Les récits de Tarzan furent publiés pour la première fois en 1914 dans le magazine "All-Star". Rédigées par Edgar Rice Burroughs, les aventures d'un homme plus fort que nature et élevé par des singes captivèrent tellement l'auditoire que 23 suites furent publiées. Hollywood flairant la bonne affaire fit un premier film en 1918 puis un autre en 1932 lequel connut un succès immédiat. Pour personnifier ce surhomme aux allures sauvages, MGM eut recours à l'Olympien Johnny Weissmuller lauréat de plusieurs médailles olympiques en natation. Sous cette formule, les aventures de Tarzan continuèrent d'alimenter le grand écran jusqu'aux années 60.
En 1975, le scénariste Robert Towne travailla sur une nouvelle adaptation des récits de Tarzan. Le projet demeura latent bon nombre d'années et c'est en 1984 qu'il aboutit dans les mains du réalisateur Hugh Hudson déjà oscarisé pour son magnifique Chariots of Fire. Hudson apporta certains changements à l'histoire au grand dam du scénariste qui refusa que son nom soit associé au film. C'est plutôt au nébuleux P.H. Vazak que revint le mérite d'être le scénariste du film "Greystoke: The Legend of Tarzan, Lord of the Apes".
Ce film s'approche du récit original d'Edgar Rice Burroughs. Le tout commence quand le conte Jack Clayton quitte l'immense domaine familial avec sa femme pour poursuivre ses recherches dans la jungle africaine. Suite au naufrage de son navire, il bâtira une demeure de fortune dans les arbres de la jungle attendant désespérément les secours. Sa femme donnera naissance à un enfant, mais décédera des suites de l'accouchement. Leur gîte sera finalement attaqué par les singes et c'est ainsi que le nouveau né sera pris en charge par ces simiens. Suit son éducation darwiniste jusqu'à l'âge adulte où il sauvera le capitaine belge Philippe d'Arnott (Ian Holm) d'une mort certaine quand l'expédition de chasse qu'il escorte est attaquée par des pygmées. Le capitaine découvrira l'identité de cet homme sauvage (Christophe Lambert) et le ramènera à la civilisation où le comte Greystoke (Ralph Richardson), son grand père, l'attend impatiemment.
Ce film est une œuvre en deux actes. Dans un premier temps, on assiste à la vie brutale de la jungle où félins, babouins et reptiles y vivent conjointement et où la loi du plus fort prévaut. On assiste à l'éducation du jeune Tarzan à travers cet impitoyable environnement. Le deuxième acte se veut la transposition de l'homme sauvage dans une Angleterre outrageusement riche et où les manières, les us et l'élocution vous ouvrent les portes de la richesse. C'est à travers cette dichotomie que le personnage de Tarzan trouve sa complexité et que le film devient un banc d'essai sociologique sur la capacité de l'humain de s'adapter. Il découvrira les valeurs du monde civilisé et découvrira l'amour, mais ces nouveaux sentiments seront-ils assez forts pour le garder au bercail?
Hugh Hudson réussit à recréer une jungle vraisemblable et nous présente de splendides tableaux sauvages sur cet univers. Mais le récit s'essouffle lors du retour de Tarzan en terre paternelle. Si la complicité entre le héros et son grand-père est simplement magique, la découverte de l'anglais, de la noblesse, de l'amour et du pouvoir de l'argent sont trop rapidement apprivoisés tuant ainsi la crédibilité du personnage central.
L'image de ce film est très propre et ne présente pas d'artéfacts de compression. Sur certains plans, les noirs sont trop profonds étouffant les autres couleurs. On retrouve également certains passages où la pellicule est d'une granularité moins fine, mais globalement on a droit à un transfert de très bonne qualité. Le mixage audio Dolby Digital 5.1 anglais et français favorise les enceintes avant. Les voix sont perceptibles, mais ne vous surprenez pas si vous ne reconnaissez pas la voix d'Andie MacDowell. Son trop fort accent sudiste força le réalisateur à lui substituer la voix par celle de Glenn Close. Les basses sont plutôt creuses par temps d'orage donnant l'agréable impression que ça va nous tomber dessus. Les bruits de la jungle surgissent de temps à autre à travers les enceintes arrière recréant en l'espace de quelques secondes une atmosphère typiquement sauvage. La somptueuse musique classique de John Scott se marie parfaitement au mixage sonore et vient nuancer ou relever le propos. En conclusion, un transfert audio de très bonne qualité. Le menu du DVD est statique et nous présente un Tarzan tout en muscle. La doucereuse musique de John Scott s'y greffe. La navigation entre les différentes options et la sélection des chapitres est un jeu d'enfant.
En guise de suppléments, on a droit à une piste de commentaires faite par le réalisateur Hugh Hudson et le producteur associé Garth Thomas. D'entrée, on a l'impression d'être dans un club select où deux membres discutent du beau temps sans grand intérêt. Mais si ce ton monocorde déroute quelque peu, la teneur du propos est par contre riche. On apprend en autre comment Rick Baker s'y est pris pour créer les costumes de singes, tous plus vrais les uns des autres. Les techniques de tournages en nature, l'éclairage et le casting sont aussi couverts par ces propos. Quelques anecdotes sur Edgar Rice Burroughs nous sont révélées à la fin du film. La bande-annonce du film vient compléter cette mince section des suppléments.
Warner Brothers nous offre un produit de très bonne qualité. Le transfert vidéo et le mixage audio, tous deux rematricés, sont impressionnants. Le seul bémol de cette enveloppe DVD est le peu de suppléments offerts. Un documentaire sur la production de ce film, sa cinématographie, sa musique où une revuette sur la vie d'Edgar Rice Burroughs aurait été appréciés. Pour les amateurs de superhéros, ce film ne répondra pas à l'objet de votre désir, mais pour les amateurs de drame de mœurs, ce film pourrait bien vous faire passer quelques bonnes heures de visionnement.
| Film | 7 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |