La guerre... nous savons tous que c'est la violence concentrée, du meurtre global. Nous pouvons choisir d'y participer ou non. Mais quand la conscription (service militaire obligatoire) est en place, les gens n'ont pas le choix d'y aller quand leur numéro sort. Cela a été le cas à toutes les guerres. Un gouvernement peut décider que par manque de volontaire, il peut choisir de piger dans sa population entre 18 et 26 ans. Mais certaines personnes s'opposent à participer à la tuerie aveugle de par leurs idéaux, leur religion, leur moralité et autres raisons. Nous les nommons les "objecteurs de conscience" ("conscientious objectors" ou des CO comme ils sont souvent nommés dans le film). Durant la Première Guerre, ils étaient mal traités, mais pour la Seconde Guerre, leur action était prévue par la loi. Une personne qui "refuse l'appel" doit faire partie d'un service alternatif au service militaire ou faire de la prison.
"The Good War", la bonne guerre. C'est le nom donné par les Alliés pour promouvoir l'importance de participer à la Seconde Guerre mondiale. "Démocratie" ou "Fascisme"? "Tu ne veux pas aller à la guerre? Tu aimes Hitler?!". C'était gênant de dire non. En Allemagne nazie, c'était la peine de mort, mais aux États-Unis, ce ne fut pas le cas. Près de quarante-deux mille personnes refusèrent de participer directement à la guerre et furent placées dans différents emplois non-combattants. Plus de la moitié avaient divers postes dans les militaires, trois mille autres avaient des postes dans les hôpitaux mentaux, douze mille dans les travaux publics civils. Près de sept milles avaient décidé de ne rien faire et ont été emprisonnés.
Le contenu de "The Good War and those who Refused to Fight It" est une bonne addition aux documentaires de guerre qui ne parle pas souvent cela. Nous voyons habituellement des gens qui se rendent en courant aux centres de recrutements, rarement le contraire. Mon seul souvenir de cette discussion est dans Le Temps d'une paix où Valérien Lavoie (Jacques L'Heureux) qui avait déserté l'armée lors de la Première Guerre par ses valeurs. Encore là, ce n'est pas exactement un objecteur de conscience. Il y a un nombre intéressant de films d'archives que je n'avais jamais vus et des interviews d'experts et d'objecteurs de conscience (même un du nom de Carlos Cortez qui chante son opinion). On nous parle des étudiants objecteurs de conscience qui défiaient la loi en ne s'inscrivant pas au registre de conscription(faisant couler l'encre des journaux de l'époque) et de l'acteur Lew Ayres qui est devenu l'objecteur de conscience le plus connu d'Hollywood (il a joué dans le film All Quiet on the Western Front où il regrette d'avoir tué un ennemi - onze ans avant Pearl Harbor!). On conclut le documentaire avec les échos que le mouvement a eus sur les autres guerres et la conscience du public en général.
Sur ce disque, nous retrouvons le "The Conscientious Objector Handbook", une revuette sur les façons possibles de ne pas aller à la guerre, remis au goût du jour. Cette revuette est proposée en "questions" affichées à l'écran dont les réponses sont données par le conseiller de la conscription Bill Galvin du "Center on Conscience and War". Il y a aussi des exposés par de grands noms tels que Daniel Ellsberg, James Farmer, Max Kempelman, Studs Terk et William Stafford ainsi qu'un film du Peace Church sur les camps d'objecteurs de conscience de la Seconde Guerre mondiale. Tout cela sonne de la grosse propagande pour les objecteurs de conscience. Parlant de propagande, il y a pour finir une galerie d'affiche de la Seconde Guerre mondiale. L'audiovisuel de ce documentaire fait il y a dix ans est passable avec des archives sans traitement et des images plus récentes qui semblent avoir été tournées avec des caméras bien ordinaires. C'est certain que je ne m'attendais pas à trop gros, mais les récents documentaires sur la guerre nous en ont mis plein la vue.
| Film | 7 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 4 |
| Audio | 4 |