House of Strangers
Fox Film Noir
20th Century Fox

Réalisateur: Joseph L. Mankiewicz
Année: 1949
Classification: NR
Durée: 100 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST, Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
26 juin 2006

Tout juste avant de s'attaquer à l'intolérance raciale dans l'excellent No Way Out, Joseph L. Mankiewicz nous avait offert un autre film noir atypique avec "House of Strangers". Le réalisateur laissait encore une fois de côté les intrigues complexes basées sur le crime, le mystère et les conflits moraux pour se pencher sur la vie d'une famille d'immigrants italiens au début des années 1930. Coproduit par le champion des causes sociales Darryl Zanuck, le film connut une distribution limitée parce que Spyros Skouros, la tête dirigeante chez Fox à l'époque, considérait qu'il avait un thème anti-immigrant.

Gino Monetti (Edward G. Robinson), dirige sa banque de New York comme bon lui semble, sans égard pour les lois et les principes de la comptabilité. Trois de ses quatre fils travaillent pour lui, mais son attitude tyrannique envers eux se retournera contre lui quand le gouvernement américain viendra mettre le nez dans ses affaires. Max (Richard Conte), avocat et quatrième fils de Gino, défendra son père lors du procès, mais sera trahi par ses frères qui ne demandent pas mieux que de pouvoir mettre la main sur la banque. Après sept années passées en prison, Max cherchera vengeance malgré l'insistance d'Irene Bennett (Susan Hayward), une femme de la haute société qui est amoureuse de lui.

Gino Monetti a les pieds entre deux mondes. Ce patriarche autocratique qui mène sa famille et ses affaires comme un monarque de la vieille Europe, n'a aucune objection à ce que Max se promène au bras d'autres femmes alors qu'il est fiancé à une jeune Italienne puisqu'il dira que c'est tout à fait normal dans le Nouveau Monde. Et Gino voit Max comme un égal alors qu'il traite ses trois autres fils comme de simples larbins. Deux poids, deux mesures dans ce conflit entre la tradition et la modernité. Cette dichotomie se reflète également chez Max, qui se considère comme un astucieux businessman américain, mais dont l'attitude dans ses relations amoureuses relève du machisme primaire. De plus, alors que dans beaucoup des films noirs le crime est vu comme une conséquence de problèmes sociaux, Max va enfreindre la loi essentiellement pour une raison honorable et il est donc seul responsable de ses actes.

"House of Strangers" tient plus du drame psychologique que du film noir, mais le scénario est solide et la structure narrative basée sur un long retour en arrière, bien qu'essentiellement linéaire, insuffle suffisamment de momentum pour soutenir notre intérêt jusqu'à la fin. Si on rajoute les prestations convaincantes de Robinson, Conte, Hayward et de Luther Adler dans le rôle du frère aîné Joe, ainsi que la direction assurée de Mankiewicz, on se retrouve avec un portrait réaliste et subtil d'une famille dysfonctionnelle, qui dépasse largement le simple divertissement en abordant des questions d'éthique.

Comme pour la plupart des films de cette série, Fox nous propose un très bon transfert. L'image est claire et propre, avec un minimum de taches et d'égratignures. Le niveau des contrastes et des détails, ainsi que l'étalement des noirs sont excellents. Côté audio, la piste originale mono est préférable puisque celle en stéréo semble artificielle, ce qui se traduit par un focus approximatif des effets sonores et des dialogues. Ces derniers étant tout de même clairs et exempts de distorsion. La présentation est standard et le boîtier simple, orné de l'affiche du film, contient un encart de quatre pages comprenant le chapitrage et des notes de production. Les menus sont statiques et accompagnés de musique. En guise de suppléments, on retrouve tout d'abord une piste audio de commentaires avec l'historien du film noir Foster Hirsch. Son approche est parfois trop didactique et il succombe à certains excès analytiques, mais il offre tout de même une foule d'informations pertinentes sur tous les aspects reliés de près ou de loin à la production. Trois galeries photos, ainsi que quelques bandes-annonces, dont celle du film, viennent compléter les suppléments.

"House of Strangers" n'est pas un noir classique, mais comporte assez de talent devant et derrière la caméra pour nous offrir un drame drôlement bien ficelé. Le film est le 17e de cette série Fox Film Noir (qui en comprendrait 24 au total), mais ne cherchez pas le numéro 16, car il appartient à "Boomerang" qui, aussitôt sorti, a été prestement retiré des rayons pour des raisons qui demeurent nébuleuses. Une rumeur court, qui veut que sa sortie définitive ait été reportée à l'automne 2006.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments6
Vidéo8
Audio7