De la plus petite à la plus prestigieuse des familles, dans chacune d'entre elles au moins un membre se détache des valeurs préétablies par son groupe. Par ses divergences d'idées et de goûts, celui-ci devient un élément de honte auprès de ses pairs, ce qui lui procure un sentiment d'incompréhension et de rejet. Malgré ses différences, ce dernier peut tout de même vivre une vie bien remplie qui mérite d'être racontée, comme il est prouvé dans le documentaire Grey Gardens sorti en salle en 1975. Avec très peu de moyens, cette production nous présentait la tante et la cousine de Jackie Kennedy qui partageaient avec les spectateurs leur petite existence loin du glamour de la présidence américaine. Par leur égocentrisme et leurs révélations touchantes, ces deux femmes ont réussi à émouvoir toute une communauté. Plus de trente ans après son succès gigantesque, HBO a produit un film éponyme relatant l'histoire de ces êtres méconnues du clan Kennedy, ainsi que les différentes situations qui les ont emmenées devant la caméra afin qu'elles puissent raconter leur histoire.
Fidèle à son habitude, HBO nous présente un téléfilm d'une très grande qualité, dans lequel il nous offre un scénario très bien informé et parsemé de dialogues puissants qui nous permettent de bien cerner l'histoire et le caractère de ses personnages. Malgré certaines lacunes au point de vue de la réalisation qui manque parfois de vigueur, les comédiennes Drew Barrymore et Jessica Lange nous offrent des performances éblouissantes par lesquelles elles nous font oublier leur statut de vedette. Par contre, à cause de son sujet purement américain et désuet, cette production demande un certain intérêt de la part du spectateur pour le clan Kennedy afin de bien savourer son visionnement. Conçu majoritairement de scènes à saveur mélodramatique, "Grey Garden" pourrait être ennuyeux dû aux événements et aux drames vécus par cette mère et cette fille marginale, lesquels semblent plutôt banals pour notre époque, le seul intérêt marquant pour ce film demeure le lien existant entre les protagonistes et le clan Kennedy.
Du côté technique, l'image nous impressionne de la part d'une production destinée pour le petit écran. Par des éclairages clairs reliés aux scènes où on explore la jeunesse des personnages, et un éclairage plus sombre lors des scènes relatant leurs vieux jours, la réalisation empreint son film d'une aura de nostalgie et de mélancolie qui lui est propre. D'une reproduction de couleurs bien agencées, "Grey Garden" n'a absolument rien à envier aux longs métrages produits par les grands studios hollywoodiens. Du côté son, la piste Dolby Digital 5.1 propose une sonorisation vibrante et chaleureuse sans démontrer en aucun temps une trace de distorsion.
Même par la présence d'une piste audio riche en information mettant en vedette ses artisans et dans laquelle on nous dicte les enjeux artistiques de ce projet, la section des suppléments s'avère décevante par son manque de variété. De courts segments d'entrevues des comédiens sont également accessibles, mais ils n'arrivent malheureusement pas à nous offrir un discours autre que commercial.
Le film "Grey Gardens" produit par HBO se montre de qualité, mais malencontreusement il ne parvient pas à recréer la magie, et surtout l'aspect attachant que l'on retrouve lors du visionnement de la production éponyme sortie sur les écrans en 1975.
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |