En septembre 2006, l'entreprise vestimentaire GAP a lancé une campagne publicitaire visant à re-populariser les pantalons collants. On nous présentait à la télévision une des nombreuses scènes de danse du film "Funny Face" sur un fond kaléidoscopique sous la pièce "Back in Black" d'AC/DC. Tout un contraste qui a rendu le message publicitaire très populaire. Malheureusement pour GAP, leurs ventes n'ont pas augmenté et cette ligne de vêtement est un désastre (c'est franchement laid à mon avis). Mais personne n'aurait pu prévoir que la popularité de l'actrice en question allait grandir. Moi j'ai toujours été un fan d'Audrey Hepburn, mais peu de gens de ma génération la connaissaient avant la diffusion de cette pub. Le film "Funny Face" a maintenant 50 ans, et quoi de mieux de sortir une nouvelle édition DVD pendant que le fer est chaud. Ne vous étonnez pas lorsque le numéro de ballet jazz au bistro branché débutera, que dans votre tête vous entendiez AC/DC chanter au lieu de la petite toune de cabaret.
"Funny Face" ("Drôle de frimousse" en français) n'est pas le film le plus plaisant pour quelqu'un qui n'aime pas les numéros musicaux. En plus, ils sont interminables, probablement près de la moitié de la durée du film. Il y a dix chansons de George et Ira Gershwin au total, dont quatre provenant du musical de Broadway de 1927 du même nom (mais loin du même sujet). Entre ces séquences, l'histoire débute avec une éditrice de magazine (Kay Thompson) qui veut mettre une nouvelle mode au goût du jour. "Out le noir, bonjour le rose". Voulant refaire les photos du magazine mois, elle part à la recherche d'endroits pour faire une session de photos, elle tombe dans une librairie philosophique où la timide, mais articulée, Jo Stockton (Audrey Hepburn). Cette éditrice est tellement égocentrique qu'elle jette littéralement l'employé à l'extérieur du commerce durant sa scéance malgré son refus de lui céder l'edroit. Cependant, le photographe Dick Avery (Fred Astaire) la remarque et décide qu'elle pourrait être le nouveau look que le magazine recherche... Mais voilà qu'il découvre qu'elle déteste le monde mercantile de la mode à un très haut degré. Il réussit à la convaincre de venir à Paris pour la session de photo, du même coup elle pourra aller discuter avec tous les philosophes qu'elle désire. Mais le film prend un virage bizarre vers les trois quarts de celui-ci alors que Jo laisse tomber ses principes pour s'enjouer de la séance de photos et de découvrir une nouvelle passion très loin de la philosophie "emphaticaliste" de son guru Émile Flostre.
Ce n'est vraiment pas mon film préféré d'Audrey Hepburn, mais tout de même bien mieux que Robin and Marian (ouch!). Détestant les musicaux, j'étais grandement soulagé de me rendre compte que très peu de lignes du scénario sont passées à travers les paroles des chansons. J'ai donc pu utiliser l'avance rapide pour sauter ceux-ci lorsque j'en avais assez (ils sont vraiment longs). Audrey Hepburn est une icône de la mode et dans ce film elle passe aux deux extrêmes de la classe, des magnifiques tenues sûrement signées Givenchy aux atroces pantalons recyclés chez GAP. Il y a aussi l'acteur en la ville de Paris qui charmera à coup sûr. Le premier quart du film est certainement une carte postale des plus beaux attraits de la ville lumière. Étant un film avec un rôle de photographe, il n'est pas étonnant que plusieurs clichés aient été produits des séquences photogéniques à la Richard Avedon (photos de modèles en mouvement) que nous voyons souvent dans les boutiques d'affiches.
"Funny Face" est disponible sur DVD depuis 1999 et, tout comme Breakfast at Tiffany's, a reçu une intéressante mise à jour du contenu et un boîtier plus rose. J'adore le changement d'image de la couverture qui fait plus "jazz" que l'affreux portait Astaire/Hepburn qui décorait la version précédente. J'aurai cependant gardé l'image de la robe rouge au dos du boîtier au lieu du nouveau montage. Les francophones apprécieront l'emballage bilingue. Le menu du DVD est tout aussi rosé. Des couleurs naturelles, un meilleur ajustement de la luminosité et par le fait même plus de détails visibles vous attendent dans ce nouveau transfert du film. Effectivement, cette nouvelle édition n'est pas seulement un ajout de nouveaux suppléments, mais aussi amélioration subtile, mais certainement appréciable. Comparativement à l'ancienne version, cette édition possède aussi des pistes sonores et des sous-titres supplémentaires, quoique le français était déjà de la partie.
Cette édition cinquantième anniversaire ne propose que deux nouveaux suppléments, le reste étant porté de la précédente édition DVD. Il y a bien sûr les bandes-annonces, la galerie de photos et une revuette sur les grands projets de Paramount au cours des années 50 (qui n'a pas plus rapport qu'il le faut avec le film). Les deux nouveautés sont très maigres dans leur contenu, mais tout de même intéressantes. "The Fashion Designer and His Muse" nous parle du talent partagé par Hubert Givenchy et Audrey Hepburn avec plein de photos d'archives et d'extraits de films, le tout commenté par deux spécialistes en la question. Dans la revuette "Parisian Dreams", l'auteur du livre "Stanley Style", Drew Casper, et le directeur de la Commission de l'Île de France, Olivier-René Veillon, nous parlent de l'impact de la ville lumière sur le film en tant que personnage. On enchaîne avec quelques notes à propos de Richard Avedon, qui dit-on était sur le plateau non seulement comme consultant pour le personnage d'Astaire, mais aussi pour travailler sur les clichés du film.
Cette histoire de Cendrillon à Paris est charmante, mais trop musicale à mon goût. Reste qu'il y a des images du film qui me resterons gravées à tout jamais dans la mémoire, dont cette descente dans les célestes escaliers du Louvre dans cette tout autant magistrale robe chiffon rouge. Si vous êtes à démarrer votre collection DVD d'Audrey Hepburn, laissez-moi vous diriger vers le nouveau coffret Audrey Hepburn DVD Collection qui comprend autant cette nouvelle version de "Funny Face", la récente version de Breakfast at Tiffany's, en plus des films Sabrina, Roman Holiday et Paris When It Sizzles, le tout dans des boîtiers minces insérés dans une beau coffret cartonné.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 7 |