Get Shorty
Collector's Edition
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Barry Sonnenfeld
Année: 1995
Classification: 14A
Durée: 105 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DTS51), Français (DD51), Espagnol (DDST)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Thierry Lacime
27 février 2005

Avec le déploiement très important des lecteurs DVD dans le monde, toute occasion est bonne pour faire un lancement d'un nouveau titre. Mais il y en a une qui est désormais souvent retenue par les producteurs et les maisons d'édition pour ressortir d'anciens titres dans une nouvelle présentation. Il s'agit des sorties sur grand écran de suites. En voici un bel exemple avec l'édition du collectionneur de "Get Shorty", du réalisateur Brian Sonnenfeld, sorti en 1995 et apparu pour la première fois en DVD en 1997.

Cette nouvelle édition précède donc la sortie de Be Cool, le nouveau titre de 2005 de l'histoire de Chili Palmer (John Travolta), qui reprend le personnage de ce prêteur sur gages qui a décidé, dix ans plus tôt, d'investir dans le cinéma au lieu de risquer sa peau tous les jours. Et si le DVD de 1997 pouvait sembler léger en contenu (seulement des bandes-annonces et un livret), cette "Collector's Edition" en donne beaucoup plus, et sur deux disques. Les intéressés en marketing pourront remarquer une différence entre le visuel de ce DVD et celui du précédent: le personnage de Chili Palmer était à l'arrière-plan (derrière Danny deVito) alors qu'il se retrouve au premier plan sur la nouvelle pochette. Ce n'est pas pour rien puisqu'il est celui qui revient dans la suite (Danny deVito y reprend aussi son rôle, mais de moindre importance).

Replaçons-nous dans l'histoire. Chili Palmer est un prêteur sur gages qui a son bureau au fond d'une boutique de coiffeur. Il ramène beaucoup de choses au monde du cinéma, qu'il semble connaître par cœur, surtout les vieux films et même les série B. Il a dans les pattes un "collègue", Ray Barboni (Dennis Farina) qui se prend pour un chef et dont les méthodes ne sont pas aussi douces que celles de Palmer. Un jour, ce dernier découvre qu'un "client" supposé mort dans un accident d'avion, avait en fait survécu et flambait l'argent de l'assurance dans les casinos de Las Vegas. Mais en cherchant à retracer ce client, Palmer se retrouve à Hollywood, son lieu sacré, amateur de cinéma qu'il est. Il doit en fait y retrouver un producteur de séries B, Harry Zimm (Gene Hackman), qui doit une belle somme d'argent à Vegas. De fil en aiguille, et surtout après avoir rencontré la belle actrice Karen Flores (Rene Russo), il décide de s'investir plus à fond dans la production cinématographique et, pourquoi pas, de porter à l'écran l'histoire rocambolesque qu'il est justement en train de vivre.

Il est facile de faire une petite assimilation avec Pulp Fiction, sorti l'année précédente. Pourtant, "Get Shorty" se veut plus une comédie, même si Quentin Tarantino avait été pressenti pour le réaliser. Les dialogues sont ici aussi savoureux et certains plans vont rester dans livres de cinéma, telle cette montée des marches de John Travolta, dans le restaurant où il va mettre une "gentille" correction au garde du corps de Catlet (DelRoy Lindo), Bear, joué par un James Gandolfini (The Sopranos) montant.

Le film est construit à partir d'un roman d'Elmore Leonard, qui a aussi écrit la suite, Be Cool, mais aussi un excellent film de Tarantino, Jackie Brown qui peut, par moments, nous rappeler "Get Shorty". D'ailleurs, la ressemblance avec ce film ne s'arrête pas là puisque le boîtier du DVD comporte lui aussi de faux trous de balles (utilisant ici le centre de chaque disque), exactement comme avec le boîtier de Jackie Brown, même si nous n'avons pas à faire au même studio. Puisque nous parlons du boîtier, et outre ces élégants trous dans le carton, nous avons aussi, comme dans le premier tirage, un petit livret de huit pages reprenant des images du film et des citations reprisent de magazines ou de journaux à l'époque de la sortie du film, en 1995. Le tout se range dans un fourreau avec donc le nouveau visuel que je signalais plus tôt.

Présentés dans un ensemble de deux disques, nous trouvons sur le premier le film accompagné de pas moins de quatre pistes sonores. L'image est très belle, mais je la trouve légèrement trop sombre. De plus, les couleurs tirent souvent sur l'ocre. Les plans, souvent en mouvements panoramiques, donnent de belles vues sur les décors et les paysages d'Hollywood. Revenons sur les quatre pistes sonores qui nous donnent un bel éventail de choix, malheureusement affaibli par l'impossibilité de passer d'une langue à l'autre en cours de lecture. Les choix musicaux, excellents et parfaitement adaptés, rehaussent grandement l'ensemble. Sans oublier un choix tout aussi grand de sous-titres. Les menus, animés, interactifs et sonores reprennent la thématique du cinéma avec une bande de film diffusant des extraits.

Les suppléments sont principalement sur le second disque. Mais sur le premier, on trouve la piste de commentaires du réalisateur Barry Sonnenfeld. Il suit les scènes montrées et nous donne de nombreuses anecdotes de tournage, de situations (ainsi, toutes les scènes ont été tournées en Californie, malgré des lieux désignés comme Miami ou New York). Même si nous aurions aimé avoir d'autres points de vue, celui des acteurs, cette piste est très instructive et surtout facile à suivre. À noter la scène où Hackman et Travolta sont dans une voiture et où Sonnenfeld explique la grande difficulté de filmer cette scène (et nous nous en rendons compte avec les reflets indésirables et les erreurs de continuité).

Sur le deuxième disque, nous trouvons plusieurs types de documents, réunis dans une sorte d'uniques documents avec des chapitres. Nous commençons par "Get Shorty: Look at Me" et "Get Shorty: Wiseguys and Dolls", deux documentaires de production formant en fait un seul et même document d'une durée d'environ 45 minutes. À l'aide de nombreuses scènes derrière la caméra, d'entretiens de l'époque du tournage, mais aussi pour la plupart, de récents entretiens avec les acteurs, l'auteur Elmore Leonard et le réalisateur, on y met l'emphase sur l'histoire, les différentes attitudes des personnages, des histoires de chacun d'eux avec là aussi de nombreuses anecdotes. Puis dans "The Graveyard Scene" et "Deleted Graveyard Scene", nous découvrons le tournage et la scène finale d'une partie du film qui n'a finalement pas été insérée dans le montage final. On y voit Chili Palmer qui vient sur un plateau de tournage d'un film produit par Harry Zimm et réalisé par un jeune réalisateur débutant, joué par Ben Stiller. Sonnenfeld y explique pourquoi la scène n'a pas été rajoutée.

Poursuivons avec le segment "Going Again!" qui nous montre plus en détail comment une scène peut parfois devenir un vrai casse-tête autant pour le réalisateur que pour les acteurs. La scène choisie est celle où Chili et Karen rendent visite à Martin Weir (Danny deVito) pour le convaincre de participer au film. Mais tout ne va pas toujours très bien. Bien entendu, deVito en profite pour en faire un peu plus que prévu alors que Travolta reste plutôt sobre. Amusant. Ce que j'ai trouvé un peu moins amusant, même si normalement ce doit l'être, c'est le "Get Shorty Party Reel", composé de plusieurs scènes ratées. D'une qualité d'images très mauvaise, on y voit de minuscules extraits, pour la plupart, pris lors des mises en place des plans, du maquillage, des "claps", etc. Rien de bien intéressant là-dedans, surtout présenté ainsi. Bof. Cette édition de "Get Shorty" ne saurait être complète sans un petit placement pour le nouveau film Be Cool. Dans un documentaire promotionnel d'une dizaine de minutes, on retrouve les protagonistes de la nouvelle production. Purement commercial.

Nous arrivons à la partie qui pourrait être la plus intéressante de toutes de ces suppléments. La reprise de l'émission "Page to Screen", présentée par l'acteur Peter Gallagher. À partir de l'œuvre d'Elmore Leonard, on y voit les différences entre l'œuvre et le film, on y découvre le visage du vrai Chili Palmer (qui est aussi figurant dans le film), le travail de Leonard et des autres responsables du film. Loin des documentaires trop commerciaux. Sans oublier la réplique "Look at Me!". On termine cette partie suppléments avec un diaporama de photos de tournage et la bande-annonce originale (où on remarque par ailleurs plusieurs extraits pris dans la scène supprimée du cimetière).

Le film comporte de nombreuses allusions au monde du cinéma hollywoodien, que ce soit dans les textes (savoureux pour la plupart) ou dans les images. Ainsi, apparaissent furtivement Barry Sonnenfeld lui-même, mais aussi Harvey Keitel et Alex Rocco (habitués aux films de gangsters), Penny Marshall ou encore Bette Middler (qui a bien un personnage "parlé", mais qui n'apparaît pas au générique).

Une excellente comédie, où on ne rit pas à gorge déployée, mais où la subtilité a une grande place. Un scénario aux petits oignons et une pléiade d'acteurs de grande renommée. Que demander de plus pour passer un très bon moment. Une nouvelle édition, qui sans tout casser, remplit les nombreux trous laissés par la précédente. À posséder.


Cotes

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