Avec sa couverture, "The River's Edge" me donnait l'impression d'être un western à la John Wayne, mais en fait ce n'en est rien... c'est beaucoup plus. Il s'agit d'un triangle amoureux entre Nardo Denning (Ray Milland), Ben Cameron (Anthony Quinn), Margaret "Meg" Fowler (Debra Paget) et un million de dollars américains. Meg et Nardo sont des criminels qui volent aux "gens qui peuvent se le permettre", mais un jour Meg s'est fait prendre et vu qu'elle en savait trop sur les plans de Nardo elle fut emprisonnée. Pour une raison que j'ignore, probablement dans le contexte de l'époque, Ben s'est présenté à l'audience de remise en liberté de celle-ci pour offrir de l'épouser et ainsi la libérer.
Le film débute quelques quatorze mois plus tard alors que Nardo a retrouvé la trace de Meg et se rend chez elle avec un million de dollars dans une valise, son dernier coup qui lui permettra de prendre sa retraite au Mexique. Du même coup, il veut utiliser Ben comme guide hors de la région. Ça tombe bien pour l'un et mal pour l'autre alors que Meg est mécontente de la vie très rustique que Ben lui offre, elle une fille de ville, et part avec Nardo. Les choses vont mal tourner et le couple aura vraiment besoin de Ben pour sortir vers le Mexique... mais Ben connaît leurs secrets et tentera de récupérer sa femme et pourquoi pas l'argent.
Basée sur le roman "The Highest Mountain" d'Harold Jacob Smith, l'histoire du film évolue lentement durant les dix premières minutes sans nous indiquer où tout cela s'en va. C'est le meurtre d'un policier frontalier qui vient changer la dynamique et nous mettre à se questionner quant à l'intrigue. Le personnage d'Anthony Quinn rend cela plus sauvage alors que nous savons ce qu'il sait, mais pas du tout ce qu'il compte faire avec cela. Veut-il tuer Nardo pour l'argent? Aime-t-il encore Meg? L'a-t-il déjà aimée? Bien des questions qui sont répondues au cours de la route en montagne vers la "terre de liberté". Un suspense qui j'ai bien aimé, qui nous laisse continuellement à se gratter la tête quant à savoir qui sera des deux le vainqueur . Chacun des hommes faisait chavirer l'histoire d'un côté ou de l'autre à tout bout de champ et les conflits moraux ne sont plus que des excuses pour avoir le dessus de son adversaire.
Cela faisait depuis novembre 2005 qu'il n'y avait pas eu de sortie "Studio Classics" et je commençais sérieusement à m'ennuyer de la bannière et ses passionnants films. Cette fois-ci, trois très bons films sont à l'affiche (celui-ci en plus de Black Swan et Keys of the Kingdom) et "The River's Edge" porte le nombre de titres dans la série à 40, elle qui devait à son départ n'en porter que douze (plus un disque boni). Comme tous les autres titres, la qualité vidéo est très bonne, mais j'ai été surpris par des artefacts de compression bien bêtes dans les transitions (surtout à la fin des transitions) en plus de lignes d'usure verticale durant ces mêmes transitions. Cela ne m'a causé de soucis bien longtemps alors que le film a tout simplement conquis mon attention. Du côté audio, je n'ai rien à reprocher au transfert.
Comme suppléments, nous avons d'abord une galerie de photos de production en noir et blanc, des affiches de film et des bandes-annonces. L'attrait principal des suppléments se retrouve dans la piste de commentaires des historiens James Ursini et Alain Silver. Ils parlent entre autres du réalisateur Allan Dwan, dont le film était aux alentours du 300e de sa carrière, de sa façon de tourner et fabriquer ses scènes. Ils nous donnent beaucoup d'informations (producteur, acteurs, séquences, etc.) et rigolent avec certaines scènes du film (dont les intérieurs magiques plus grands que l'extérieur). Leur interaction rend la piste de commentaires très intéressante en plus qu'ils ont des choses à raconter jusqu'à la dernière seconde.
Voilà un mélange de western moderne, presque film noir, qui devrait intéresser la majorité des gens qui aiment un peu de suspense.
| Film | 8 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |