GoodFellas
Warner Home Video

Réalisateur: Martin Scorsese
Année: 1990
Classification: 18A
Durée: 145 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 47
Nombre de disques: 2 (1 DVD-9 + 1 DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon François Langevin
17 août 2004

New York, communément appelée "Big Apple" en référence au fruit défendu et aux plaisirs à y mordre, a été le théâtre de nombreux films au cours des années. Certains réalisateurs ont même tellement filmé dans les rues de cette ville qu'ils en sont devenus indissociables. On a qu'à penser aux Woody Allen Manhattan, Spike Lee Do The Right Thing et à Martin Scorcese Taxi Driver qui à leur façon ont dressé des portraits évocateurs de cette ville et qui s'en sont inspirés pour construire des films qui appartiennent maintenant aux rangs des grands classiques du 7e art. En 1990, Martin Scorcese allait dépeindre la vie d'un groupe de malfrats sur une période de plus de trente ans dans les rues de New York, film qui allait devenir un des plus grands de son époque et qui est considéré comme un chef-d'œuvre du genre au même titre que les deux premiers chapitres de The Godfather.

Basé sur une histoire vraie, "Goodfellas" raconte la vie de Henry Hill (Ray Liotta), jeune Irlandais qui commença à travailler, à l'âge de 11 ans, pour une bande d'affranchis dirigée par Paul Cicero (Paul Servino) au milieu des années 1950. Frayant son chemin dans cet univers en marge des lois, il se lia d'amitié pour Jimmy Conway (Robert DeNiro) et Tommy DeVito (Joe Pesci) avec lesquels il allait goûter aux folies de ce monde en marge de la société.

Si The Godfather réussissait à dépeindre la vie dans les hautes sphères du crime organisé et de nous imprégner des valeurs et traditions de ce monde parallèle, "Goodfellas" réussit à illustrer de remarquable façon le fonctionnement, les valeurs et principes de la petite mafia, celle de la rue, qui comme la grande sait très bien s'organiser et qui est assujettie aux mêmes règles du milieu. Scorcese réussit ce tour de force en utilisant différentes techniques de cinématographie comme les longs plans, l'arrêt sur image et une narration d'enfer. La monumentale première séquence du film nous annonce le caractère cruel du monde interlope et nous cloue littéralement sur notre siège. Nous restons accrochés à cet hameçon de 145 minutes qu'est "Goodfellas" en regardant défiler cet univers surréaliste qu'est le crime organisé. La mise en scène de ce film est une référence nous faisant passer par des moments durs, drôles et souvent insolites. L'abondante narration surtout faite par Ray Liotta permet de mieux comprendre ce milieu et reflète l'hallucinante vision que l'on peut avoir du monde extérieur quand nous vivons dans ce microcosme.

La distribution et la direction artistique sont d'anthologie. Martin Scorcese avait demandé à ses comédiens de ne pas interpréter leurs rôles respectifs, mais de se comporter comme eux. Joe Pesci nous donne un aperçu de son immense talent en interprétant un psychopathe qui vient jouer avec vos nerfs aussi facilement qu'un coiffeur le ferait avec vos cheveux. Bref, il nous glace littéralement le sang! Robert DeNiro et Paul Servino possèdent des regards et un langage corporel si juste qu'ils n'ont pas besoin de parler pour que nous comprenions ce à quoi ils pensent. Ray Liotta y donne la performance de sa vie en Henry Hill nous montrant un personnage éclaté et heureux de son choix de vie.

Warner nous offre un transfert vidéo entièrement rematricé et le résultat est satisfaisant. On a droit à une image claire et nette dont les couleurs sont vives et profondes. Cependant, nous remarquons que dans les passages plus sombres du film, les noirs sont trop appuyés ce qui donne une image foncée qui étouffe sa dégradation naturelle. Le fameux long plan de caméra, où Henry Hill accompagné de sa femme, entre dans le bar Pocacobana par l'arrière en est un exemple probant. La texture le l'image est généralement fine quoique à certains moments plus granuleuse. La trame sonore principale du film est en anglais et de format Dolby Digital 5.1. Le débit sonore est malheureusement principalement situé au niveau des enceintes avant. Les canaux arrière ne sont sollicités qu'à peu de moments tandis que le canal d'extrême basse répond bien aux quelques explosions et fusillades du film. Les dialogues sont facilement audibles et la copieuse trame sonore composée de nombreux tubes des années 50, 60 et 70 vient agréablement compléter le mixage sonore tout en nous donnant des repères d'époque. À noter qu'une trame sonore française de format stéréo fait aussi partie de ce DVD contrairement aux indications de la pochette qui fait allusion à une trame espagnole. Le menu est d'une facture classique, voire conservatrice, et nous présente une image statique des trois affranchis principaux du film sur une musique invoquant ce milieu malfamé. La navigation entre les différentes options du menu est élémentaire.

Les suppléments de cette édition spéciale sont nombreux. Sur le premier disque, on a droit à deux trames de commentaires. La première trame intitulée "Cast and Crew" est commentée par le réalisateur, l'équipe de production et de quelques comédiens. D'une durée inférieure à celle du film, elle nous en apprend sur l'approche du réalisateur à préparer les scènes et nous renseigne sur le casting. La deuxième "Cop and Crook", nettement plus intéressante, nous permet d'entendre les propos d'Henry Hill et de l'agent du FBI Edward McDonald sur la véracité des faits. Nous sentons une certaine fébrilité dans la voix de M. Hill sur certains passages du film qui soit dit en passant est véridique à 99% toujours selon ses propos. Le dernier supplément du premier DVD nous présente une liste des nominations et récompenses qu'a obtenues "Goodfellas".

Le deuxième DVD renferme trois documentaires. "Getting Made" d'une durée de 29 minutes est une série d'interviews et de commentaires faits par les comédiens et l'équipe de tournage. Ce montage de témoignages est plus ou moins intéressant, car il nous en apprend pas beaucoup plus sur le film et les entrevues des principaux artisans remontent à 1990, moment où le film a été fait. "Workaday Gangster" d'une durée de 8 minutes se veut une réminiscence d'Henry Hill sur sa vie et sur la mafia. Le dernier documentaire intitulé "Made Men: The Goodfellas legacy" est une série d'observations faites par différents réalisateurs sur l'influence qu'a eu ce film sur eux et de quelle façon ce film les a séduits. Des scénarimages nous permettent de comparer quelques scènes finales au croquis original du réalisateur. La bande-annonce du film complète ce copieux segment. Belle réussite que cette section de suppléments, spécialement la trame de commentaires d'Henry Hill.

"Goodfellas" est un film phare qui porte la griffe d'un des réalisateurs les plus influents des trente dernières années. Bon nombre de cinéastes y ont puisé des idées dans la mise en scène, plans de caméras et dans le sujet. À titre d'exemple, la télé-série The Sopranos, dérivé direct de ce film, a calqué plusieurs de ses personnages autour de ceux de "Goodfellas". Je vous recommande de vous procurer cette édition DVD qui vous offre un billet de première sur un des films les plus complets que le cinéma américain ait produits.


Cotes

Film10
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Suppléments7
Vidéo8
Audio8