Giallo
Entertainment One / Hannibal Films

Réalisateur: Dario Argento
Année: 2009
Classification: 18A
Durée: 92 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 774212000973

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
9 novembre 2010

Le mythique cinéaste italien Dario Argento paye un hommage... à son propre cinéma dans "Giallo". C'est bien beau de vouloir revisiter le passé, mais cela ne sert pas à grand-chose s'il n'y a rien de nouveau qui en ressort.

Un mystérieux assassin agit dans l'ombre en toute impunité. Puisque sa sœur vient de se faire kidnapper, Linda (Emmanuelle Seigner) demande de l'aide à l'énigmatique inspecteur Enzo (Adrien Brody). Ensemble ils cherchent des indices afin de retrouver la victime avant qu'il ne soit trop tard.

"Giallo" signifie "jaune" (le pseudonyme du tueur de ce le long-métrage), mais également un style littéraire très populaire jusque dans les années 1960 où on y mélangeait intrigue policière, éléments horrifiques, meurtres sanglants et suspense haletant. Dario Argento a longuement exploré ce genre à travers ses premiers récits, et après un long passage à vide qui a pratiquement duré deux décennies, le voilà qui décide de payer un hommage à ce terme qui a fait sa renommée.

Sauf que depuis le début des années 1970, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. De nombreux réalisateurs ont repris tous ces éléments, qui sont pratiquement devenus des clichés ambulants. Au lieu de les renouveler, monsieur Suspiria les reconduit tout simplement à travers une série B assez rudimentaire, peuplée de dialogues risibles et de personnages plus ou moins bien développés. Sans doute que l'hémoglobine coule à flot et que quelques séances bien démonstratives feront détourner le regard (comme cette fin, assez efficace). Malheureusement, l'intrigue manque de nerf et de consistance, alors qu'Adrien Brody et Emmanuelle Seigner sont coincés dans des entités bidimensionnelles.

La superbe partition musicale de Marco Werba évoque les compositions des ouvrages d'Alfred Hitchcock et de Brian De Palma. Le violon mélodique est dans le tapis, prêt à tout détruire sur son passage. Ces cordes développent une atmosphère suffocante, qui est appuyée par les efficaces pistes sonores en Dolby Digital 5.1 qui arrosent les enceintes de bruits de voix, de pluie et d'éclairs. Les dialogues sont clairs, le doublage français tout à fait potable, et il y a d'intéressants sous-titres jaunes en bonus. Dommage que ce soin fasse défaut au niveau des aspects vidéo. L'image croule sous le grain, les contrastes trop sombres et les couleurs qui manquent d'éclat. Quelques teintes séduisantes finissent par apparaître, mais il est finalement trop peu trop tard pour sauver la mise.

La pochette est plutôt banale, montrant les deux comédiens courir devant un fond noir et rouge qui correspond à une empreinte. Le menu principal du disque s'approprie ce canevas statique et sans musique. Les suppléments déçoivent amèrement, se limitant à une bande-annonce et une série de publicités.

La rumeur court qu'Adrian Brody a tellement détesté le résultat final (et qu'il n'avait pas été payé en conséquence) qu'il a tenté d'empêcher la sortie de "Giallo" en DVD aux États-Unis (le Canada n'était pas touché par cette requête). Il n'y est pas parvenu et l'association tant espérée avec le grand maître Dario Argento tourne littéralement au cauchemar. Comment autant de talent peut donner un produit aussi ordinaire, qui sabote son potentiel pour offrir quelque chose de terne, d'ennuyant et de sans envergure? Mystère. Les amateurs de l'acteur, de climat étrange et de sang voudront sans doute attraper le beaucoup plus satisfaisant Splice.


Cotes

Film4
Présentation2
Suppléments1
Vidéo5
Audio7