"Look At Me, I'm Sandra Dee"... tout le monde a entendu ces paroles dans Grease, mais seule la génération précédente à la mienne avait compris de quoi il s'agissait. Les plus jeunes, même les moins jeunes de ma génération, ne l'ont pas connue. Quoi de mieux que de s'introduire dans le monde de l'ultra "cucu" de Gidget pour mieux la connaître. Cette série de plusieurs films, dont trois au cinéma qui sont présentés dans cette collection, faisait partie des idoles d'adolescents d'une époque qui se détachait des mœurs des années 50 de leurs parents. Le personnage de Gidget n'est pas différente des adolescents d'aujourd'hui, bien sûr comparée à son époque. Vous savez, ceux qui disent que leurs parents ne les comprennent pas!
Pour en revenir à Sandra Dee, elle prend le rôle titre dans le premier film de cette collection (chaque film introduisant d'autres acteurs qui ressemblent un peu à s'y méprendre aux originaux). Dans ce premier long-métrage, Frances Lawrence découvre le surf, reçoit son surnom de Gidget (Girl-Midget) et se tient avec les garçons, sans toutefois comprendre ces derniers. Elle dit ne pas être intéressée, mais un garçon du nom de Moondoggie (James Darren) attrape son regard. Lui aussi dit ne pas être intéressé... ou serait-ce le contraire pour tous les deux? Les parents de Gidget essaient de lui donner confiance en elle, mais ils ne veulent pas vraiment que leur fille sorte avec un bum de plage. "Le fils de mon ami riche serait bien mieux pour toi" de lui dire son père. Mais la maman de Gidget a le dernier mot en lui faisant lire l'affiche dans sa chambre: "Être une vraie femme est de faire ressortir le meilleur d'un homme". Ouch! Gidget fera un pas de plus vers sa future vie de femme au foyer lorsqu'elle deviendra "steady" avec Moondoggie.
Sandra Dee était au sommet de sa carrière qui s'est mise à descendre quelques films après celui-ci. L'acteur Cliff Robertson joue dans ce film le rôle d'un bum de plage du nom de Big Kahuna qui fera changer les idées de Gidget à propos des hommes en jouant un jeu ridicule avec elle, le même genre de jeux à ne pas tout dire la vérité qu'elle jouera dans les autres films. Personnellement, j'ai trouvé ce film assez ennuyant, mais avec un petit côté "cool". Il ne se passe pas grand chose dans le film (de là l'ennui), mais il représente bien son époque, ce qui le rend intéressant. Je n'hésiterais pas une seconde à le réécouter... même si je le trouve "plate". Les scènes de plage sont amusantes alors que nous voyons des surfeurs au loin et que les acteurs sont de toute évidence surimposés sur un écran faisant semblant de tenir l'équilibre sur leur planche! Le réalisme n'était pas très important à cette époque. Au minimum, une simple correction de couleur aurait suffi pour camoufler cela un peu.
Dans la suite, "Gidget Goes Hawaiian", nous retrouvons Deborah Walley dans le rôle de Gidget et James Darren dans celui de Moondoggie. La famille Lawrence part en vacances à Hawaii, mais Gidget ne veut pas laisser Moondoggie tout seul. Cependant, celui-ci lui dit de ne pas manquer sa chance d'aller surfer là-bas, elle de comprendre qu'elle n'est pas si importante pour lui. Elle part donc le cœur gros et n'a pas de fun en vacances. Les gars lui tournent autour quand même, surtout Eddie Horner (Michael Callan), un acteur qui s'aime beaucoup. Papa Lawrence, qui ne peut voir sa fille avoir tant de chagrin, fait des pieds et des mains pour faire venir Moondoggie à Hawaii, ce dernier trouvant Gidget en train de se faire embrasser par Eddie. Comme si ce n'était pas assez, Abby Stewart, une fille qui voyage avec elle, est extrêmement jalouse de la situation et invente un potin afin de nuire à la réputation de celle qui lui vole son temps de gloire.
Dans "Gidget Goes To Rome", Gidget (Cindy Carol) s'en va en voyage avec ses amis, bien sûr à Rome, mais ses parents s'y objectaient jusqu'à ce que ces amis leur disent qu'il y avait un chaperon qui les accompagnait... s'ils avaient su que c'était Albertina Blythe (Jessie Royce Landis), peut-être que la permission n'aurait pas été accordée! Papa Lawrence (cette fois-ci Don Porter qui reprendra quelques années plus tard ce même rôle à la télévision) ne prend pas de chance et demande à son ami Paolo Cellini (Cesare Danova) de jeter un coup d'œil sur elle, incognito. Celui-ci ira raconter une histoire folle à Gidget qui tombera sous son charme à son insu, puisque cela est vraiment loin de son but. De son côté, Moondoggie tombe sous le charme de leur guide Daniela (Danielle De Metz) et la demandera en mariage. Gidget, jalouse, tentera de même avec Paolo, trop vieux pour elle.
Ces deux derniers films ont plus de matière quant au scénario et leur part de comédie semi-sérieuse. Les scènes récurrentes à Rome où Gidget se retrouve au poste de la police italienne peuvent former un sourire dans votre visage, mais pas plus. Gidget n'est pas la fille la plus intelligente / sensée du groupe et la plupart des situations sont comiques à cet égard. J'ai trouvé pas mal bizarre d'avoir des acteurs différents dans chaque film pour interpréter les mêmes rôles. Il y a eu au total huit incarnations de Gidget au cinéma et à la télévision, dont une série 1965-66 avec Sally Field! Seul James Darren (Moondoggie) a le même rôle dans les trois films. En le voyant, vous vous direz sûrement que vous connaissez cet acteur. En effet, il a joué beaucoup de rôle dans les téléséries, allant de S.W.A.T. à Fantasy Island en passant par Hawaii Five-O et même Star Trek: Deep Space Nine dans le rôle du chanteur holographique Vic Fontaine!
Encore une fois, Columbia nous offre des films en version coupée pour plaire aux amants du plein écran. J'ai la confirmation que le film original a été tourné dans le ratio 2.35:1, ce qui expliquerait les scènes de surf qui me semblent anormalement coincées (C'est certain, car il manque le 2/3 de l'image!). De plus, les crédits du début et de la fin sont en letterbox, prouvant d'ailleurs le format 2.35:1 de ma confirmation. Pour les deux autres films, je ne serais pas bien étonné qu'ils aient été quant à eux tournés en format plein écran. Les couleurs du premier film sont un peu délavées, surtout dans les scènes de surf. L'image est granuleuse dans les trois films en diminuant de l'un à l'autre et tous trois contiennent quelques points blancs ici et là. Le son des trois présentations est bien, ni mauvais, ni excitant. Aucun supplément à bord mis à part des bandes-annonces de films romantiques.
Gidget est un certain monument historique des adolescents. Dans ces films, les jeunes filles ont pour but de se marier pour plaire à son homme (lire ménagère) et avoir des enfants. Une épingle de collège de leur chum leur faisait autant d'effet qu'une demande en mariage, ils devenaient "steady". Aujourd'hui, ce n'est plus pareil.... Hey! Ce n'est même plus comme c'était dans mes années de collège qui ne sont pas très loin d'ailleurs!
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