Le réalisateur Joseph L. Mankiewcz nous proposait en 1947 un film, basé sur le roman de Josephine Aimee Leslie (sous le pseudonyme de R.A. Dick), qui semble à première vue très léger, mais qui va nous chercher des sentiments profonds en nous englobant dans une histoire très passionnante d'une conclusion très courte, mais très touchante.
L'histoire débute au début du siècle, un an après la mort du mari de madame Lucy Muir (Gene Tierney). Sa belle-famille a supporté la veuve durant un an, mais Lucy veut maintenant voler de ses propres ailes puisqu'elle sent que sa vie n'est plus de son contrôle. Évidemment, la belle-famille lui souhaite malheur et un retour en rampant vers eux. Peu importe ces prophètes de malheur, elle part vers une autre région, sur le bord de la mer, avec sa fille Anna (jouée par Natalie Wood et Vanessa Brown lorsque plus vieille) et sa bonne Martha Huggins (Edna Best). Tout d'abord, Mme Muir cherche une maison de location chez M. Coombe (l'agent de location) qui lui montre plusieurs maisons, mais en évite toujours une… celle qui intéresse Mme Muir, la "Villa des Goélands". Le problème avec cette maison est qu'elle est hantée par le fantôme de l'ancien propriétaire, le capitaine Daniel Gregg (joué par Rex Harrison). La plupart des personnes qui ont visité cette maison n'y ont pas passé la nuit. Ce n'est pas un problème pour cette dame très déterminée. C'est quand même moins pire que son ex-belle-famille!
Le fantôme de l'arrogant capitaine Gregg tente cette nuit-là d'effrayer Lucy, mais c'est plutôt celle-ci qui met son pied à terre et lui dit sa façon de penser. Peu à peu, ils deviendront des amis. Le temps passe est les revenus de Lucy ne sont plus aussi constants qu'avant. Pour l'aider, le capitaine Gregg lui offre d'écrire sa biographie et, du même coup, rectifier les causes entourant sa mort qui a été mal interprétée. Lorsque Lucy va en ville pour faire une demande de publication du livre, elle rencontre Miles Fairley (George Sanders), un auteur de livres pour enfants, et elle poursuit une relation amoureuse avec lui. Le capitaine Gregg est jaloux, car il en était amoureux. Personne, à part Lucy, n'aime Miles. Même que Martha, qui est habituellement toujours en accord avec sa patronne, lui fait savoir sa façon de penser de ce monsieur Fairley, qui n'est peut-être trop gentil pour être vrai.
La cinématographie de ce film est vraiment excellente. Pas étonnant qu'elle ait été nominée pour un Oscar. De scène en scène, les détails des décors et des paysages changent avec le temps qui passe. Malgré une image d'un ratio plein écran, les paysages et la grandeur de la région de "Whitecliff-by-the-sea" est bien capturée. Les éléments de 1900 sont bien représentés, y compris les baignades en mer qui semblent tellement compliquées avec ces gigantesques maillots de bain!
Le DVD est présenté avec un menu statique qui est bien ordinaire, mais très fonctionnel. L'image du film est très claire et les noirs très prononcés. La qualité est exceptionnelle pour un film de cette époque. Il y a seulement quelques minuscules lignes verticales qui apparaissent de temps en temps dans certaines scènes, mais absolument rien qui ne va vous enlever les yeux de l'histoire. La piste sonore stéréo est évidemment un doublage de la piste mono qui n'améliore pas vraiment la composition sonore. La piste française est très bien traduite, voir poétique.
Sur ce DVD, il y a tout d'abord comme suppléments deux pistes de commentaires, dont la première avec Gregg Kimble (historien et spécialiste des effets spéciaux) et Christopher Husted (l'homme en charge de la succession de Bernard Herrmann, le compositeur de la musique du film). Cette piste est intéressante pour les fans du compositeur, car Husted parle en détails de la musique du film. Enregistré séparément, Kimble y va de plein d'anecdotes intéressantes à propos du film et aussi de commentaires sur la piste sonore. La seconde piste de commentaires met en vedette Kenneth Geist, auteur du livre Pictures will Talk: The Life and Times of Joseph L. Mankiewicz ainsi que Jeanine Bassinger (auteur et historienne). Tout comme la piste sonore précédente, j'ai trouvé qu'ils parlaient un peu trop de la piste sonore. Bassinger est vraiment ennuyante et parle toujours sur le même ton. La première piste de commentaires est franchement la meilleure des deux.
Il y suite à cela un documentaire sur Rex Harrison "The Man Who Would Be King" où Noël et Carey Harrison (ses fils), Elizabeth Harris (son ex-femme), Ron Moseley (auteur), Charlton Heston (acteur), Elliot Martin (producteur) et Alexander Walker (biographe d'Harrison) y racontent qu'il a vécu plusieurs guerres, plusieurs amours (théâtre, film et femmes), du succès au théâtre et au cinéma et une vie sociale très mouvementée. Le tout est présenté avec beaucoup de photos, des extraits de newsreels (dont la remise d'un Oscar par Audrey Hepburn - je ne peux pas sauter cela!) et des bandes-annonces de ses films. Ensuite, nous avons une bande-annonce tellement mauvaise que vous ne voudrez pas voir le film, des galeries de cartes de lobby, d'affiches, de photos publicitaires, de photos de scènes et de photos derrière les caméras. Pour finir, les bandes-annonces de quatre autres DVD de la collection "Studio Classics".
Pour les gens qui aiment les statistiques, notez que ce film se positionnement au numéro 73 de la liste "100 years, 100 passions" de l'American Film Institute. Oubliez les chiffres, car la fin du film est garantie de vous laisser une larme de joie dans l'œil… Avouez-vous-le!
| Film | 8 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |