Les remakes ne datent pas d'aujourd'hui. En effet, "Vicki" est la seconde adaptation du roman de Steve Fisher I Wake Up Screaming. La première, réalisée en 1942 par Bruce Humberstone, avait gardé le titre du roman et mettait en vedette Victor Mature, dans la peau du promoteur Frankie Christopher, et Betty Grable, dans son premier rôle non musical, dans celle de Jill Lynn. Doté d'un budget plus modeste, "Vicki" sans grandes vedettes, en épargnant sur les décors et en éliminant quelques scènes probablement jugées trop dispendieuses à tourner, demeure presque une copie conforme de l'original, sauf pour une variation de la scène finale. Au bout du compte, c'est un film noir marginal et sans grand intérêt.
Le promoteur Steve Christopher (Elliott Reid) est questionné par la police au sujet du meurtre de Vicki Lynn (Jean Peters). Frappé par sa beauté alors qu'elle était serveuse dans un restaurant, Steve avait décidé d'en faire une star. Il réussira, trop bien même, puisque Vicki décide de faire cavalier seul et de partir pour Hollywood. Mais à la veille de son départ, elle est assassinée. Steve devient le principal suspect et est traqué de manière obsessive par l'inspecteur Ed Cornell (Richard Boone) qui est convaincu de sa culpabilité. Une seule personne peut aider Frankie, Jill (Jeanne Crain), la soeur de Vicki, secrètement amoureuse de lui.
"Vicki" n'est pas mauvais, mais souffre de la comparaison avec son prédécesseur. Jean Peters joue la femme glamour égoïste et ambitieuse avec justesse et Jeanne Crain s'en tire mieux que Betty Grable dans le rôle de Jill, mais c'est du côté des hommes que ça se gâte. Elliott Reid n'est pas Victor Mature, pourtant un acteur au talent limité, et sa prestation est terne. Le courant entre son personnage et celui de Jill ne passe pas et ses échanges avec Max (un détective) n'ont pas le côté incisif teinté d'humour de ceux du film original. Mais le plus gros problème vient de la prestation de Richard Boone qui remplace l'immense et mystérieux Laird Cregar. Alors que Cregar dominait littéralement I Wake Up Screaming en se transformant lentement d'ombre silencieuse et inquiétante en personnage sinistre obsédé par sa quête personnelle malsaine, Boone nous apparaît plus cinglé que menaçant et son obsession le rend plus pathétique que démoniaque. Sa prestation n'est pas mauvaise, mais son personnage est mal défini. La réalisation de Horner est correcte, mais l'atmosphère tire plutôt sur le noir léger. Le mystère stylisé à l'ambiance menaçante de I Wake Up Sceaming devient ici un thriller psychologique qui rappelle un peu Laura, mais qui a du mal à convaincre.
"Vicki" jouit d'un excellent transfert en noir et blanc. L'image est claire et propre avec un minimum de taches et d'égratignures. Le niveau des contrastes et le rendu des noirs sont adéquats, même si on peut noter une légère perte de détails lors des scènes tournées dans un environnement sombre. Comme pour les autres titres de cette collection Fox Film Noir, la piste audio en stéréo semble artificielle, ce qui se traduit par un manque de focus des effets sonores et des dialogues. La piste originale mono est meilleure et les dialogues et la musique sont clairs et exempts de distorsion. La présentation est standard. Le boîtier simple, qui utilise l'affiche du film, contient un encart de quatre pages avec le chapitrage et des notes de production. Les menus sont statiques et sans accompagnement musical. Comme supplément principal, on retrouve une intéressante piste audio de commentaires, gracieuseté de l'historien du film noir Foster Hirsch. Il parle des acteurs, des aspects techniques et s'attarde sur les comparaisons avec le film original. On retrouve également quelques galeries photos et plusieurs bandes-annonces.
Film noir plutôt gris, "Vicki" n'offre que peu d'intérêt, si ce n'est que pour le plaisir de pouvoir le comparer avec le film original.
| Film | 5 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |