Casualties of War
Extended Cut
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Brian De Palma
Année: 1989
Classification: 18A
Durée: 119 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DDST), Portugais (DDST)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol, Portugais
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
9 mai 2006 2006

Tous les grands réalisateurs ont des films de guerre à leur actif: Stanley Kubrick, Terrence Malick, Steven Spielberg, Francis Ford Coppola, Oliver Stone, Robert Altman, Jean-Pierre Jeunet, etc. Il faut bien ajouter Brian De Palma à cette liste qui est loin d'être exhaustive. En préférant s'attarder à un fait divers plutôt qu'au conflit, "Casualties of War" évite légèrement les clichés des balles perdues et des corps qui explosent. La sortie d'un DVD "Extended Cut" est toutefois superflue.

Le soldat Ericksson (Michael J. Fox) est jeune et idéaliste. Il vient d'arriver au Vietnam pendant la guerre du même nom et sa naïveté l'amènera à croire que tous les hommes occidentaux sont bons et gentils. La réalité le rattrapera rapidement lorsque les membres de son équipe, qui est menée par un troublant supérieur (Sean Penn), kidnapperont une jeune fille (Thuy Thu Lee) pour assouvir leurs bas instincts. Après avoir survécu à des attaques répétées, notre héros rencontrera un nouveau mur. Les instances hautes gradées le dissuaderont de porter plainte contre son régiment et ils l'encourageront fortement à oublier toute cette histoire, une mission qui s'avère pratiquement impossible.

Même si le cinéaste Brian De Palma n'a jamais été le plus original de la planète (il aime emprunter à gauche et à droite, mais principalement à Alfred Hitchcock), il possède un style clairement identifiable qui a inspiré de nombreux réalisateurs comme David Fincher et Brian Synger. Ses tics se retrouvent partout dans "Casualties of War", un drame de guerre assez puissant. Il aime coller à la peau des protagonistes. Sa caméra peut chuter soudainement et prendre un plan oblique pour montrer comment la peur est présente. Sa façon très particulière de transformer une scène redondante en utilisant la vision de la première personne est saisissante et toujours très significative.

Contrairement à un essai comme Snake Eyes, ce procédé est mis au service d'un solide scénario, tiré d'un article du New Yorker qui était également inspiré d'un fait vécu. L'émotion est prédominante, l'humour désespéré (un clin d'œil fantastique à une chanson des Doors) et la performance des acteurs assez convaincante. Michael J. Fox est touchant en pauvre yankee qui perd son innocence au combat. Son personnage est peut-être une copie de celui de Charlie Sheen dans le supérieur Platoon, mais il arrive à séduire avec sa dualité qui oppose la nouveauté au cynisme et la morale aux plaisirs. Face à lui, Sean Penn est mordant comme un chien affamé, qui semble toutefois se retenir pour ne pas tomber dans la farce. Il est le fou détestable torturant allègrement la pauvre jeune fille interprétée par une Thuy Thu Lee qui ne fait que pleurer et hurler. Vingt années après la sortie de ce long métrage, il est intéressant de constater que plusieurs membres de la distribution secondaire sont aujourd'hui plutôt connus, que ça soient les John Leguizamo, Jonh Reilly, Ving Rhames ou encore Woody Harrelson dans une apparition éclair.

Comme toujours chez De Palma, un soin considérable a été apporté aux images et à la musique. Le rendu vidéo est extraordinaire. Les scènes réalistes ont été soignées et les couleurs foncées sont très fidèles pour bien recréer l'atmosphère. Non seulement les paysages sont saisissants, mais les reflets (le sang, le feu, la luminosité engendrée par un coucher de soleil) sont quasiment parfaits. Vers la fin, un léger blocage peut apparaître, tout comme quelques égratignures, mais ce n'est jamais catastrophique. Pour baigner ces lieux paradisiaques sujets à l'enfer, quoi de mieux que de faire appel au légendaire Ennio Morricone? Avec sa touche si particulière, il équilibre parfaitement le lyrisme et la dureté de l'ensemble. Cette superbe partition musicale est électrocutée par une multitude de bruits et d'explosions qui arrivent soudainement. Quelques sauts et surtout beaucoup de bonheurs avec ces nombreux haut-parleurs utilisés judicieusement, dont le son de cigales, d'eau et de balles qui arrivent par les enceintes situées sur les côtés. Au sein du chaos, les voix des personnages auraient pu être plus élevées, mais la présence des sous-titres n'est pas négligeable. Ils sont très gros et la couleur jaune permet de lire rapidement, sans aucun inconvénient.

Pour une œuvre de cette envergure, il est bizarre que le contenant n'ait pas été plus soigné. La pochette sombre reprend les deux visages de Penn et Fox, en plus de montrer une séquence de guerre. Pas très inspirant ou original. Quelques instants avant d'arriver au menu principal, une musique dramatique explose sur des images en mouvement. Cependant, tout s'arrête lorsque les options s'affichent. Les suppléments, peu nombreux, sont généralement intéressants. Il y a un documentaire d'une demi-heure sur le film où Brian De Palma parle du projet, des acteurs et du scénario. C'est bien de savoir que le tout a été possible grâce au succès du majestueux The Untouchables, mais il y a très peu de surprises au programme. Quant à la conversation de vingt minutes avec Michael J. Fox, elle est drôle et surprenante à défaut d'être mémorable. Pour le reste, ce sont trois bandes-annonces de productions guerrières.

Il est indéniable que "Casualties of War" est un très bon film. Cependant, une édition pertinente avait vu le jour il y a quelques années et ce "Extended Cut" n'ajoute pas grand-chose au récit final. Les séquences rajoutées ne sont pas vraiment nécessaires, les langues sous-titrées sont moins nombreuses et les bonus sont encore plus maigres! Cette version est idéale pour les personnes qui ne possèdent pas la première ou qui veulent absolument une piste française en Dolby Digital 5.1. Pour les autres, mieux vaut peut-être garder son argent et attendre la sortie de quelque chose d'encore plus spécial.


Cotes

Film8
Présentation4
Suppléments5
Vidéo8
Audio8