvey Keitel nous offre un pasteur déchu plus ou moins crédible, mais la véritable découverte du film réside dans l'exploration visuelle de Rodriguez qui a su tirer son épingle du jeu avec le modeste budget de l'époque (moins de 14 millions de dollars américains). L'action est sans répit et comme le petit castor, une fois lancé, rien ne peut l'arrêter.

Le transfert numérique conserve bien le grain et la poussière avec parfois de légères imperfections ici et là, mais elles ne gâcheront en rien le plaisir de voir tant d'action. Le son en Dolby Digital 5.1 use de toutes les chaînes, surtout lorsqu'une nuée de chauves-souris s'abat sur le bar et gratte les murs durant près de deux minutes continues. La musique est signée Graeme Revell et projette le spectateur dans l'horreur tête première. Pour ceux et celles qui se souviendront de l'édition VHS, une mise en garde s'impose: puisque le DVD est sorti il y a près de 5 ans, les réglementations n'étaient pas celles d'aujourd'hui, ce qui fait que le doublage québécois s'est perdu sur la galette numérique. Il a été remplacé par le doublage français au titre douteux: "Une nuit en enfer". Les menus du film sont bien animés et comprennent parfois des morceaux de musique provenant d'autres films (étrange).

Amoureux de suppléments, vous serez servis. Non seulement le film regorge de suppléments, il contient même un second DVD documentant le tournage du film du jour 1 au dernier tour de manivelle. D'une durée de près de 100 minutes, "Full Tilt Boogie" offre à tous les intervenants de donner son grain de sel dans une production qui va à l'encontre du système hollywoodien. Passionnant, divertissant, drôle, il vaut l'achat du coffret à lui seul. Le deuxième DVD comprend le film ainsi que d'autres extras: les commentaires de Robert Rodriguez et de Quentin Tarantino, les scènes ratées, une revuette intitulée: "Hollywood Goes to Hell", quelques segments derrière les caméras, des scènes retranchées et rallongées, une galerie d'images de la production, des vidéoclips et des bandes-annonces. Un DVD chargé qui satisfera les plus exigeants.

Le film offre un bon moment de plaisir où le gore est à l'honneur et où l'on voyait déjà l'amour inconditionnel de deux cinéastes pour le cinéma des années 70. "From Dusk Till Dawn" n'est pas un grand film, mais n'a pas la prétention de l'être également. Une fois passés les invraisemblances et les moments cocasses, le spectateur a droit à un divertissement honnête, créé par deux des cinéastes les plus influents de cette génération.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments10
Vidéo9
Audio8