Going Under
Unrated Version
Blue Underground

Réalisateur: Eric Werthman
Année: 2004
Classification: NR
Durée: 98 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
8 juillet 2007

En s'attaquant au magnifique univers du sado-masochiste, "Going Under" aurait pu explorer une sous culture marginalisée et montrer réellement ce qui en découle. C'était peut-être trop demander au réalisateur Eric Werthman qui préfère titiller en superposant une narration prétentieuse à des corps endoloris.

Peter (Roger Rees) est un psychiatre marié. Il aime bien se faire dominer par la mystérieuse professionnelle Suzanne (Geno Lechner). Ces deux adultes consentants décident de se voir à l'extérieur de leur nid fantaisiste pour parler et affronter la réalité. Cette décision risque toutefois de changer leurs relations futures et immédiates.

Les films qui traitent de domination, de sado-masochisme, de fétichisme et de perversité sont rares. Soit l'œuvre érotique verse allègrement dans la pornographie ou soit, au contraire, le tout se veut bien chaste et inoffensif. Une catégorie qui décrit parfaitement ce "Going Under" qui ne peut qu'ultimement décevoir. Autant les sujets sont intéressants, autant ils sont rarement abordés de front. Quelques scènes ne s'adressent pas aux âmes sensibles, mais dans l'ensemble, très peu de nouvelles choses ressortent au tournant. Pour expliquer ces comportements, des ellipses temporelles vers l'enfance sont proposées un peu lourdement.

Si le synopsis peut rappeler le magnifique Intimacy de Patrice Chéreau, le traitement de l'histoire est loin d'être à la hauteur. Dans une mise en scène verbeuse où les deux protagonistes cumulent les dialogues narcissiques et prétentieux, il ne se passe pas grand chose de concret. De l'attachement, de la dépendance, et lorsque le tout n'est plus mutuel, des ennuis suivront à l'horizon. Les comédiens s'investissent cependant totalement dans l'exercice. En vieux loup déchu, Roger Rees attire aisément la sympathie. Son magnétisme n'arrive pourtant pas à éclipser Geno Lechner, une beauté unique qui a tôt fait d'attirer tous les regards.

De leur côté, les éclairages s'avèrent jolis. Les teintes variées utilisent une grande palette de couleurs et quelques tons comme le rouge ressortent aisément. LLa solidité des contrastes n'est cependant pas impeccable, alors que de la peau trop blanche peut ressortir à quelques occasions. Même constat pour ces détails pertinents qui, dans les scènes plus sombres, peuvent laisser apparaître du grain. La qualité des deux pistes audio anglophones est indéniable, sans plus. Les différents haut-parleurs relayent la musique, des sonneries de téléphone et le bruit de circulation sans transformer le tout en Satyricon sonore. La musique atmosphérique explore plusieurs genres, que ça soit le suspense (des cordes), le drame (du piano) et l'action (une pièce dansante). Les voix s'entendent sans problème, une nécessité vue l'absence du moindre sous-titre.

Le boîtier attire rapidement l'attention. Un homme se fait attacher les mains par une dominatrice vêtue de cuir. Le menu principal du DVD fait défiler trois photographies statiques sur un tube de bar ou de discothèque. Les suppléments débutent par une piste de commentaires un peu trop précieuse de Werthman et de Rees. Les deux hommes racontent ce qui se déroule à l'écran en expliquant les scènes plus délicates et les sujets chauds. Ces individus savent se taire aux bons moments, mais attention à la suffisance. Il y a également des entrevues avec les deux principaux interprètes qui parlent de leurs personnages et de leurs rapports ensemble. Encore une fois, entendre une Geno Lechner remettre en question sa participation à l'acclamé Schindler's List à cause de son rôle secondaire fait sourciller. Cela demeure néanmoins instructif. Sans doute plus que ce reportage vantant le bal Black & Blue de New York, une véritable publicité voyeuriste qui n'explique aucun des enjeux présents. Le tout se termine par deux bandes-annonces et des réflexions académiques de la psychologue Marta Helliesen qui peuvent être lues seulement sur l'ordinateur.

Lent, maniéré et tournant parfois à vide, "Going Under" aurait fait des flammèches dans les mains nettement plus expérimentées et fascinantes d'un Wonk Kar-wai. Ici, l'entourloupe est flagrante, car il n'y a rien d'érotisant, d'excitant ou d'intéressant à se mettre sous la dent. Reste le duo électrisant formé de Roger Rees et de Geno Lechner. C'est bien peu.


Cotes

Film4
Présentation5
Suppléments4
Vidéo7
Audio7