Le vingtième film dans la collection "Studio Classics" (21e si nous comptons Sunrise qui n'est pas numéroté) est un petit film bien intéressant, basé sur le roman de Muriel Spark, sur la personnalité complexe d'une enseignante non conventionnelle du nom de Jean Brodie (Maggie Smith) qui aime le romantisme de l'art et a une passion pour la politique. Le curriculum qu'elle donne à l'école Marcia Blaine d'Edinburgh en Écosse ne plaît pas vraiment à sa supérieure, Mademoiselle Mackay (Celia Johnson), bien de son époque des années 30. Mademoiselle Brodie enseigne à SES filles la beauté du fascisme italien, la romance de l'art, l'individualisme et l'histoire... les autres matières ne sont pas importantes. Elle leur parle de Mussolini et de la Mona Lisa avec la même passion. Elle veut qu'elles deviennent "la crème de la crème", des copies de petites "Jean Brodie" qui vont quitter son aile pour aller changer le monde. Elle dit au début du film "Donnez-moi une jeune fille influençable et je vais lui mettre une vieille tête sur de jeunes épaules". Elle leur dit aussi "Faites ce que je dis et non ce que je fais" pour corriger les faiblesses qu'elle pourrait avoir devant elles!
Mais vers quelle direction sont impressionnées ces jeunes filles lorsque leur enseignante est excentrique, hypocrite, vaniteuse, vantarde, rude, politiquement naïve, avec des idées très dangereuses et pleine de secrets noirs, si noirs qu'elle ne les réalise pas. Mais elle veut tellement de bien à ses filles que malgré tout cela, nous ne pouvons que l'aimer et prendre les gens qui sont contre elle tout comme les ennemis. Elle a un groupe de ses filles pour lesquelles elle a des liens plus proches: Jenny (Diane Grayson), Monica (Shirley Steedman), Sandy (Pamela Franklin) et Mary Macgregor (Jane Carr). Elle a des ambitions qui m'ont semblé quelque peu déplacées pour ces filles, surtout pour Jenny pour laquelle elle prévoit bien des aventures sexuelles et qu'elle place littéralement dans les bras de son ex-amant Teddy Lloyd (Robert Stephens - son vrai mari à l'époque), l'artiste peintre de l'école. Mais c'est l'influence qu'elle a sur la petite Mary Macgregor qui va tout faire chavirer dans la vie de tous ceux qui l'entourent sans qu'elle ne montre signe de remord.
Maggie Smith, vous la connaissez probablement dans les rôles de la mère supérieure dans Sister Act et de la professeure Minerva McGonagall dans la série Harry Potter. Dans "The Prime of Miss Jean Brodie", elle nous fait tout simplement craquer. Elle nous laisse voir à travers cette carapace épaisse qu'elle projette aux élèves, une femme qui est torturée par ses problèmes, mais dont sa propre vanité lui fait voir que du feu. Elle vit un mensonge et se ment elle-même en essayant d'éliminer ses désirs. Vous aimerez aussi son accent écossais/britannique qui ajoute une autre couche à son personnage tout comme le fait que ce soit un des seuls personnages qui porte de la couleur (flamboyante en plus) durant tout le film.
La cinématographie de ce film a un look "fait pour télévision" (surtout vers la fin), mais est bel et bien un film qui a été présenté en salle. La caméra suit les personnages dans leurs mouvements comme si elle était les yeux d'un autre personnage, ce qui rend le film moins monotone, car il contient beaucoup de dialogue. Les couleurs sont saturées et l'image est stable et précise. Il y a énormément de saletés durant les crédits du film, mais ailleurs nous ne retrouvons que quelques points blancs ici et là que nous oublions rapidement. Aucun artéfact de compression n'est réellement visible. Côté audio, il y a un certain bruit de fond lorsqu'il y a des pièces musicales (que nous remarquons spécialement lors de fondues vers le silence). Les dialogues sont clairs afin que nous ne manquions rien des forts accents de tous les personnages, vive les sous-titres! La page principale du menu est à vomir, mais les autres pages sont bien.
Enregistrés séparément et mixés pour l'occasion, nous avons une piste de commentaires du réalisateur Robert Neame et de l'actrice Pamela Franklin (Sandy), tous deux bien volubiles bien que Neame, plutôt technique, prend la majorité de la place alors que Franklin est plus anecdotique. Comme autres suppléments, il y a quelques photos en noir et blanc qui ont été saisies lors du tournage et des tas de bandes-annonces du film et d'autres titres de la collection "Studio Classics". Je dois vous dire que je suis très déçu du contenu de matériel supplémentaire, surtout de l'absence de quelque chose de vieux ou de nouveau avec Maggie Smith qui est encore bel et bien vivante et encore dans le domaine du cinéma.
Il est intéressant de savoir que ce film a donné naissance à une minisérie télévisée de sept épisodes mettant en vedette Geraldine McEwan en 1978. "The Prime of Miss Jean Brodie" est un film que vous vous devez de voir simplement pour expérimenter la réalité farfelue que Jean Brodie vit parmi les coins noirs de son esprit. Si vous avez aimé le genre du film Mona Lisa Smile ou Dead Poets Society, mais avec une Julia Roberts ou un Robin Williams qui aurait été admirateur du fasciste (Vive Il Duce parce qu'il ne laisse personne tuer les oiseaux!), vous commencez à vous approcher du sujet de ce film.
| Film | 6 |
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| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 5 |