Le terrorisme est un des sujets les plus répandus depuis quelques années (quelle surprise). On voit littéralement une vague de films ayant trait à cet éternel combat entre le bien et le mal envahir nos écrans. Le dernier en date, "The Kingdom", propose une visite directe en Arabie Saoudite. Cependant, malgré une équipe d'acteurs plus que capable, le propos peine à dépasser le stade d'un divertissement prévisible de premier degré tonitruant de cascades. Pourtant, le générique d'ouverture suggérait nettement plus d'approfondissement que le résultat final. Dommage.
Lors de bombardements ayant coûté la vie à des civils américains logés dans un complexe d'extraction de pétrole, une équipe d'élite du FBI décide d'enquêter et découvrir les responsables de ces attaques. Cependant, même le bureau les ayant engagés leur met des bâtons dans les roues. Ils useront d'astuce afin d'obtenir leur passage les conduisant sur le sol de l'Arabie. Là-bas, les techniques, le quotidien, tout est différent et les agents spéciaux s'en rendent rapidement compte. Ils doivent donc s'accoutumer et tenter de faire valoir leur point de vue afin d'obtenir des résultats satisfaisants sur leur affaire. Une fois leur mentalité U.S. bien installée chez leurs hôtes, c'est la franche camaraderie et une progression dans l'enquête qui s'ensuit à pas de géant, menant vers un responsable terroriste bien plus dangereux qu'ils auraient pu imaginer. Dans une finale explosive (littéralement) de cascades, de tirs d'armes à n'en plus finir, de cris, de sang et de larmes, le film se clôt avec la mort du fidèle Arabe, le seul à avoir eu confiance en la présence des Américains. En contrepartie, nos voisins du Sud s'en tirent indemnes ou presque. Comme quoi lorsqu'on aide les Américains, on en meurt. Ou alors je n'ai pas bien saisi le message.
Truffé de longueurs et de scènes d'action prétextes à combler les trous d'un scénario bien plus prometteur en réalité, le film de Peter Berg sombre dans le crétinisme américain. Jamie Foxx, que l'on a vu dans les géniaux Collateral et Ray semble dorénavant vouloir suivre son émule blanc dans le cinéma d'action : Nicolas Cage, puisqu'après un soporifique Stealth, l'acteur de talent enchaîne avec ce film d'action plutôt qu'un thriller politique intelligent. Talonné de près par Jennifer Garner et Chris Cooper, ce trio d'acteurs portera la seule crédibilité possible au film, qui ne montre guère la subjectivité du bien et du mal, se contentant d'exploiter le bruit des armes à feu et des explosifs ou d'un montage très serré, épileptique et nerveux. L'introduction laissait autre chose en réserve puisque, racée et déboussolante, elle apportait un ton enragé au métrage pour laisser entrevoir quelque chose de nouveau : le carnage est d'une sauvagerie inhumaine telle que tout le reste du film tombe à plat, peinant à retrouver ce rythme dans un scénario linéaire. Dès l'arrivée de nos héros chez les Arabes, très vite le métrage sombre dans l'explication, l'introspection et la surenchère vue mille fois auparavant. Certaines scènes se seraient volontiers passées de dialogues, histoire de laisser le spectateur juger des événements par lui-même. Hélas, non. On prend immédiatement le camp des américains, plaçant illico les terroristes sur le banc des méchants de service alors qu'il y avait tout un éventail de possibilités afin de les rendre crédibles et humains. Même la composition de Danny Elfman, d'habitude glauque et sombre, parvient à peine à se hisser en dessous d'un Hans Zimmer. Probablement ses partitions les plus mauvaises des 15 dernières années. Un exercice d'action vain qui nous apprend qu'on n'est bien que chez soi, ce que l'on savait déjà.
Les suppléments offerts sont en bon nombre. En effet, on retrouve une piste de commentaires sommaire faite par le réalisateur, d'un intérêt quelconque, qui ne cesse de remercier les talents à son service (Tom Cruise, quelqu'un?). Des scènes coupées (et avec raison pour certaines) approfondissent parfois certains personnages, permettent de jeter un regard nouveau sur un monde en détresse, etc. Il y a ensuite "Personnage par Personnage : la fusillade à l'appartement" qui reprend la scène finale de quatre points de vue différents. "Construction de la séquence de l'autoroute" nous apprend comment la scène a été faite en détails minutieux, "Créer le Royaume" est enfin une revuette ayant trait à la production en quelques vignettes sur divers aspects et finalement une chronologie interactive de l'histoire du film est disponible.
Le film présente un transfert superbe. L'image est dénuée de tout défaut et les actions comportent une belle définition. Le traitement visuel n'est pas sans rappeler Saving Private Ryan au point de la couleur, ce qui n'est pas tout à fait dénué de sens. Les différentes bandes-son sont bien réparties, virevoltant un chaos bien travaillé entre les multiples enceintes. Les explosions n'attendent que de faire sauter votre système sonore en miettes. La page principale des menus propose des extraits animés du film sur fond musical. Tout le reste demeure fixe et muet.
Peter Berge livre une mouture artificielle d'un sujet qui aurait demandé à être traité de façon plus humaniste. En inculquant une morale à la G.I. Joe, le réalisateur s'est assuré d'annihiler l'intérêt des cinéastes plus sensibles et c'est dommage puisque cette finale de générique reprenant le 11 septembre juste avant le moment crucial laissait présager du meilleur. Un vieil adage dit qu'il est plus sage de garder le meilleur pour la fin. Comme ce fut le cas dans Home of the Brave, on nous l'a servi au début.
| Film | 6 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |