The Godfather 2 & 3
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Francis Ford Coppola
Année: 1974 / 1990
Classification: 14A
Durée: 200 / 170 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 30 / 25
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + DVD-5) / 1 (DVD-9)

Le DVD "Godfather II" est disponible chez: Amazon.ca
Le DVD "Godfather III" est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
11 juin 2005

Le deuxième volet de la saga de la famille Corleone est considéré avec raison comme étant la meilleure suite jamais réalisée. Le mot "suite" étant ici inapproprié puisque le film est à la fois un prologue et une continuation de l'histoire, qui explorent l'enfance et la montée du jeune Vito dans les rangs du crime organisé, ainsi que le déclin moral de Michael et le prix à payer pour le pouvoir. Brillamment interprétés par Robert De Niro, préféré à Marlon Brando, et Al Pacino, et entourés d'une distribution exemplaire, ces personnages plus grands que nature animent cette fresque grandiose réalisée de main de maître par Francis Ford Coppola.

Dans les années 1950, Michael Corleone tente d'étendre ses activités criminelles à des endroits comme Las Vegas, Hollywood et même Cuba. Il fait cependant face à de nombreux problèmes, car il soupçonne son frère aîné Fredo (John Cazale) d'avoir trahi la famille et doit composer avec deux chefs du crime organisé qui constituent une menace réelle. De plus, il prendra ses distances envers sa femme Kay (Diane Keaton) et quelques-uns de ses plus proches collaborateurs, dont son frère adoptif Tom (Robert Duvall). Parallèlement, le film nous offre un aperçu de la vie du jeune Vito Corleone, dont les parents et le frère ont été assassinés en Sicile au début du 20e siècle, et qui a par la suite immigré à New York. C'est là qu'il s'initie au gangstérisme et finira par créer son propre empire du crime, qui grandira pour devenir celui dépeint dans le film original.

Quand The Godfather atterrit sur les écrans en 1972, il devint un classique instantané. En prenant la décision de tourner une suite, Coppola était confronté au défi quasi impossible de réaliser un film aussi fascinant et exaltant que son prédécesseur. Il réussit avec brio puisque "The Godfather: Part II" récolta six Oscars en 1974, dont celui du meilleur film, et que beaucoup le considèrent aujourd'hui comme étant supérieur à l'original. En effet, tous les éléments s'intègrent ici de façon magistrale pour nous offrir un véritable chef-d'oeuvre: la musique envoûtante de Nino Rota et Carmine Coppola, la richesse de la cinématographie parfois sombre et parfois lumineuse de Gordon Willis, le scénario de Mario Puzo et de Francis Ford Coppola qui intègre admirablement les retours en arrière sans confondre le spectateur en leur offrant juste assez d'informations pour soutenir l'intérêt, la solide distribution d'ensemble dominée par Pacino, mais où brillent également De Niro, John Cazale, Talia Shire, Michael Gazzo et Lee Strasberg, co-fondateur du célèbre Actors Studio que Coppola a persuadé de sortir de sa retraite pour incarner le gangster Hyman Roth, et finalement, la réalisation magique de Coppola, qui imprègne à son film une vision d'artiste en pleine possession de ses moyens. Le film fait 200 minutes et on ne s'ennuie pas une seconde. Du grand art.

Le film est réparti sur deux disques et il s'agit de la même édition offerte il y a quelque temps dans le coffret The Godfather DVD Collection. Puisque le piteux état dans lequel se trouvait la pellicule originale des trois films est de notoriété publique, on ne peut qu'être impressionné par la qualité du transfert. L'image, même si elle apparaît un peu sombre par moments, est claire et détaillée, et exempte d'artefacts dus à la compression. Quelques scènes offrent une image un peu granuleuse, mais les taches, poussières et égratignures ont été nettoyées et ont presque complètement disparu. La remasterisation du son, supervisée par Coppola, a également un impact considérable sur la trame sonore. La musique est enveloppante, les dialogues sont clairs et sans distorsion, et même les enceintes arrière se font entendre pour appuyer certaines scènes et pour supporter l'ambiance générale. Il ne s'agit pas d'une piste de référence, mais de travail bien fait. La présentation est standard et le boîtier double-disque ne contient qu'un encart publicitaire faisant la promotion du jeu vidéo "The Godfather". Les menus sont simples et proposent quelques scènes du film, accompagnées de musique. Comme seul supplément, on retrouve une piste audio commentaire avec le réalisateur Francis Ford Coppola, certainement l'une des meilleures qu'il m'ait été donné d'entendre. Il nous parle de sa vision avec la clarté et l'humilité d'un grand artiste et aborde en profondeur sa collaboration avec son co-scénariste Mario Puzo, et avec les nombreux acteurs et artisans ayant travaillé sur le projet. Il trace des parallèles entre le film et sa propre famille et discute même de ses projets futurs. L'écoute de cette piste audio, comme celles des deux autres films d'ailleurs, fera les délices des cinéphiles.

Que dire de plus sinon que "The Godfather: Part II" est un grand film et qu'il devrait trôner, en compagnie des deux autres films de la trilogie, dans la collection de tout amateur de cinéma qui se respecte.


Cotes

Film9
Présentation4
Suppléments6
Vidéo7
Audio8


Plusieurs croyaient que la saga de la famille Corleone était terminée en 1974, car même Francis Ford Coppola avait déclaré qu'il était peu probable qu'un troisième volet se réalise. Pourtant, quelque 16 ans plus tard en 1990, "The Godfather: Part III" atterrit sur les écrans avec un succès mitigé. Le film reçut sept nominations aux Oscars (il n'en gagna aucun), mais fut accueilli avec indifférence par la critique et boudé par le public. Pour les fanatiques de la série, il s'agissait d'une abomination qui venait jeter de l'ombre sur les deux premiers films et ne méritait pas sa place à leur côté. Avec un peu de recul, on peut constater que malgré quelques problèmes qui placent "The Godfather: Part III" un cran au-dessous de ses prédécesseurs, celui-ci demeure un très bon film.

Avançant en âge, Michael Corleone (Al Pacino) tente de quitter le monde du gangstérisme et d'apporter un peu de légitimité à l'empire qu'il a créé, mais se voit confronté aux ambitions d'une jeune génération de gangsters avides de pouvoir. À la tête d'une fondation à caractère philanthropique, il essaiera de lier les intérêts de sa famille aux finances du Vatican, mais s'apercevra que la corruption existe en dehors du monde criminalisé, et que la ligne est mince entre les deux réalités. Se voyant de nouveau pris dans l'engrenage de la violence et des conspirations, il prendra son jeune et ambitieux neveu Vincent Mancini (Andy Garcia) sous son aile, mais ne verra pas d'un bon oeil le fait qu'il fréquente sa fille Mary (Sofia Coppola). La voie de la rédemption devra attendre et Michael fera tout pour protéger sa famille.

Ce troisième opus est avant tout un film sur la quête de rédemption et de pardon de Michael Corleone, qui va se rendre compte rapidement que ce monde en apparence plus noble et pur auquel il tente d'accéder est tout aussi infect et corrompu que celui qu'il essaie de quitter. Al Pacino est toujours aussi convaincant et la prestation d'Andy Garcia est excellente, mais la distribution d'ensemble n'est pas aussi solide que celle des films précédents. Sofia Coppola, la fille du réalisateur, est particulièrement mauvaise dans le rôle de Mary et on ne retrouve pas tous ces personnages secondaires forts qui ont marqué les deux premiers films. L'autre problème majeur se situe au niveau d'un scénario inutilement complexe, qui évacue les moments intimes et l'étude minutieuse du monde de la mafia qui faisaient la force des films antérieurs, pour explorer de vastes conspirations au sein de l'Église catholique. Les éléments techniques, tels la musique de Nino Rota et Carmine Coppola, la cinématographie de Gordon Willis et la réalisation de Francis Ford Coppola demeurent impressionants, mais n'arrivent pas à faire oublier les failles ci-haut mentionnées. Le film nous offre tout de même quelques moments de grâce, en particulier la très longue scène finale à l'opéra, véritable pièce d'anthologie.

La présentation vidéo est identique à celle que l'on retrouvait sur l'édition incluse dans le coffret The Godfather DVD Collection. L'image est souvent granuleuse et un peu sombre, mais demeure claire et exempte d'artefacts dus à la compression. Le niveau des détails et des contrastes est bon, et les taches, poussières et égratignures n'apparaissent qu'occasionnellement. Par contre, puisque ce film ne date tout de même que de 1990, on aurait été en droit de s'attendre à un transfert de meilleure qualité. La bande sonore remasterisée en Dolby Digital 5.1 est efficace bien que l'activité soit concentrée dans les enceintes avant. Elle apporte du dynamisme aux scènes d'action alors que les enceintes arrière se mettent de la partie. La musique est enveloppante et les dialogues sont toujours clairs et facilement audibles. La présentation est standard et le boîtier simple ne contient qu'un encart publicitaire faisant la promotion du jeu vidéo "The Godfather". Les menus sont faciles à naviguer et proposent quelques scènes du film, accompagnées de musique. Comme seul supplément, on retrouve une excellente piste audio commentaire avec le réalisateur Francis Ford Coppola qui discute avec passion et en détail, de tous les aspects reliés de près ou de loin à la production. L'écoute de cette piste réjouira tous les cinéphiles.

"The Godfather: Part III" supporte mal la comparaison avec ses prédécesseurs, mais ne mérite certainement pas la mauvaise réputation qui lui a longtemps collé à la peau. Il constitue une fin honorable à la saga de la famille Corleone et nécessite à tout le moins une location.


Cotes

Film7
Présentation4
Suppléments6
Vidéo7
Audio8