Fourteen Hours
Fox Film Noir
20th Century Fox

Réalisateur: Henry Hathaway
Année: 1951
Classification: NR
Durée: 85 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST, Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
29 octobre 2006

Même si "14 Hours" ne regorge pas d'éléments typiques du film noir, ce thriller urbain a été concocté par une pléiade de vétérans du genre. Les fans de cette série Fox Film Noir se retrouveront en territoire connu, car le réalisateur Henry Hathaway nous avait précédemment offert The House on 92nd Street (1945), Kiss of Death (1947), The Dark Corner (1946) et Call Northside 777 (1948), et le directeur photo Joe MacDonald, qui avait contribué à établir le look noir d'après-guerre, était derrière la caméra pour ces deux derniers films et également pour Shock (1946). De plus, les acteurs Paul Douglas et Barbara Bel Geddes évoluaient dans Panic in the Streets (1950), Richard Basehart dans House on Telegraph Hill (1951), Debra Paget dans House of Strangers (1949). Malgré tout cela, "14 Hours" est surtout reconnu aujourd'hui pour avoir marqué les débuts à l'écran de la séduisante Grace Kelly, qui apparaît en tout premier plan sur l'affiche du film qui orne le boîtier, même si elle n'a qu'un tout petit rôle dans le film. Dommage puisque "14 Hours", sans être un classique, est un suspense intéressant qui comporte des qualités indéniables.

Tôt le matin le jour de la St-Patrick, le policier Charlie Dunnigan (Paul Douglas) arpente les trottoirs d'un New York encore endormi, quand un cri de femme retentit à une fenêtre. Elle a les yeux rivés sur l'édifice d'en face où Robert Cosick (Richard Basehart) se tient debout sur la corniche à l'extérieur de sa chambre d'hôtel du 15e étage. Dunnigan alerte ses collègues et, peu de temps après, la rue déserte se remplit de curieux, de journalistes et de policiers, qui observent cet homme haut perché dans sa position précaire. Psychologues et policiers utiliseront divers stratagèmes pour tenter de le faire réintégrer sa chambre et feront appel à son ex-copine et à ses parents pour lui parler, mais Robert ne fera confiance qu'à Dunnigan, le premier à s'entretenir avec lui à son arrivée sur les lieux. Quatorze heures plus tard, Robert Cosick est toujours dehors sur la corniche...

Le scénario, écrit par John Paxton, est basé sur un article intitulé "The Man on the Ledge", paru dans le magazine New Yorker en 1938, à propos d'un homme nommé John Warde, qui avait gardé toute la ville en suspense pendant plusieurs heures, perché en haut de l'Hôtel Gotham. Dans "14 Hours", le réalisateur Henry Hathaway dépeint avec justesse l'environnement urbain et, malgré une intrigue un peu mince, impose un rythme soutenu qui contribue à maintenir le suspense. La distribution d'ensemble est solide, mais cette galerie de personnages défile sans grand impact sur le récit, l'intérêt reposant essentiellement sur la relation entre Dunnigan et Cosick. On ne saura d'ailleurs jamais ce qui ronge ce dernier, mais il m'apparaît évident qu'il est "atteint" d'homosexualité, un "mal" qu'il valait mieux garder secret à l'époque. Le film évite une fin fataliste (que l'on aurait tournée, mais pas utilisée), mais nous fait tout de même la morale puisqu'un jeune homme et une jeune femme ayant fait connaissance parmi la foule entassée dans la rue finissent main dans la main, et qu'une femme (Grace Kelly), qui observait la scène par la fenêtre d'un bureau d'avocat, décide au bout du compte de renoncer à signer les papiers officialisant son divorce. Comme quoi quand on est hétérosexuel et "normal" tout finit par s'arranger!

"14 Hours" est le 21e titre de la série Fox Film Noir et nous propose une image claire et propre avec un minimum de taches et d'égratignures. Le niveau des contrastes et l'étalement des noirs sont à point, et font honneur à la superbe direction photo de Joe MacDonald. Comme pour les autres titres de cette collection la piste originale mono est préférable, puisque celle en stéréo se traduit par un manque de focus des effets sonores et des dialogues. La présentation est standard, le boîtier simple, qui utilise l'affiche du film, contient un encart de quatre pages avec le chapitrage et des notes de production. Les menus sont statiques et sans accompagnement musical. Comme supplément principal, on retrouve une piste audio de commentaires avec l'historien du film noir Foster Hirsch. Malheureusement, il a déjà fait mieux, puisqu'il y a de nombreux silences et qu'il se contente souvent de décrire ce qui se déroule à l'écran. Il ne mentionne d'ailleurs jamais l'existence d'une finale alternative. On retrouve également une galerie photo interactive qui permet d'agrandir les différentes affiches et le matériel publicitaire. Il est intéressant de noter que le titre du film est "14 Hours" sur le matériel imprimé, mais "Fourteen Hours" dans le film lui-même. On retrouve également quelques bandes-annonces, dont celle du film.

"14 Hours" fonctionne plus comme un thriller que comme un film noir, mais demeure divertissant grâce à une distribution solide et la maîtrise technique du réalisateur Henry Hathaway.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments5
Vidéo8
Audio7