Les westerns étaient déjà populaires en 1943, mais ils étaient composés principalement d'action à cheval, de défis au pistolet et très peu de dialogue, les méchants avait des chapeaux noirs et les héros des chapeaux blancs. "The Ox-Box Incident" sort de la règle de l'époque en offrant un film à texte avec peu d'action cowboy, qui porte un message moralisateur à propos des foules qui veulent vengeance peu importe si leur victime est innocente ou non. Tiré du livre de Walter Van Tilburg Clark, ce film allait créer un moule pour plusieurs autres films westerns.
En 1885, au Nevada, Gil Carter (Henry Fonda) et Art Croft (Henry Morgan) arrivent dans une ville en colère où un innocent fermier de l'endroit a été assassiné pour son bétail. Ils se préparent au lynchage (exécution sans enquête ni procès par des personnes non autorisées par la loi) de ceux qui sont aperçus sur place. Un groupe de citoyens "député par le député du shérif", prend la loi entre leurs mains, malgré les objections de quelques citoyens. La majorité traite ceux-ci de "moumounes" et part à la recherche des tueurs pour les punir.
Le film est très lourd à regarder, mais son thème d'hystérie collective accroche un peu. En prêtant l'oreille aux dialogues du début, nous pouvons rapidement déduire ce qu'il va se produire… même les choses soi-disant imprévues. Sans héros pur et dur, ni patriotisme, ce film nous étale la psychologie de la bêtise humaine exécutée par des gens ordinaires, avec leurs histoires personnelles qui sont mises de côté afin de venger l'idée d'un groupe. Aussi, nous voyons comment un personnage, Gil Carter, ne fera rien pour dénoncer ce que la collectivité a décidé, même après avoir tenu des propos assez terre-à-terre contre ce sujet. Un autre personnage psychologiquement torturé est le fils du major Tetley (Frank Conroy) qui ne veut pas participer à cela, mais est obligé par son père qui ne veut pas d'un fils efféminé. Il a beau dire non, que son père lui tombe dessus à coups de poing. La justice est une "valeur de femme" selon son père.
Anthony Quinn, alors qu'il n'était pas encore très connu, interprète un mexicain lynché par les cowboys enragés. Il rit d'eux de ce qu'ils vont faire, pendant que les deux autres accusés, un vieil homme un peu fou qui accuse le Mexicain (en se contredisant) afin de rester en vie et un homme de famille (Dana Andrews) qui a tout à perdre qui demande justice. Mais justice était déjà décidée par le major Tetley qui ne faisait que durer son plaisir du pouvoir en faisant patienter les autres. Ce dernier n'a pas de succès en tant que père, mari et soldat, mais pour une raison étrange, la ville le suit…et il aime cela. Les acteurs sont à deux dimensions, mais malgré cela quelques-uns d'entre eux sont mémorables, dont Harry Davenport qui interprète Arthur Davies (celui qui s'oppose à tout ce spectacle) et les deux cowboys Henry Fonda et Henry Morgan qui ont une certaine relation qui retient les éléments du film ensemble.
Ce film n'avait pas un gros budget et ça paraît énormément dans les décors qui semblent être réutilisés sous différents angles à maintes reprises dans des situations différentes. C'est la tête dirigeante de Fox, Darryl Zanuck, qui autorisa la production du film sur un maigre budget, car il aimait l'histoire, mais ne croyait pas que le film serait un succès financier. Ce qui devait arriver arriva, le film fut renié par le public et embrassé par les critiques, tellement qu'il a obtenu une nomination aux Oscars de cette année-là. Je dois vous dire que je me suis un peu ennuyé avec ce film, mais tout de même intéressé d'en voir le dénouement, même si je l'avais deviné dès les premiers mots des personnages.
Le menu du DVD est proposé dans des tons de brun rappelant les affiches dans les westerns, mais très peu intéressant. La qualité de l'image est particulièrement intéressante. La majorité du film de déroule à la noirceur et nous pouvons distinguer tous les personnages et très peu d'artéfacts. De jour, il y a une certaine amplification des contours vis-à-vis le ciel, mais rien de dérangeant si nous ne cherchons pas de problème. Le son a quant à lui la résonance d'un enregistrement en boîte vu le budget original.
En guise de suppléments, il y a une piste de commentaires sur ce DVD mettant en vedette William Wellman Jr, le fils du réalisateur, et de l'historien Dick Etulain, spécialiste du cinéma western américain, qui est peu intéressante après qu'il ait parlé de la vente du film aux différents studios. Etulain nous parle sur un ton sérieux tout excité les différences entre le film et le livre alors que Wellman nous parle de ce que son père a fait dans les différentes étapes de la production du film. Il n'est pas très informatif.
Cela est suivi d'une biographie d'Henri Fonda qui a été diffusée sur la chaîne A&E. On y parle des événements de sa vie de sa naissance à sa mort à l'aide de photos, films d'archives et d'interviews avec ses enfants Jane et Peter Fonda, sa femme Shirlee Fonda, le biographe Kevin Sweeney, les acteurs Anthony Quinn, Richard Dreyfuss, l'acteur/réalisateur Ron Howard et le réalisateur Mark Rydell qui le dirigea dans son dernier projet On the Golden Pond. Les autres suppléments consistent en une comparaison du travail de la restauration, une galerie de photos et des bandes-annonces.
Dans les collections, il y a toujours des items moins intéressants et "The Ox-Bow Incident" est celui de la collection "Studio Classics" de Fox. Mais étant un film qui a su casser le moule des westerns de l'époque et en créer un autre, il mérite une petite place dans cette collection.
| Série | 4 |
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