En 1957, le réalisateur Nunnally Johnson nous fait connaître dans son film "The Three Faces of Eve" la reconstitution d'une histoire vraie (une vraie histoire vraie que l'on nous dit au début du film) à propos du cas psychiatrique d'une jeune ménagère avec trois personnalités bien vivides et distinctes qui tentent de prendre le dessus sur les traits de caractère du corps qui les promènent, un cas de personnalité multiple. Les docteurs Corbett H. Thigpen et Hervey M. Cleckley ont écrit un livre sur leur expérience avec Chris Costner Sizemore, qui fut traduit en un film qui nous est maintenant offert dans la collection "Studio Classics" de Fox.
Eve White (Joanne Woodward - gagnante d'un Oscar pour ce rôle) inquiète son mari Ralph (David Wayne) avec ses nombreux maux de tête et ses pertes de mémoire, mais surtout par ses agissements très différents de ses habitudes. Elle est malheureusement mal diagnostiquée et retournée à la maison. Bientôt, ses agissements seront plus inquiétants et les docteurs Luther (Lee J. Cobb) et Day (Edwin Jerome) découvriront un cas de personnalité multiple, le premier de leur carrière. Non pas deux, mais trois personnalités tentent de faire surface et de prendre le contrôle. Eve White est molle et toujours apitoyée sur elle-même et n'était pas au courant des autres personnalités dans sa tête. Eve Black est la fille de party qui n'est qu'embêtée par la présence de Eve White et lui joue des tours depuis son enfance. Jane, la troisième (et non la moindre), est la plus stable des trois, mais a perdu la mémoire de sa venue dans le monde. Nos deux bons docteurs essaient d'arrêter la guerre entre les trois personnalités et guérir "Eve".
Ce n'est pas un film bien excitant, mais je me suis creusé la tête à essayer de trouver ce qui est vrai ou faux dans cette histoire. Je ne suis pas un psychologue et je n'ai aucune expérience avec ces cas de personnalité multiple, mais il me semble qu'il serait bizarre de pouvoir demander à la personne de parler à telle ou telle personnalité et d'avoir une réponse immédiate ainsi qu'un changement d'allure instantanée. J'ai trouvé comique aussi que la piste musicale du film change pour nous indiquer qui a l'emprise sur la personne à un moment donné. L'approche du style documentaire de ce film est rendue particulièrement par le narrateur qui est nul autre que Alistair Cooke, le fameux journaliste-reporter américain. Joanne Woodward est l'étoile du film! Sans sa personnification de Eve White / Eve Black / Jane ce film n'aurait sûrement pas eu de succès. Les autres acteurs sont bien, mais très loin d'être extraordinaires. Le seul autre acteur qui a réussi à me faire réagir est David Wayne, qui jouait le mari d'Eve qui, à mon avis, avait bien plus besoin d'un psychologue que sa femme s'il n'était pas excusé par les mentalités des années 50.
Le menu du DVD est digne des menus bizarres que nous retrouvons quelques fois sur les DVD de la collection Criterion. Trois couleurs, trois motifs que nous annoncent les trois visages du film. Le visuel du film est très bien, avec les très occasionnels points blancs et lignes noires qui ne dérangent que si nous les cherchons. Les gris sont bien balancés, malgré une impression de posterisation au début du film. L'audio n'a rien d'impressionnant, mais est très acceptable. Je l'ai trouvé un peu sourd, mais tous les dialogues sont bien compréhensibles.
Parmi les suppléments, il y a d'abord une piste de commentaires avec l'auteur Aubrey Solomon (The Films of the 20th Century Fox) qui nous donne une tonne d'informations comme il nous a habitué avec ses pistes de commentaires sur Inn Of The Sixth Happiness et The Snake Pit (de la même collection "Studio Classics"). Il parle souvent d'un film qui a été présenté aux actrices qui ont été auditionnés pour le rôle avec la vraie Chris Costner Sizemore. Il aurait été intéressant d'avoir cela sur le DVD. Au lieu de cela, nous avons des bandes-annonces et un newsreel dans lequel nous pouvons voir plusieurs personnalités (pas multiples!) se rendrent à la trentième remise des Oscars, dont Joanne Woodward et son mari Paul Newman. Disons que les discours de remerciement à cette époque étaient bien courts!
Voilà qui complète la visite de ce DVD. Si le sujet vous intéresse au-delà du film et que vous voulez savoir un peu plus de la vraie vie de Sizemore, vous pouvez lire les livres qu'elle a elle-même écrits sur sa vie, soit I'm Eve et Mind of My Own: The Women Who Was Known As "Eve" Tells the Story of Her Triumph over Multiple Personality Disorder. Vous y apprendrez qu'elle avait bien plus que trois personnalités et que le portrait fait d'elle dans le livre et film du même nom est tout à fait de la fiction! Ah ha!
| Film | 6 |
| Menu | 4 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |