The Snake Pit
Fox Studio Classics
20th Century Fox

Réalisateur: Anatole Litvak
Année: 1948
Classification: 14A
Durée: 107 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST, Mono), Français (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Albert
1er juillet 2004

Voici un des films les plus étranges, quoiqu'intrigant, de la collection "Studio Classics" de 20th Century Fox. Réalisé par l'Ukrainien Anatole Litvak, ce film se concentre sur Virginia Stuart Cunningham (Olivia de Havilland) qui se retrouve un bon matin dans un établissement psychiatrique sans se souvenir de la raison de son internement. Le gentil docteur Mark Kik (Leo Genn) l'aide à diagnostiquer la provenance de sa condition. Évidemment, c'est à cause de sa mère! Son mari Robert Cunningham (Mark Stevens) tente également de l'aider à se sortir de ce blocage mental par rapport au mariage, rien n'aide vraiment son cas.

Alors qu'elle semble se rétablir, le docteur Curtis (Howard Freeman), un zélé, veut la retourner chez eux, mais prouvera douloureusement avec son doigt qu'elle n'est pas prête. Il décide tout de même de la placer dans une aile calme dans l'institut, mais une infirmière (Helen Craig) jalouse et amoureuse du docteur Kik l'enverra dans les bas fonds de l'asile en thérapie choc avec des personnes beaucoup plus malades qu'elle. Elle y restera tout de même saine en se mettant amie avec Marty (Betsy Blair), une patiente qui ne communique pas avec les autres et tente d'étrangler quiconque la touche.

Basé sur les écrits de Mary Jane Ward, ce film jette un regard intéressant sur le traitement psychiatrique des années 40. En fait, cette écrivaine avait pour but de justement faire porter attention sur les traitements horrifiants et l'abus du personnel médical auxquels font face les patients d'un tel établissement dans leur vie quotidienne, sujet très tabou dans ces temps-là... encore pour plusieurs années, et d'actualité encore de nos jours. Je me demande jusqu'à quel point ce n'est pas encore pareil aujourd'hui même dans ses institutions, loin des regards du grand public.

J'ai bien aimé le fait que nous entendions ce que le personnage d'Olivia de Havilland pensait, ce que nous retrouvons habituellement que dans les films de détective de l'époque plutôt sous la forme de narration que de pensée. Par exemple, elle pense une chose et dit une autre pour ne pas se faire pointer du doigt. Nous voyons qu'elle est bien saine dans sa tête, mais ses réponses sont retenues par la peur. Évidemment, il est difficile de ne pas avoir peur avec des gens comme l'infirmière Davis et le docteur Curtis et les décors sombres plein de barreaux de l'établissement. C'est le film le plus réaliste quant à la maladie mentale, qui est traitée dans d'autres productions comme une réaction instantanée à un choc nerveux. Ici, le blocage et les pertes de mémoire de Virginia sont plus qu'une protection du monde extérieur qui a causé son état. Elle est désorientée et ne sait vraiment pas ce qu'elle fait là. Elle sait qu'elle est mariée, mais a du mal à croire qu'elle a un mari. Quoique son cas ne soit pas des plus compliqué, on ne nous montre pas que sa guérison est instantanée et miraculeuse comme justement dans bien d'autres films.

La musique d'Alfred Newman plane sur tout le film, même sur le logo de Fox, ce qui était rare dans ces temps-là. Elle ressort très bien sur une ou l'autre des pistes sonores. L'image en noir et blanc du film est en excellente condition mis à part quelques saletés ici et là, mais en général elle est très précise et ses tons de gris bien balancés. Le menu est nous met déjà dans une atmosphère craintive avec le visage affolé de Virginia.

Comme suppléments, l'auteur Aubrey Solomon (The Films of the 20th Century Fox) participe à une piste de commentaires sur le film avec des tonnes d'informations et de faits divers plus ou moins intéressants à propos des asiles de l'époque et des divers acteurs qui participent au film. Il y a plusieurs silences parmi ses commentaires. Cela est suivi par plusieurs newsreels à propos des différents prix obtenus par le film et ses acteurs. Le tout est complété par une galerie de photos et des bandes-annonces, incluant une pour le "Studio Classics" Three Faces Of Eve, une autre histoire sur la psychanalyse.

Ce film a été nominé pour six Oscars en 1948 pour meilleure actrice, meilleur réalisateur, meilleur film, meilleur scénario, meilleure musique et meilleur son. Ce dernier fut remis au film ce qui lui donne sa place parmi cette collection.


Cotes

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