Garage Days
20th Century Fox

Réalisateur: Alex Proyas
Année: 2002
Classification: 18A
Durée: 105 minutes
Ratio: 1.85:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
26 juillet 2004

Alex Proyas est un réalisateur d'origine égyptienne qui réside en Australie depuis l'âge de trois ans. Il s'est établi une réputation mondiale dans le monde du clip musical et commercial. Il réalisa dans les années 1980 plusieurs vidéoclips pour les artistes INXS, Crowded House, Fleetwood Mac et Joe Jackson en plus de signer plusieurs commerciaux pour Nike, Coca-Cola, Pepsi et American Express. Il remporta plusieurs prix prestigieux pour bon nombre de ses clips. Enfant de la nouvelle vague du cinéma australien, il eût la chance de diriger son premier film en 1994, film qui allait passer aux rangs des films cultes. Ce film s'intitule The Crow. Suivra quelques années plus tard l'intemporel Dark City et puis, tout dernièrement I, Robot. Si ces trois films sont d'un esthétisme hallucinant et s'ils sont assis sur des budgets assez solides, il y en a un quatrième fait à petit budget, diamétralement opposé aux trois autres, complètement éclaté et qui nous plonge dans le quotidien de quatre Australiens marginaux qui rêvent de devenir des "Rock Stars" et pour qui, le talent est aussi difficile à trouver que l'argent. Ce petit film étonnant s'appelle "Garage Days".

Freddy (Kick Gurry) est le chanteur d'un groupe rock à la recherche d'une occasion pour montrer de quoi sa bande est capable. Tanya (Pia Miranda) joue de la basse et est plus obnubilée par ses expériences sexuelles que par la musique. Joe (Brett Stiller) est le guitariste du groupe et vient d'une famille dont le rock est héréditaire. Lucy (Chris Sandrinna) est le batteur et pour qui la vie est un vrai laboratoire pour drogues. Bruno (Russell Dykstra) est le gérant de cette bande de joyeux illuminés et malgré son grand cœur et toute sa bonne volonté, il se trouve confronté au monde du spectacle qui est beaucoup trop complexe pour lui. On accompagne ces joyeux lurons dans leur quête au Graal qui se manifeste sous la forme d'une prestance lors d'un méga spectacle rock à Sydney.

Malgré un scénario très mince, Alex Proyas réussi tant bien que mal a soutenir l'intérêt du spectateur en utilisant diverses techniques de cinématographie telles les accélérés, la division de l'image en plusieurs sections et en nous présentant de façon caricaturale ce à quoi peut ressembler le monde sous l'influence de drogues hallucinogènes. Le film manque quand même de constance et de rythme, mais on sent vraiment que les acteurs ont un plaisir épicurien à y jouer. À noter que le propos est souvent cru et à haute teneur sexuelle.

L'image proposée est de très bonne qualité. Le transfert anamorphique contient quelques artéfacts de compression, surtout sous la forme de halos. Les couleurs sont vives et naturelles et la texture d'image est d'une fine granularité. Le détail de l'image lors des gros plans est de première. La trame sonore originale Dolby Digital 5.1 est très vivante et reproduit une grande ambiophonie. On remarque des basses très creuses ce qui donne du coffre à cette trame. L'abondante trame musicale résonne également à travers l'ensemble des enceintes et se fusionne parfaitement au mixage sonore. Les dialogues sont précis et perceptibles. Le rendu sonore des spectacles est de première et nous transporte littéralement sur place. Des sous-titres anglais, français et espagnol accompagnent cette trame et étant donné le fort accent australien qui prévaut, elles peuvent s'avérer très utiles.

Le menu du DVD est monté comme une série de clips vidéo aux saveurs psychédéliques où la musique rock est reine. Une petite capsule hallucinogène nous rappelle la sélection au menu. Ce menu est vraiment entraînant et il nous donne un aperçu de ce qui nous attend.

Les suppléments sont nombreux. La pièce de résistance est sans contredit la piste de commentaires du réalisateur. En plus de nous parler du casting, des idées derrière certaines scènes et du choix des clips musicaux, il dresse un parallèle fort intéressant entre ce film et ses autres efforts et nous apprend que c'est dans ce film qu'il a eu le plus de plaisir à travailler et à diriger. On a droit aussi à une série de scènes retranchées qui sont finalement des extensions de scènes déjà existantes et qui n'apportent pas grand choses de plus à l'histoire. La série de scènes ratées s'avère, comme à l'accoutumée, très drôle et on comprend mieux le plaisir derrière ce film. Quelques interviews avec les acteurs principaux d'une durée avoisinant les dix minutes et une revuette nous amenant dans les coulisses du film complètent ce copieux segment.

20th Century Fox nous permet de découvrir ce petit film australien sur un groupe de musique rock de petit acabit qui a un féroce appétit sur tout ce qui gravite autour du rock. Alex Proyas a habilement monté ce film et y a inséré des touches d'humour décapantes sur les propos souvent émis de façon très crue. Je vous recommande chaudement de visionner ce film qui, sans être un This is Spinal Tap nous le rappelle par moment.


Cotes

Film7
Menu8
Suppléments6
Vidéo8
Audio8