Daisy Kenyon
Fox Film Noir
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Otto Preminger
Année: 1947
Classification:
Durée: 99 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Français
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
25 juin 2008

Lors d'une entrevue dans les années 1970, Otto Preminger aurait déclaré n'avoir aucun souvenir de "Daisy Kenyon". Pas étonnant de la part du réalisateur d'origine européenne, qui a toujours insisté pour que l'on considère le fabuleux Laura (1944) comme son premier film, reléguant aux oubliettes Margin for Error tourné un an auparavant en sol américain. Mémoire sélective ou caprice de cinéaste? Peu importe puisque "Daisy Kenyon", un mélodrame en habits de film noir réalisé en 1947, est loin d'être un mauvais film.

Daisy Kenyon (Joan Crawford) est une artiste follement amoureuse de l'avocat Dan O'Mara (Dana Andrews), mais celui-ci refuse de quitter sa femme Lucille. Elle fera la rencontre du sergent Peter Lapham (Henry Fonda), un homme honnête et attentionné qui s'éprendra d'elle. Ayant à choisir entre l'amour impossible et la sécurité que lui offre Peter, elle finira par épouser ce dernier. Mais lorsque Dan divorce, elle sera déchirée entre sa passion pour Dan et ses obligations envers Peter.

Basé sur le roman éponyme d'Elizabeth Janeway, "Daisy Kenyon" nous offre un triangle amoureux qui réussit à s'élever au-dessus d'un vulgaire "soap" de l'après-midi grâce à la qualité de l'interprétation et de la mise en scène d'Otto Preminger, même si le film s'essouffle en seconde partie et devient quelque peu prévisible. Joan Crawford dépeint avec réalisme les conflits et le désespoir d'une femme déstabilisée par l'amour, sans vampiriser l'oeuvre et tout écraser sur son passage (comme dans plusieurs de ses rôles). Le mésestimé Dana Andrews compose un personnage complexe et nébuleux, qui mélange autoritarisme et détermination dans sa vie de tous les jours, avec une passivité déconcertante dans sa relation avec Daisy. Le personnage campé par Henry Fonda est moins ambigu, mais il comporte ses forces et ses faiblesses et demeure aussi résolu que Daisy et Dan. La direction nette et précise du réalisateur se fond parfaitement avec le récit et, en deçà de l'atmosphère aux éclairages contrastés typiques du film noir, il cultive l'ambiguïté en utilisant de très longs plans-séquences se terminant souvent sur des images neutres.

Le transfert proposé sur cette édition est excellent pour un film de cet âge. L'image est claire et propre et la pellicule est presque complètement exempte de taches et d'égratignures. Le niveau des contrastes et le rendu des noirs nous permettent d'apprécier les moindres détails, même lors des scènes tournées dans des environnements plus sombres. Côté sonore, la piste en stéréo semble artificielle, ce qui se traduit par un manque de focus des effets sonores et des dialogues. La piste originale mono est préférable et les dialogues et la musique sont clairs et exempts de distorsion. La présentation et les menus sont des plus minimalistes, mais la navigation s'effectue aisément.

Au rayon des suppléments, on retrouve une intéressante piste audio de commentaires avec l'historien du cinéma et biographe Foster Hirsch, les revuettes "From Journeyman to Artist: Otto Preminger at Twentieth Century Fox" et "Life in the Shadows: The Making of Daisy Kenyon", du matériel promotionnel, une galerie photo et la bande-annonce originale du film.

"Daisy Kenyon" n'est pas un chef-d'oeuvre, mais il parvient à tempérer ses excès de mélodrame par la complexité de ses personnages, d'excellentes prestations de la part d'un trio d'acteurs chevronnés et la mise en scène efficace d'Otto Preminger. Même s'il s'agit plus d'un hybride que d'un film noir typique, les amateurs du genre apprécieront ce numéro 23 de la série "Fox Film Noir".


Cotes

Film7
Présentation4
Suppléments7
Vidéo8
Audio7