Song of Bernadette
Fox Studio Classics
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur:
Année: 1943
Classification: NR
Durée: 159 minutes
Ratio: 1.33:1 (4:3)
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Stéréo, Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez : Amazon.ca Archambault.ca
Le livre duquel est basé ce film est disponible chez : Amazon.ca

Selon Martin Albert
11 juin 2003

Le long-métrage "Song of Bernadette" est basé sur le roman de Franz Werfel qui raconte l'histoire de Bernadette Sobirous (jouée par Jennifer Jones), une jeune fille de 14 ans qui souffre d'asthme, une maladie assez difficile en 1858. Un jour, près de la décharge publique, elle a la vision d'une belle dame toute vêtue de blanc avec une ceinture bleue et une rose d'or sur chacun de ses pieds.

Les gens du village sautent immédiatement aux conclusions qu'elle a vu la vierge Marie, mais elle n'a jamais dit cela. Le maire, le docteur, le procureur impérial et les autres officiels dans le village de Lourdes la pensent folle et la ridiculisent. Ils sont aussi inquiets, car cette histoire controversée pourrait faire en sorte que le gouvernement revienne sur son idée de faire passer le train dans leur petit village. Les religieux du coin ne la croient pas plus, surtout pas sœur Marie-Thérèse Vauzous, l'enseignante de Bernadette, car elle dit que celle-ci ne sait même pas ce qu'est la Sainte Trinité, et de plus, qu'elle est son élève la plus stupide. En fait, les gens du village commencent peu à peu à croire son histoire puisqu'elle n'est justement pas très éduquée et n'a pas une assez grande imagination pour concevoir une telle blague.

De plus en plus de gens la suivent en espérant eux aussi de voir la divinité. Mais celle-ci ne parle qu'à Bernadette. Les officiels de la ville, principalement le procureur impérial (joué par Vincent Price), décident de faire disparaître Bernadette afin que les gens ne la suivent plus. Mais les gens continuaient à se rendre à son endroit de pèlerinage. Ils essaient de lui faire avouer un mensonge, mais rien à faire… elle continue à dire la vérité!

Le scénario, qui commémorait le centième anniversaire de l'événement, est très intelligent et bien construit de façon à garder notre intérêt tout le long. C'est probablement aussi grâce à Jennifer Jones (qui joue un personnage de 14 ans alors qu'elle a elle-même 24 ans!) qui nous surprend à chaque scène par sa simplicité. La maladie de la jeune fille se ressent bien à travers la voix de la jeune actrice. Elle obtient un Oscar pour ce tout premier rôle depuis son changement de nom (elle a joué dans quelques "serials" sous son vrai nom de Phyllis Flora Isley). La cinématographie, gagnante d'un Oscar, y est aussi pour quelque chose. Malgré un ratio limité de 1.33:1, le cinématographe Arthur Miller réussit à cadrer une expérience très englobante du paysage. Ce n'est pas pour rien que celle-ci soit gagnante d'un des quatre Oscars (parmi une possibilité de douze nominations). Les autres Oscars ont été remis pour la musique d'Alfred Newman et pour la décoration intérieure.

Gladys Cooper, jouant la méchante sœur Marie-Thérèse Vauzous, réussit assez facilement à nous faire détester son personnage. La plupart des autres personnages (incluant plus de 5200 personnes!) ne sont pas très mémorables, mais ce n'était pas non plus leur but. L'importance est mise sur le personnage de Bernadette qui se retrouve dans la quasi-totalité des scènes du film.

20th Century Fox avaient prévu de sortir The Grapes of Wrath en tant que huitième élément de leur excellente série "Studio Classics". Cependant, ce dernier requière beaucoup plus de restauration que prévu et est remis à plus tard cette année. Cela ne les a pas empêchés de faire un excellent travail de restauration sur "The Song Of Bernadette" où les images, même si en noir et blanc, ressortent très précises. Seul l'occasionnel point blanc ici et là vient s'intégrer à l'image sans toutefois déranger. La piste sonore ne présente rien d'impressionnant à par le fait qu'elle est claire. Le menu du DVD quant à lui aurait pu facilement être plus beau. Le ton de brun vieillot le rend moins agréable à l'œil.

Comme tous les disques de la collection "Studio Classics", nous avons droit à des suppléments intéressants, à commencer par une piste de commentaires d'Edward Z. Epstein (auteur du livre Portrait of Jennifer: A Biography on Jennifer Jones), de John Burlingame (biographe d'Alfred Newman) et de Donald Spoto (historien). Les trois personnes semblent être enregistrées séparément, car il n'y a aucune interaction entre eux. Burlingame parle de la musique qu'il considère la meilleure à date. Spoto quant à lui parle beaucoup du caractère religieux du film et du livre de Franz Werfel. Epstein parle beaucoup de l'époque entourant le film. En général, l'information est intéressante, mais donnée sur un ton monotone.

Suite à cette "discussion", nous avons le documentaire "Jennifer Jones: Portrait of a Lady" qui avait été diffusé sur la chaîne A&E sur l'émission Biography. Edward Epstein, l'auteur Roy Mosely, son fils Robert Walker jr, Daniel Selznick (fils du producteur David Selznick), les acteurs Charlton Heston et Dennis Hopper ainsi que les actrices Sally Kellerman et Carrie Fisher nous racontent son enfance exposée au théâtre et au cinéma et sa poursuite d'un rêve qui s'enfuyait d'elle jusqu'au jour où David Selznick, un grand producteur chez 20th Century Fox, lui offrit un contrat de sept ans débutant avec le film "Song Of Bernadette" qui fut un hit incroyable auprès du public. Ils parlent aussi de son mariage avec Robert Walker et plus tard avec David Selznick, suivi de Norton Simon, ses enfants, ses tentatives de suicide, son succès et ses déceptions cinématographiques. Ce documentaire est accompagné d'extraits de ses films, d'un extrait de la remise des Oscars et de beaucoup de photos d'archives.

Comme autres suppléments, il y a un newsreel de la remise d'un prix à Jennifer Jones par les G.I. américains, une comparaison entre la restauration 2002 et le master de 1993 et des bandes-annonces du film et des DVD précédents de la collection "Studio Classics".

Visionnez ce film avec un esprit ouvert, car comme il est si bien dit par un des personnages "Pour ceux qui croient, aucune explication n'est nécessaire. Pour ceux qui ne croient pas, aucune explication n'est possible". Ce film n'est pas seulement pour ceux qui sont religieux, mais bien aussi pour ceux qui veulent voir une belle performance.


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