The Street With No Name
Fox Film Noir
20th Century Fox

Réalisateur: William Keighley
Année: 1948
Classification: NR
Durée: 91 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST, Mono), Espagnol (mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
19 juin 2005

En cette époque d'après-guerre, le contexte social a passablement changé. La Prohibition est déjà loin et le crime organisé est de plus en plus... organisé. Les syndicats du crime ont remplacé les petits truands et l'information est tout aussi, sinon plus, importante que les poings et le revolver. De plus, les progrès scientifiques enregistrés pendant l'effort de guerre ont rendu les méthodes policières passablement plus efficaces. "The Street With No Name", réalisé par William Keighley combine le style semi-documentaire, les décors naturels et l'atmosphère sombre et morose typique du film noir pour nous offrir un portrait réaliste de cette lutte au gangstérisme marquée par la technologie, bien que par moments on croirait assister à une pub faisant la promotion du FBI.

Après une série de meurtres commis pendant des vols à main armée à Center City, un suspect est arrêté, remis en liberté sous caution et aussitôt assassiné. L'inspecteur Briggs du FBI recrute alors un jeune agent nommé Gene Cordell (Mark Stevens) et lui donne pour mission d'infiltrer le monde interlope et de découvrir le responsable des meurtres. Gene Cordell devient George Manly et prend résidence dans un hôtel miteux des bas-fonds de la ville. Il fera la rencontre d'Alec Stiles (Richard Widmark), le chef névrosé et calculateur d'un gang criminel, et se joindra à sa bande, mais sa mission deviendra de plus en plus périlleuse.

Bien que le style utilisé et la narration ajoutent à l'authenticité et nous poussent à croire que le film relate un fait réel, on assiste en réalité à un drame criminel fictif en forme de partie d'échec entre la police et les gangsters. L'action se déroule donc dans une ville au nom générique de Center City, puisqu'aucun officiel d'une ville existante n'aurait voulu admettre qu'il puisse y avoir de la corruption au sein de la police. Cette corruption étant l'un des éléments récurrents du film noir tout comme l'utilisation d'éclairages contrastés qui baignent les ruelles sombres et les intérieurs enfumés. Ce "look noir" n'est par ailleurs pas uniforme ici, car plusieurs scènes/décors (le gymnase, les bureaux du FBI) paraissent trop éclairés. La réalisation de William Keighley est propre et il mène l'action rondement, avec un minimum de tape-à-l'oeil. Les scènes de chasse à l'homme étant particulièrement efficaces. Mark Stevens est un acteur potable qui réussit à bien faire ce que son rôle demande, c'est à dire se fondre dans son environnement et ne pas trop prendre de place. Richard Widmark par contre, est parfait dans la peau de Stiles, un vilain intelligent à la mèche plutôt courte, quoique sa prestation ne soit pas aussi mémorable que celle qu'il nous avait offerte dans Kiss of Death. Veuillez noter que "The Street With No Name" a fait l'objet d'un remake en 1955, House of Bamboo réalisé par Samuel Fuller qui a transposé l'intrigue au Japon.

Le transfert vidéo est probablement le moins bon des titres offerts dans la série Fox Film Noir jusqu'à présent. La qualité de l'image est acceptable et elle ne souffre pas de granularité extrême, mais il y a plusieurs taches et égratignures tout au long du film. Le niveau des contrastes est bon, mais le rendu des noirs est parfois pauvre ce qui occasionne une perte de détail lors des scènes tournées dans un environnement sombre. La piste audio en stéréo semble artificielle ce qui se traduit par un manque de focus des effets sonores et des dialogues. Celle en mono, qui concentre l'activité dans les enceintes avant, est meilleure et les dialogues et la musique sont clairs et exempts de distorsion. La présentation est standard, le boîtier simple qui utilise l'affiche du film ne contient pas d'encart et les menus sont statiques et sans accompagnement musical. Les suppléments nous offrent, encore une fois, les commentaires des historiens du cinéma Alain Silver et James Ursini, dont les propos sont toujours aussi informatifs, ainsi que la bande-annonce du film et celles de quelques autres films de la collection.

Les décors naturels et la présence de Richard Widmark font de "The Street With No Name" un docu-drame noir intéressant et divertissant, avec juste assez de suspense pour maintenir l'intérêt du spectateur jusqu'à la fin.


Cotes

Film7
Présentation3
Suppléments5
Vidéo6
Audio7