Home of the Brave
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Irwin Winkler
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 106 minutes
Ratio: 2.35:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui / Non
Langue: Anglais (DD51, DDST), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
27 octobre 2007

Un sujet brûlant et toujours d'actualité qu'est la guerre en Irak. Irwin Winkler, responsable du thriller The Net en 1995 revient avec cette histoire de soldats hantés par les fantômes des champs de bataille. Ce qui s'annonce comme étant une inspiration directe des conséquences d'un Saving Private Ryan devient, à l'arrivée, un produit qui, comme le thriller informatique de 1995, est bavard et manque cruellement de nouveauté. La mise est toutefois sauvée par une interprétation de qualité par Samuel L. Jackson, Jessica Biel et Curtis "50 Cents" Jackson.

Un groupe de soldats en mission humanitaire basé en Irak reçoit un dernier ordre avant le retour au bercail: ils doivent se rendre dans un village et apporter de l'aide aux habitants. Cependant, lors d'une embuscade explosive qui coûte la vie à près de la moitié du convoi, les militaires doivent se battre pour sauver leurs vies. Peu après, on leur octroie le droit de rentrer chez eux. Les blessures, aussi profondes soient-elles, débutent un long procédé de guérison qui aura parfois des tournures dramatiques pour les combattants. Des images reviennent constamment les harceler durant un quotidien qu'ils trouvent trop calme, leur entourage ne ressemble plus à celui qu'ils ont connu, etc.

Irwin Winkler ne parvient malheureusement pas à se détacher de ce qui fait défaut dans sa mise en scène: le placotage. On sur-utilise les expositions du drame qu'ont vécu les militaires avec, preuve à l'appui, une musique sirupeuse et des montages frôlant le "regardez-moi, je souffre". Par contre, il y a de véritables moments, comme la scène d'ouverture du film, qui est d'une redoutable efficacité et d'une violence crue montrant en une fraction de temps ce qu'un film allant jusqu'au bout de ses idées aurait pu donner. Hélas, après 10 ou 15 minutes d'un commencement prometteur, c'est le retour à la maison. Winkler transporte le combat pour le traduire en émotions intérieures, en malaise, mais ne parvient pas à hausser, loin s'en faut, le ton et la rage de son introduction, presque aussi mordante que l'a été Saving Private Ryan en son temps. On patauge dans le refus, dans le déni, on projette sa douleur envers les autres en refusant de l'admettre, de la guimauve quoi. Il y a la photographie qui se tire bien d'affaire, utilisant parcimonieusement les longs plans-séquences racoleurs ou encore ces superpositions d'images entre le passé (Irak) et le présent (la maison). La seule raison pour expliquer tant de discours et de longueurs serait le manque de budget, dont la moitié a dû passer juste pour les premières minutes. Ensuite, on exploite les divers problèmes que vivent les personnages à n'en plus finir. Heureusement pour nous, les acteurs livrent une performance à la hauteur de leur réputation. Samuel L. Jackson est toujours à l'aise dans n'importe quel rôle, Jessica Biel larmoie avec conviction et Curtis Jackson parvient à émouvoir par son syndrome d'après-guerre lors d'une attaque dans un restaurant.

Winkler, ou le studio, est radin. Là où on aurait pu offrir au spectateur un documentaire sur les syndromes de la guerre en Irak (Fahrenheit 9/11 est toujours un incontournable, remarquez!), des entrevues sur les acteurs, des segments de tournages, nous avons droit à deux scènes coupées, qui ne sont que d'un intérêt plutôt aléatoire, avec piste de commentaires optionnels du réalisateur, là aussi, d'un intérêt aléatoire. Le film est également commenté par Winkler, l'écrivain et le producteur. Ici, tout ce que l'on apprend c'est ce que l'on connaît déjà: pas facile de tourner, Jackson est bon, Biel est belle, on a fait ce qu'on a pu... c'est bien simple, on se croirait à une émission de type "les films qu'on aurait aimé réussir, mais qu'on a raté finalement". Pas franchement appréciable comme matériel supplémentaire.

Tourné en haute définition, du moins c'est l'impression que j'ai eu, le film offre une belle image nette quoique certaines scènes manquent le charme de la pellicule. Quelques actions trahissent une accélération volontaire du montage ou un manque de mise au point de la caméra. Dans l'ensemble, une image réussie sauf lorsqu'on cherche ses défauts. La bande-son canarde le spectateur de partout surtout lors de l'introduction enragée. On a l'impression d'y être, c'est dire. Par contre, le doublage québécois, en Surround, ne parvient pas à convaincre autant. Le menu principal montre un drapeau américain (ben voyons) flottant au vent qui s'immobilise et apparaissent ensuite des images fixes du film avec la musique de Stephen Endelman (hommage aux patriotes, donc). Le reste est fixe et muet. Un travail honnête, mais sans plus.

"Home of the Brave" est un film léger portant sur les effets de la guerre à long terme. Malgré un long discours doublé d'une réalisation convenue, l'ensemble se regarde avec davantage de satisfaction que d'inconvénients. À voir ne serait-ce pour cette entrée en matière qu'on aurait voulu voir se poursuivre avec autant d'énergie.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments3
Vidéo8
Audio9