Numéro deux de la nouvelle collection Film Noir de Fox, "Call Northside 777" est le troisième et le meilleur film de ce qu'il est convenu d'appeler la trilogie des nombres (les deux autres étant House on 92nd Street et 13 Rue Madeline) du réalisateur Henry Hathaway. Produit à l'apogée du mouvement semi-documentaire des années 1940, le film est basé sur une histoire vécue et a été tourné, en grande partie, dans les mêmes décors que celle-ci. Il s'agit d'un film important pour l'acteur James Stewart qui délaisse ici son rôle habituel du bon gars unidimensionnel pour développer le style plus humain que l'on retrouvera plus tard dans ses collaborations avec Hitchcock.
P.J. McNeal (James Stewart) est un journaliste chargé par son éditeur (Lee J. Cobb) d'enquêter sur ce qui n'est en apparence qu'un fait divers. Une vieille dame d'origine polonaise qui lave des planchers dans un édifice à bureaux, a placé une petite annonce dans le journal offrant une récompense de 5 000 $ à quiconque pourrait fournir des informations pouvant servir à exonérer son fils qui croupit en prison depuis 11 ans. En effet, Frank Wiecek (Richard Conte) a été condamné à perpétuité en 1932 pour le meurtre d'un policier. Sceptique au départ, McNeal finira par être convaincu de l'innocence de Wiecek et que toute cette affaire constitue une grossière erreur judiciaire. Utilisant son journal pour attirer la sympathie du public, il tentera par tous les moyens de localiser le témoin qui avait incriminé Wiecek et de trouver une preuve pouvant le disculper, en dépit du peu de collaboration de la part de la police.
Le style du réalisme documentaire utilisé par le réalisateur est à la fois la force et la faiblesse du film. L'essence de la ville de Chicago dans les années 1940 est parfaitement capturée, plus spécialement l'environnement urbain et le quartier pauvre où vivaient les immigrants tchèques et polonais. On pourrait presque dire que Chicago est la vraie star du film. Par contre, certaines scènes, comme celle du détecteur de mensonges et la scène finale du transfert de la photo, sont beaucoup trop longues et leur réalisme tue l'intensité dramatique. Même chose quand McNeal se rend dans le quartier polonais et visite bar, après bar, après bar... Côté ambiance, on retrouve évidemment les ombres, les ruelles peu éclairées et les éclairages contrastés typiques du film noir, mais il s'agit plus ici d'un docudrame au look noir que d'un noir classique, puisque les personnages principaux n'ont pas cet aspect sombre propre aux individus rongés par les conflits intérieurs qui symbolisent une société corrompue souvent à la source du crime. Lee J. Cobb et James Stewart sont excellents, même si les scènes entre ce dernier et sa femme sont à la limite du cliché. Richard Conte se tire également bien d'affaire ainsi que le reste de la distribution.
La présentation vidéo est assez bonne, même si on peut noter plusieurs taches et égratignures tout au long du film. Le matériel source aurait eu besoin de restauration. Par contre, l'image est claire et le niveau des contrastes et des détails est excellent. Certaines scènes sont un peu plus granuleuses, mais le problème est léger. Je n'ai noté ni accentuation des contours, ni artefacts dus à la compression. Comme pour Laura, je n'ai noté aucune différence entre la piste mono et celle en stéréo, la séparation des canaux étant inexistante. Le son est par contre toujours clair, malgré un léger bruit de fond occasionnel, et les dialogues sont facilement audibles. Les menus sont statiques et de navigation aisée. Le principal supplément est la piste commentaire avec les historiens du cinéma James Ursini et Alan Silver, que les habitués reconnaîtront puisqu'on les retrouve souvent comme participants sur d'autres films du genre. Leur propos est toujours intéressant et informatif et ils abordent autant les aspects reliés au tournage que le contexte historique et les différences avec les faits réels. On retrouve également une très courte revuette où l'on peut voir les acteurs et d'autres célébrités à leur arrivée, le soir de la première du film. La bande-annonce de "Call Northside 777" ainsi que celles de quatre autres films de la collection Fox Film Noir viennent compléter les suppléments.
"Call Northside 777" est un film intéressant malgré quelques longueurs, mais il plaira surtout aux fans du genre ainsi qu'à ceux d'un James Stewart toujours excellent.
| Film | 7 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |