Judgment at Nuremberg
Special Edition
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Stanley Kramer
Année: 1961
Classification: PG
Durée: 186 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD51, Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Français
Nombre de chapitres: 36
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Albert
6 août 2004

Après la fin du plus terrible conflit de l'histoire de l'humanité, les Alliés, conscients des atrocités commises par les dirigeants du troisième Reich, se mettent d'accord pour châtier ceux-ci dès la fin des hostilités. Toutefois, la conception de "justice " diffère d'une personne à l'autre. Les Américains veulent un procès public, les Anglais et les Français veulent un procès à huis clos, les Russes veulent l'exécution sommaire et sans procès de ces criminels de guerre. C'est l'idée américaine qui domine et un procès s'ouvre le 20 novembre 1945 à Nuremberg, ville symbole des grandes manifestations du troisième Reich. On y produit des milliers de documents révélateurs signés par les accusés et retrouvés dans les archives nazies. Certains accusés semblent accablés par les actes qu'ils ont commis, d'autres semblent toujours aussi fanatiques. Il y eut 18 procès consécutifs à Nuremberg, tous conduits par les Américains, entre décembre 1946 et avril 1949, qui traînèrent en justice les responsables de l'établissement et de la mise en œuvre de lois raciales en Allemagne nazie, de l'instigation et l'exécution de la politique d'aryanisation, de l'enlèvement de Juifs comme otages et leur exécution en représailles d'agressions aux troupes allemandes.

Le film ici présenté se déroule environ trois années après le début des procès. Avec la guerre froide qui se prépare, le public en a assez de ces procès et se demande pourquoi s'acharner sur ces "hommes âgés", on veut oublier le passé. Un juge américain à la retraite, Dan Haywood (Spencer Tracy), est appointé à ce tribunal avec le juge Kenneth Norris (Kenneth MacKenna) et le juge Curtiss Ives (Ray Teal) afin de statuer sur le sort de quatre magistraux qui ont conduit, à Nuremberg même, des procès appliquant les injustes lois nazies, parfaitement légales à ce moment-là. Emil Hahn (Werner Klemperer), Werner Lampe (Torben Meyer), Friedrich Hofstetter (Martin Brandt) et Ernst Janning (Burt Lancaster) sont défendus par l'avocat Hans Rolfe (Maximilian Schell) qui tient à montrer que ces quatre hommes n'étaient pas responsables de leurs actes. Du côté de la poursuite, le colonel Tad Lawson (Richard Widmark) tient à leur faire payer le maximum pour leurs crimes, alors que ses propres patrons veulent que la sentence soit légère pour ne pas aliéner les Allemands, car ils ont besoin de tout le support possible pour combattre la guerre froide qui s'en vient.

Avec un film à texte de plus de trois heures, je croyais que j'allais m'ennuyer malgré le sujet qui est dans mes cordes. Mais j'ai peur des films en cours de justice qui s'étirent à n'en plus finir. Cependant ici, des acteurs de calibre et deux histoires parallèles nous tiennent sur nos gardes. Il y a d'abord l'histoire de ce qui se passe en cours et ensuite l'histoire hors cours avec ses collègues juges où ils se mêlent aux Allemands qui essaient de leur faire comprendre qu'ils n'étaient pas tous des nazis. Spencer Tracy est vraiment bien taillé dans ce rôle, mais c'est un Maximilian Schell très énervé de son client (qui fait peu de cas de sa position) qui vole littéralement la vedette. Il crie d'un côté et de l'autre pour faire valoir son point et du même fait rafle au passage un des deux Oscars dont le film s'est mérités, l'autre étant pour le scénario d'Abby Mann. Le tribunal est très ressemblant à ce que j'ai vu dans les photos de l'époque.

Côté qualité vidéo, il y a un gros sautillement de la bande de film qui a été transférée qui donne l'impression qu'un technicien dormait sur la "switch"?!. Mis à part cela, nous avons droit à une image tout de même de très belle qualité contenant très peu d'artéfacts de compression. Le son est très peu intéressant dans sa forme Dolby Digital 5.1 et beaucoup mieux en mono. Le film ne se prête pas d'avance à une piste ambiophonique, alors ce n'est pas un grand changement. Le menu est une série de séquences tirées du film, colorées en rouge sang.

Il y a une bonne quantité de suppléments, ce qui est étonnant pour un film en bas de $20. Il y a d'abord une conversation entre les deux gagnants d'Oscars pour le film, soit Maximilian Schell et Abby Mann, dans laquelle ils se lancent l'un et l'autre des fleurs. Cela est suivi par un documentaire nommé "The Value of a Single Human Being" dans lequel Abby Mann nous lit le jugement de son scénario et décrit la philosophie qui l'entoure. "A Tribute to Stanley Kramer" débute avec l'histoire de la rencontre du réalisateur et de sa femme Karen, racontée justement par elle. Elle continue en parlant de lui à travers son travail avec "Judgment at Nuremberg". Abby Mann rajoute du détail à ses propos. Des galeries de photos (les costumes, les plateaux, les locations, le réalisateur et la première à Berlin – facilement une centaine de photographies) et une bande-annonce complètent la liste.

"Judgment at Nuremberg" est un film très puissant. À lui seul, il réussit à faire voir, même à ceux qui sont trop jeunes pour être au courant de l'époque de ces atrocités (quoiqu'il faut avoir vécu sous une roche toute sa vie pour n'avoir jamais entendu parler du nazisme), les raisons qui ont pu pousser des gens à participer au plan hitlérien.


Cotes

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