Tête d'affiche de la populaire comédie Scrubs diffusée au réseau NBC, où il incarne un médecin résidant dans un hôpital rempli d'employés et de patients aussi rigolos qu'imprévisibles, Zach Braff est probablement l'un des meilleurs jeunes acteurs évoluant présentement à la télévision. Doté d'un excellent sens du timing et doué pour la comédie physique, il possède également le talent nécessaire pour évoluer avec justesse en territoire plus dramatique. Ayant déjà écrit et réalisé plusieurs courts métrages, publicités, ainsi que le clip de la chanson thème de Scrubs, il nous arrive avec un premier long métrage très attendu, "Garden State".
Andrew Largeman (Zach Braff) travaille comme serveur dans un restaurant en attendant que sa carrière d'acteur décolle. Bourré d'antidépresseurs depuis qu'il a dix ans et ayant coupé tout contact avec sa famille depuis des années, "Large" mène une existence de zombie, déconnecté de ses émotions et du monde qui l'entoure. À la mort de sa mère, il retourne dans son patelin natal du New Jersey où il retrouve famille et amis dans un monde qui n'a guère changé depuis son départ. Alors qu'il essaie de vivre cette expérience sans ses médicaments, ses anciens camarades de classe s'évadent de la morosité environnante en se bourrant de marijuana, de cocaïne et d'exctasy. Un jour, il rencontre par hasard la jolie Sam (Nathalie Portman), une menteuse pathologique qui, contrairement à lui, est pleine de vie, énergique et émotive. En sa compagnie, "Large" essaiera de régler son passé, de reprendre contact avec ses émotions et de trouver la paix intérieure.
Scénariste, acteur et réalisateur, porter trois chapeaux pour un premier film aurait pu paraître trop ambitieux, mais quand on regarde "Garden State", on ne penserait jamais qu'il s'agit d'un film pondu par un nouveau venu. Bref, Zach Braff a un sacré talent. Utilisant un minimum de mouvements de caméra et des plans larges qui rappellent le cinéma de Hal Ashby (Harold and Maude) on voit tout de suite qu'il excelle dans la composition d'images. Il possède une finesse visuelle et un souci du détail qui font qu'en seulement quelques plans, il arrive à bien définir et à nous faire entrer rapidement dans le monde de "Large". Il s'en tire également passablement bien dans un rôle d'introverti où il doit souvent jouer en demi-teintes, bien supporté par une Nathalie Portman adorable qu'il fait bon voir dans autre chose que les Star Wars, même si elle en fait parfois un peu trop. Le film n'est cependant pas sans défauts. Le style visuel prend parfois le dessus sur la substance et la scène de la rédemption de "Large" sous la pluie salvatrice est à la limite du cliché. Mais bon, il ne faudrait pas trop faire la fine bouche puisque "Garden State" est de loin supérieur à la grande majorité des films qui atterrissent sur nos écrans.
Le film présente un transfert anamorphosé adéquat. L'image paraît un peu douce et les couleurs manquent un peu de vivacité, ce qui donne au film l'aspect d'un monde ancré dans le rêve qui lui sied plutôt bien. Les détails et les textures sont clairement visibles, mais y perdent en définition. Je n'ai noté aucune saleté, tache ou égratignure. La bande sonore se marie bien avec l'image puisqu'elle nous chatouille les oreilles tout en douceur. L'activité est concentrée dans les enceintes avant et les effets ambiophoniques se limitent aux quelques bruits d'ambiance. L'excellente trame musicale supporte à merveille l'atmosphère du film sans toutefois enterrer des dialogues toujours clairs et facilement audibles. Le menu principal est animé d'extraits du film et accompagné du thème musical.
Côté suppléments, nous avons tout d'abord droit à deux pistes de commentaires. La première, avec Zach Braff et Nathalie Portman, se veut intéressante et très enjouée puisque les deux protagonistes semblent s'entendre à merveille. Sur la seconde, Braf s'entretient avec le directeur photo Lawrence Sher, le monteur Myron Kerstein et la designer Judy Becker. Bien entendu, cette piste est la plus technique des deux et propose une foule d'informations et d'anecdotes sur divers aspects de la production. Par la suite, le documentaire "The Making of Garden State" nous amène dans les coulisses du tournage. Agrémenté de courtes entrevues avec acteurs et artisans, ce segment nous démontre que l'atmosphère qui règne lors du tournage d'un film à petit budget est beaucoup plus détendue que celle des grosses productions. Même le gars qui fournit la bouffe a son mot à dire! On retrouve également seize scènes retranchées que l'on peut visionner avec ou sans les commentaires de Braff, Sher, Kerstein et Becker, un court "blooper reel" assez amusant, un "Soundrack Promo Spot" inutile qui fait la promotion du CD de la musique du film et, finalement, la bande-annonce du film Millions de Dany Boyle que j'attends avec impatience et qui sort en salle en 2005.
Avec "Garden State", Zach Braff nous a concocté un petit film original et sympathique qui mélange adroitement humour, émotions et personnages excentriques avec un style visuel très particulier qui séduit dès le premier coup d'oeil. Ne reste plus qu'à attendre son prochain film!
| Film | 8 |
| Menu | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |