Panic in the Streets
Fox Film Noir
20th Century Fox

Réalisateur: Elia Kazan
Année: 1950
Classification: NR
Durée: 96 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST, Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
13 mars 2005

Co-fondateur du renommé Actors Studio et pionnier du Method Acting, Elia Kazan privilégiait, en début de carrière, une approche théâtrale dans des films à caractère social comme Gentleman's Agreement. "Panic in the Streets" constituait donc un film de transition pour le réputé et controversé réalisateur américain, désireux de prouver qu'il pouvait utiliser un style plus visuel et tourner dans des décors naturels. C'est d'ailleurs ce style, qu'il polira en étudiant le cinéma de John Ford et d'Orson Welles, qui marquera plus tard sa période la plus créative, de laquelle émergeront des classiques tels A Streetcar Named Desire et On the Waterfront.

Un soir, dans un quartier malfamé de la Nouvelle Orléans, un truand nommé Blackie (Jack Palance) et ses deux acolytes, assassinent un immigrant illégal qui leur semblait avoir gagné un peu trop d'argent lors d'une partie de poker. Le corps est retrouvé près des quais et le docteur Clint Reed (Richard Widmark), du service de santé publique, découvre que l'homme était porteur de la peste bubonique. Aidé par Tom Warren (Paul Douglas), un chef de police réticent, et en dépit du scepticisme des autorités municipales, Reed se lance à la recherche des meurtriers. Il a 48 heures pour les retrouver, prévenir l'épidémie et empêcher la panique dans les rues.

Le réalisateur, qui disait vouloir faire un film semi-muet, utilise une mise en scène élaborée et de très longs plans qui créent le suspense en laissant l'action se dérouler sous nos yeux, plutôt que d'utiliser le montage rapide qu'affectionnaient Hitchcock et la plupart des réalisateurs de l'époque. La qualité de la cinématographie et des éclairages ne fait qu'ajouter à l'efficacité de cet excellent thriller on ne peut plus actuel, en cette époque empreinte de paranoïa engendrée par le terrorisme et les armes chimiques et bactériologiques. Richard Widmark, qu'on avait auparavant confiné à des rôles de voyous, se tire bien d'affaire dans sa prestation de héros sûr de lui, mais il se fait damer le pion par Paul Douglas en policier désabusé qui en a vu d'autres, et surtout par un jeune Jack Palance, qui joue à perfection le vilain dont le calme menaçant cache un homme brutal et sans pitié. Kazan aurait laissé beaucoup de place à l'improvisation dans le but de laisser transparaître une certaine spontanéité qui colle parfaitement au style naturaliste du film. Contrairement à la plupart de ses films, la critique sociale est presque complètement évacuée, sauf pour celle qui souligne les conflits entre les différentes instances gouvernementales.

La présentation visuelle et sonore est comparable à celle que l'on retrouve sur les deux premiers titres de cette collection Fox Film Noir. Il y a bien ici et là quelques taches et égratignures, mais dans l'ensemble, l'image est claire et le niveau des contrastes et des détails est excellent. Côté audio, il n'y pas presque pas de différences entre la piste mono et celle en stéréo puisque la séparation des canaux est quasi inexistante. Le son est parfois un peu strident et on note à l'occasion un léger sifflement, mais rien de bien grave. Les dialogues toujours clairs et parfaitement audibles. Petite erreur, le boîtier indique une piste audio en espagnol, mais il n'y en a pas. Les menus sont statiques et faciles à naviguer. Les suppléments sont identiques à ceux inclus sur Call Northside 777, c'est-à-dire une piste audio commentaire avec les historiens du cinéma James Ursini et Alan Silver, la bande-annonce du film et celles de quatre autres films de cette collection. Messieurs Ursini et Silver, qui ont écrit plusieurs articles et livres traitant du film noir, sont toujours aussi intéressants et nous offrent une foule d'informations pertinentes sur le genre, le tournage, les acteurs, le réalisateur et le contexte historique.

"Panic in the Streets" se démarque un peu du film noir traditionnel par la technique utilisée, mais il demeure un excellent thriller qui a prouvé qu'Elia Kazan pouvait être bien plus qu'un excellent directeur d'acteurs. Encore une fois, les fans vont se régaler et vont attendre avec impatience la sortie des trois prochains titres de cette collection prévus pour juin 2005!


Cotes

Film8
Menu5
Suppléments6
Vidéo7
Audio7