Flyboys
Collector's Edition
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Tony Bill
Année: 2006
Classification: PG
Durée: 139 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DTS51, DD20), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 2 (DVD-9+DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Thierry Lacime
28 janvier 2007

L'Escadrille américaine est apparue en avril 1916 en France, alors que la Première Guerre mondiale faisait rage. Sous l'initiative de l'armée de l'air française, connue à l'époque sous le terme de l'Aéronautique militaire, cette escadrille était principalement composée de pilotes américains qui venaient prendre part au conflit. Les États-Unis n'étaient pas encore entrés en guerre. C'est un pilote américain, vivant en France et volant déjà pour l'armée française, qui proposa cette entente, soulignant que de nombreux jeunes Américains souhaitaient s'engager. Mais le nom de l'escadron, qui sous-entendait que les USA faisaient partie de l'affrontement, fut changé à la demande de l'Allemagne. Il devint alors L'Escadrille Lafayette, en l'honneur du Général Lafayette.

Ce film, basé donc sur une histoire vraie, va donc permettre de faire remonter à la mémoire un bout oublié de cet effroyable conflit mondial. Dans "Flyboys", seul le nom du Capitaine Thenault (Jean Reno) est authentique. Quant à l'escadron, il comportait bien un pilote afro-américain, qui s'appelait Eugene Bullard (dans le film, le personnage se nomme Eugene Skinner (Abdul Salis). En ce qui concerne Whiskey, le lion, le fait est véridique, même qu'il y avait deux lions, comme on le verra dans les suppléments. Selon plusieurs sources, le niveau de correspondance historique est assez élevé, principalement en ce qui concerne les histoires, les batailles ainsi que les lieux. Par contre, il est dommage de constater que certains des appareils utilisés ne pouvaient pas avoir volé en 1916 puisqu'ils ont été fabriqués plus tard, comme en 1918 pour les triplans allemands. Il en va de même avec les insignes, souvent incorrects, ainsi que la présence de chars d'assaut allemands dans la ligne de front, alors qu'il n'y en avait pas encore dans le conflit. Les plus pointilleux remarqueront aussi des erreurs, beaucoup moins perceptibles, dans les types de moteurs des avions et des mitraillettes utilisées. Pour ce qui est des autres personnages, malgré des noms différents des aviateurs originaux, ils sont quand même basés sur la plupart d'entre eux, tels que l'histoire nous a laissé des récits. Et bien entendu, les histoires sentimentales et personnelles sont de pure fiction.

Dans "Flyboys", nous suivrons principalement le jeune Blaine Rawlings (James Franco) qui se voit plus ou moins contraint de quitter son Texas et qui rejoint une escadrille de pilotes français dans le conflit contre l'Allemagne. Il ne sait pas piloter, comme les autres volontaires qui se joignent à lui. Ils seront pris en charge par le capitaine Thenault (Jean Reno) au camp même de l'escadrille. Blaine va malgré tout rencontrer Lucienne, une jeune femme qui vit dans une ferme proche et qui doit élever seule les enfants de son frère, tué. Chaque fois que l'escadrille décolle, elle compte les avions. Et quand ils reviennent, elle recommence, en espérant toujours que le nombre sera identique. Blaine, qui devient rapidement un pilote émérite, va toutefois être confronté à Cassidy (Martin Henderson), le seul survivant de la précédente équipe. L'engagement de ces pilotes est grand et leur courage devra l'être encore plus.

MGM nous propose de mieux découvrir "Flyboys", de l'acteur-réalisateur Tony Bill, dont c'est une des rares réalisations pour le cinéma, après de nombreuses productions pour la télévision. Le film est disponible en version un disque et en "Collector's Edition" avec deux disques. Ce sera cette deuxième version que nous allons passer en revue ici. Le premier disque est le même dans les deux éditions. Côté présentation, l'édition du collectionneur est livrée avec un ensemble de cinq cartes reproduisant des scènes du film et le tout est glissé dans un beau fourreau de carton glacé aux mêmes couleurs que la jaquette du boîtier. Côté technique, la qualité de l'image est parfaite, très belle et bien définie. Les couleurs sont aussi bien saturées, principalement le bleu des uniformes et le vert de l'herbe. Pour ce qui est du son, nous sommes gâtés, mais en anglais seulement. En raison de la présence des scènes de combats aériens, je retiendrais surtout la piste DTS 5.1 qui donne des effets spectaculaires lors de ces scènes en particulier. La piste Dolby 5.1 n'est pas trop en reste, mais un peu inférieure. Les pistes françaises et espagnoles n'ont malheureusement pas cette ambiance, mais satisferont ceux que l'anglais rebute. Les pages de menus principaux sont animées et accompagnées du thème du film et possèdent des transitions.

Dans le coin des suppléments, nous avons tout d'abord une piste de commentaires avec le réalisateur Tony Bill et le producteur Dean Devlin. Leurs propos se limitent en gros aux techniques de tournage, d'effets spéciaux, le tout avec de nombreuses anecdotes. Plutôt instructif, mais un peu redondant avec les suppléments. Puis, réunis sur le deuxième disque de la "Collector's Edition", nous retrouvons pour commencer un documentaire de production de plus d'une heure, découpé en cinq parties, où interviennent Tony Bill, Dean Devlin, Blake Ewans et Phil Sears (auteurs) et Andy Parks (responsable de la Fondation Lafayette). Dans "Real Heroes : The Lafayette Escadrille", nous découvrons la véritable histoire de cette escadrille au travers de photos d'époque, et nous pouvons faire le rapprochement entre les personnages du film et les originaux. Nous constatons alors à quel point il existe de nombreuses similitudes. Puis, dans "The Diary of a Miniature Stunt Pilot", une figurine utilisée dans les reconstitutions avec des maquettes nous sert de guide pour nous faire visiter l'envers du décor pour les effets spéciaux avec des avions miniatures, des explosifs et un écran vert. L'aspect humoristique de ce segment peut toutefois surprendre. Le chapitre "Whiskey & Soda - The Lion Mascots" nous parle des curieuses, mais vraies mascottes originales de l'escadron, à savoir des lions.

Nous poursuivons avec "Taking Flight : The Making of Aerial Battle Sequences", où Mark Franco, responsable des effets visuels, se joint aux intervenants, et où nous pénétrons dans le secret des formidables séquences de batailles aériennes, toutes générées par ordinateur. On y apprend qu'il y a malgré tout 22 avions réels qui ont été utilisés dans le film (principalement les scènes au camp et les plans au sol). Nous y découvrons aussi que "Flyboys" est le premier film à utiliser la technologie de "motion capture", que l'on retrouve plus dans les films d'animation où les mouvements d'un être humain, bardé de capteurs, sont analysés pour être reproduits par un personnage animé. Ici, la même technique a donc été appliquée, mais cette fois-ci à un avion, avec des capteurs installés sur un vrai avion et dont les mouvements ont ensuite servi aux copies digitalisées. Le résultat est effectivement beaucoup plus réel. On termine par "The Real Planes of Flyboys" où nous nous attardons cette fois-ci sur les avions eux-mêmes, avec une présentation d'Andy Parks sur les différents appareils. Pour clore cette section de documentaires, et sous forme de clin d'œil, nous accompagnons James Franco et David Ellison lors d'un baptême de l'air un peu spécial. C'est ainsi que le premier prendra place à bord d'un F-18 de la formation acrobatique les Blue Angels de la NAVY, alors que le second testera les capacités d'un F-16 des Thunderbirds, l'autre grande formation acrobatique américaine, de l'Air Force, cette fois-ci. Au final, ils s'en sortent plutôt bien autant l'un comme l'autre, surtout après quelques figures où beaucoup auraient déjà perdu connaissance.

Pour les autres suppléments, on retrouve six scènes supprimées, entièrement montées, d'une durée de plus de seize minutes. Même si elles sont intéressantes à visionner, elles n'apportent rien à l'histoire que l'on sait déjà ou qui change quelque chose. On notera toutefois que Tcheky Karyo y interprète le rôle d'un commandant peu admiratif de ses troupes. La scène ayant été coupée, Karyo n'apparaît donc pas au générique. La bande-annonce originale complète cette partie DVD. Mais les amateurs de jeux vidéo retrouveront sur la partie DVD-Rom une version démo du jeu tiré du film, "Flyboys Squadron".

"Flyboys" n'est malgré tout pas le premier film relatant ce fait historique. En 1958, William A. Wellman réalisa Lafayette Escadrille qui reposait sensiblement sur la même histoire, mais où la relation entre un pilote américain et une jeune prostituée française était beaucoup plus développée. À noter dans ce film la présence d'un jeune acteur de 28 ans du nom de Clint Eastwood.

N'ayant pas reçu un très bon accueil à sa sortie en salles, ce film n'en mérite tout de même pas autant. Un peu trop long, on aurait pu limiter le scénario aux seuls faits de guerre, mettant de côté des parties plus personnelles. Avec pas moins de cinq séquences de combats aériens d'une durée totale de plus de vingt minutes, les amateurs d'aviation et d'histoire sont bien servis, en qualité et en quantité. Un peu plus de rigueur dans le montage n'aurait pas non plus été de trop. Mais ce qu'il faut surtout retenir, et qu'il m'a semblé par moment ressentir (mais malheureusement pas assez fortement), c'est l'atrocité de cette guerre, les tueries inutiles et les nombreuses vies brisées. Avec un peu moins de clichés prévisibles et de sous-entendus pas assez développés, nous avions un excellent film. Mais les deux heures passent relativement vite et on prend plaisir à se replonger au début du siècle, à l'ère de la découverte de l'aviation de combat.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments7
Vidéo9
Audio9