Road House
Fox Film Noir
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Jean Negulesco
Année: 1948
Classification: PG
Durée: 95 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
14 novembre 2008

À ne pas confondre avec le quasi film culte de série 'B' du même nom avec Patrick Swayze, qu'il faut ranger dans la catégorie des meilleurs films nuls jamais tournés, ce "Road House" est d'un tout autre acabit. Moins connu que les grands classiques du film noir, le long métrage réalisé par Jean Negulesco nous propose un suspense solide, un triangle amoureux sordide dominé par les prestations étincelantes de Richard Widmark et d'Ida Lupino.

Jefty Robbins (Richard Widmark), propriétaire au caractère instable d'un club situé dans un bled perdu près de la frontière canadienne, engage la sulfureuse Lily Stevens (Ida Lupino), une chanteuse de Chicago, malgré les protestations de Pete Morgan (Cornel Wilde), le gérant de l'établissement. Jefty n'a d'yeux que pour Lily, qui préfère exercer son pouvoir d'attraction sur Pete, au départ indifférent à ses charmes. Pete finira par y succomber et quand Lily refuse la demande en mariage de Jefty, celui-ci deviendra fou de rage. Il accouchera d'un plan pour que Pete soit accusé de vol, mais ce n'est que le début d'une spirale vers la folie destinée à faire souffrir les amoureux.

Ancré dans l'univers du film noir par les thèmes abordés, "Road House" fascine premièrement parce que le cinéaste campe l'intrigue dans un milieu naturel presque idyllique et évacue le style typique du noir au profit de longs plans séquences langoureux et d'arrières-plans hors focus qui donnent un aspect envoûtant aux vastes étendues sauvages. Le sentiment d'isolation ressenti par les protagonistes combiné à l'absence d'exutoires aux pulsions destructrices offerts dans un environnement urbain, rend cette furieuse démonstration de jalousie encore plus troublante.

Richard Widmark, un an après avoir habité le mémorable psychopathe Tommy Udo dans "Kiss of Death", joue encore une fois les vilains à perfection, apparaissant presque normal jusqu'à ce qu'il réalise que Lily ne l'aimera jamais. L'intensité contrôlée fera place à un déchaînement de bruit et de fureur qui donne froid dans le dos. Ida Lupino, dans un de ses meilleurs rôles, crève l'écran dans la peau de la femme fatale à la voix rocailleuse. Sa prestation, alors qu'elle s'assoit au piano et chante "Again", est bouleversante, reflet d'une existence difficile où cigarettes et alcool apportent un bien maigre réconfort. Pas étonnant qu'elle s'amourache de Pete, qui symbolise le rêve d'une vie normale. Cedric Holmes campe un personnage plus passif, mais demeure convaincant dans son rôle de victime.

Comme la plupart des titres de cette collection "Fox Film Noir", "Road House" bénéficie d'un très bon transfert. L'image est claire et propre, les imperfections étant réduites au minimum. Le niveau des contrastes et le rendu des noirs sont excellents et seuls quelques plans manquent un peu de définition. La piste originale mono est solide et les dialogues et la musique sont clairs et sans distorsion apparente. La présentation et les menus sont standard. Le boîtier simple, qui reproduit l'affiche du film, ne contient pas d'encart. Parmi les suppléments, on retrouve tout d'abord les historiens du film noir Kim Morgan et Eddie Muller sur une excellente piste audio de commentaires. Mélangeant sur un ton enjoué faits, analyse détaillée et anecdotes, leur propos est toujours intéressant et informatif. Ensuite, la revuette "Killer Instincts: Richard Widmark and Ida Lupino at Twentieth Century Fox", comme son nom l'indique, propose un condensé de la carrière des deux acteurs, mettant l'accent sur leur contribution au genre. Une galerie photo, du matériel promotionnel et quelques bandes-annonces (mais pas celle de "Road House") complètent les suppléments.

Amour, jalousie, vengeance. A priori, le scénario n'a rien d'original, mais la direction inspirée de Jean Negulesco et la distribution remarquable font de ce "Road House" un suspense dévastateur qui s'élève bien au dessus du simple mélodrame. Excellent.


Cotes

Film8
Présentation4
Suppléments6
Vidéo7
Audio7